0 :00 – 0 :09
La vidéo débute par une inscription, « PLAY ». L’écran devient noir.
0 :09 – 0 :13
Des barres de couleurs de VHS apparaissent.
0 :14 – 0 :22
L’écran devient brun.
0 :22 – 0 :37
Apparaît un portrait de Marie-Alice Dumont jeune, d’abord sous forme de négatif puis qui graduellement devient positif.
0 :37 – 0 :53
Plan sur une table sur laquelle se trouve un portrait studio de Marie-Alice Dumont, un petit bouquet de fleurs et l’ombre d’un trépied sur lequel est posé un appareil photo. Un titre est affiché, « Marie-Alice Dumont photographe, St-Alexandre ».
0 :53 – 2 :40
Gros plan sur le visage de Marie-Alice Dumont. Elle une femme âgée avec des cheveux gris et des lunettes. Elle s’adresse à l’interlocutrice qui est derrière la caméra :
Ça, j’ai pensé à ça parce que c’est mon frère qui est prêtre, là, hein, qui m’a dit ça. Mais pour le coup là, je pense que j’étais… j’avais pas d’ouvrage hein! J’étais pas capable de faire de la grosse ouvrage, pis j’étais malade, pis je lui ai écrit, pis je lui ai dit que je voulais faire un peu d’argent, pis je savais pas quoi faire. Faudrait quelque chose qui ne soit pas difficile, pas dur. Il m’a envoyé un petit Kodak, pis tous ces petits plateaux, pis tout ce qui fallait […] pour faire, pour commencer ça, hein! Et puis un livre, un livre d’amateur, un livre d’amateur. Il m’a dit : « Étudie ça ». Pis il dit : « […] Quand j’irai en vacances, il dit, on essayera ça, développer des films ». Dans le haut de la petite cuisine, j’avais une chambre noire là, y’avait pas de châssis fenêtre, faque ça bien fait. On a commencé ça. Quelque temps après, la lampe a passé au feu haha! Le papier a brûlé. Mais ça faisait rien, […] on en a acheté une autre. Pis on a fait ce qu’on pensait […] J’ai commencé à faire des petites photos comme ça, avec mon Kodak, pour m’exercer. Pis ensuite, lui, à Saint-Anne de La Pocatière, il faisait la classe, c’est un ecclésiastique. Il faisait la classe, pis il m’a fait envoyer des films. Les petits garçons posaient avec des p’tits Kodaks, pis il m’en envoyait. C’est avec ça que je me suis exercé.
2 :41 – 2 :51
Plan sur l’intervieweuse qui est assise. Elle pose parle à Marie-Alice Dumont :
Quand vous avez commencé à faire de la photo, vous étiez dans la maison du 5e rang. À quel endroit vous faisiez vos photos? À quel endroit vous développiez vos films à ce moment-là?
2 :52 – 3 :33
Retour à un plan sur Marie-Alice Dumont, qui répond aux questions :
Ah! […] J’étais pas très bien installée. J’étais dans le haut de la petite cuisine. Mais j’avais une chambre à coucher dans la maison. En hiver là, je faisais ça dans la chambre à coucher. Je baissais une toile pis je faisais ça le soir. Pis je travaillais une secousse, pis j’allais me coucher. J’étais trop fatiguée, j’étais trop bonne à rien. Haha!
Toujours sur le même plan sur Marie-Alice Dumont, on entend la voix de l’intervieweuse, qui pose une question à Dumont :
Pis ensuite vous êtes déménagé dans votre maison à Saint-Alexandre.
Marie-Alice Dumont répond :
En 1926, on a déménagé. Mon père a acheté une maison dans le village là. Puis, il a tout fait réparer ça en dedans là. Puis au printemps il a fait refaire le sous-sol, puis il a fait refaire le châssis là, le grand châssis là, c’est avec ça que je me suis éclairé.
3 :34 – 3 :53
Des images prises à la caméra vidéo montrent le grand châssis en question vu de l’extérieur de la maison, puis la maison de Dumont vue du devant. On entend la voix de l’intervieweuse en même temps, puis celle de Marie-Alice Dumont.
L’intervieweuse dit :
Quand vous parlez du châssis, c’est un genre de puits de lumière que vous aviez, parce qu’il n’y avait pas d’électricité je pense que vous êtes déménagé?
Marie-Alice Dumont répond :
Il n’y avait pas d’électricité, on a été trois ans sans électricité. […] Mais ça faisait rien je posais rien que dans le jour. Pis pour développer les films, c’était avec la petite lampe, dans la chambre noire. Il faisait noir, il faisait clair par cette petite lampe-là.
3 :54 – 5 :08
Retour à un plan rapproché sur Marie-Alice Dumont. On entend l’intervieweuse :
Au cours de votre carrière de photographe, vous avez combien d’appareils photo différents?
Toujours sur le même plan, Dumont répond :
Ah! J’avais, pour commencé, j’avais de la petite photo d’amateur là, à part ça j’ai eu carte postale, j’ai acheté carte postale. Après ça j’ai acheté 8×10, grandeur 8×10. Un gros Kodak. Puis j’ai acheté une grosse, une lentille de 130 piastres. On l’avait fait venir d’Angleterre. C’est un voyageur qui m’a fait venir ça. […] Puis, ça posait bien, ça posait avec mon Kodak d’intérieur, je l’installais dans mon Kodak d’intérieur puis celui de dehors. Pis vous avez vu les poses, les grandes poses là? C’est ça. Ça posait bien. J’ai vendu ça avec mes Kodaks. C’est pour ça astheure que j’ai pu rien. Haha!
Toujours sur le même plan, on entend l’intervieweuse :
Quand vous preniez des photographies d’intérieur et des photographies à l’extérieur, est-ce que c’était le même appareil photo?
Marie-Alice Dumont répond :
Ah oui, c’est les mêmes! Mais l’intérieur c’était un autre spécial, que j’avais sur une table spéciale qui montait, que je tournais avec une manivelle. Je le montais pis je le descendais. Pis ça faisait… ça étirait. On mettait ça de la longueur qu’on voulait. Pis ça posait bien.
5 :09 – 5 :41
Plan sur l’ombre projetée sur un mur d’un appareil photo installé sur un trépied.
5 :42 – 7 :04
Retour à un plan un peu moins rapproché sur Marie-Alice Dumont, qui parle :
Dans mon studio j’avais, le fond, y’avait tout un grand tableau. J’avais acheté ça de Lévis, d’un photographe qui est mort. C’est ça sœur qui avait ça, elle était veuve pis à vendait ça elle. J’ai tout acheté. Un grand tableau qui faisait toute la grandeur de mon studio. Mon studio c’était un grand, c’était un bel appartement. Pis y’avait une armoire ici, au fond là. Une grande armoire pour mettre mes affaires. Puis, ce tableau-là y’était là, pis y’avait un autre petit tableau que je mettais en avant quand je posais rien qu’une personne. Je voulais y posait le haut hein, juste le buste là, ou bien des mariés. Je mettais pas la grande… euh. Le grand tableau était au fond lui, pis ça dérangeait rien. Pis tsé j’avais un autre là, c’était sur un pied là. J’avais un drap blanc que je mettais là-dessus là, pour éclairer le côté du visage là hein, pis ça c’était de l’autre côté. Pis j’avais un banc. J’avais fait faire un grand banc là long de même là, avec un dossier. Pis le monde s’asseyait là-dessus là. Y’avait une personne. Pis y’avait le dossier qui était en garnitures là, c’était beau. Pis après ça j’avais des chaises. Une chaise empaillée, comme de la paille en [inaudible]…
7 :04 – 7 :13
Un portrait d’un bébé posé couché sur la longue chaise en paille avec un dossier dont Dumont parlait.
Pendant ce temps, Dumont poursuit ses explications :
… avec un dossier là, un beau dossier là. Puis, tsé, c’est toujours pareil. Je posais les enfants là-dessus, des fois, quand ça pressait hein.
7 :14 – 7 :25
Un portrait multigénérationnel de trois femmes Dumont et un bébé est montré. Pendant ce temps, Marie-Alice Dumont poursuit ses explications :
J’avais un autre fauteuil, une autre affaire encore, y’avait des bras, des bras de chaque côté. Puis j’en posais là-dessus. J’en ai, je pense, ici. Je pense que j’en ai un.
7 :26 – 8 :14
Retour à un plan sur Marie-Alice Dumont, qui poursuit :
Je sais pas si j’avais d’autres choses encore… Pis quand je posais des familles, j’avais un p’tit banc. J’avais fait faire un p’tit banc que je mettais en avant pour les personnes, pour les enfants. Pis un autre quand j’ai acheté ça j’en avais un p’tit banc aussi. Tout bas là hein, pour les faire asseoir là-dessus. J’avais tout ce qu’il me fallait! Haha! Pis mon Kodak était de ce côté-là [Dumont pointe vers sa droite]. Pis y’avait une porte double là, pis quand je posais pis que c’était trop court, je me reculais dans le passage de côté-là, pis je posais, pis des fois j’allais jusque dans la cuisine, jusque dans la salle à dîner. La salle à dîner était au fond là, pis je reculais jusque dans la salle à dîner quand je posais des familles. Pourvu que la porte nuisait pas là.
8 :15 – 8 :25
Est montré un portrait multigénérationnel comprenant quatre femmes et un bébé.
8 :25 – 8 :35
Est montré un portrait en négatif de trois hommes qui bascule vers le positif.
8 :35 – 8 :41
Est montré le portrait d’une jeune fille en habit de communion, agenouillée à un prie-Dieu et à côté de laquelle se trouve un lys posé sur un tabouret.
8 :42 – 8 :51
Est montré un portrait d’un couple assez âgé dans un environnement domestique
8 :52 – 8 :57
Est montré un portrait d’un bébé dans un carrosse en osier
8 :58 – 9 :08
Est montré le même portrait multigénérationnel de femmes Dumont que précédemment. Cette fois, on montre le négatif qui se transforme en positif.
9 :08 – 9 :35
Retour à un plan rapproché sur Marie-Alice Dumont, qui parle :
L’autre fois j’ai posé mon père pis ma mère, je sais pas où ce que c’était… Pis mon père, j’ai montré ça à mon père après que ce soit fini, j’ai montré ça à mon père. Pis je lui ai dit « regardez comment ma mère est bien posée ». Il dit « oui! » Ah oui, il dit « elle est bien posée ». Mais il dit, il dit « Regarde donc! » Il dit : « Regard donc ça je suis dessus moi aussi! ». Hahaha! C’est quand ils dormaient, je pense, ça.
9 :35 – 9 :39
Est montrée la photo dont il est question dans l’anecdote que raconte Dumont. Il s’agit d’un portrait de ses parents endormis à la table de la salle à dîner.
On entend toujours Dumont parler :
C’est quand ils s’étaient endormis. Ils s’étaient endormis à la table.
9 :40 – 9 :57
Retour à un plan rapproché sur Marie-Alice Dumont.
Il était au bout de la table là, puis il mangeait au bout de la table, ma mère était à côté, sur l’autre sens. Puis ils s’étaient… Voyons… je perds la mémoire… haha! Euh… ils parlaient ensemble après qu’ils eurent fini de manger. Ils se parlaient ensemble.
9 :58 – 10 :15
Retour au portrait des parents de Marie-Alice Dumont endormis à la table. Dumont continue de parler pendant ce temps.
Mon père était appuyé sur la table, puis ma mère était à côté-là sur une chaise berçante. Puis tout d’un coup elle s’est endormie. Puis lui il l’a vu, il l’a vu [qu’elle] dormait, puis y’a fait pareil, il s’est endormi lui aussi. Pis moi j’ai dit « Regarde donc, c’est un bon moment pour les poser là! »
10 :15 – 10 :49
Retour à un plan rapproché sur Marie-Alice Dumont, qui continue de raconter la même anecdote :
Pis la on s’est dépêché on a ôté la vaisselle sur la table proche d’eux autres là, pis on a baissé les toiles des châssis parce que c’était souvent en face ça. Pis j’ai sorti mon Kodak pis je les ai posés. Aussitôt que j’ai eu fini de les poser, ma mère se réveille. Elle dit, elle dit « Qu’est-ce que vous faites là vous autres? » Haha! J’ai dit « Rien! Vous allez voir, c’est pas grand-chose! »
L’intervieweuse pose ensuite une question à Dumont :
Est-ce qu’ils étaient fiers eux d’avoir une fille photographe?
Dumont répond :
Ah! Ça doit. Haha!
L’intervieweuse poursuit :
Y’avait des surprises comme ça de temps en temps…
Dumont répond :
Oui, oui! Ben tu comprends ben hein!
10 :50 – 10 :54
Plan sur l’intervieweuse, qui pose une question à Dumont :
Et à quel moment de la journée vous travailliez surtout?
10 :54 – 11 :21
Retour à un plan rapproché sur Dumont, qui répond à la question :
J’me levais après dîner, pis j’tai bonne pour travailler un peu dans l’après-midi. Pis quand y’arrivait quelqu’un, je faisais un bout. Parce que le monde venait surtout l’après-midi hein. C’est rare l’avant-midi. Quand ils venaient pour les petits films, ma sœur y était pour les recevoir, elle n’avait pas besoin de moi. C’est comme ça que ça se passait. Je faisais… L’après-midi je faisais de la photographie.
11 :21 – 13 :03
Changement de plan sur Marie-Alice Dumont, mais un peu plus éloigné. L’intervieweuse lui pose une nouvelle question :
Pis vous pouviez finir de travailler très tard le soir…
Dumont répond à la question :
Oui! Pis des fois dans la nuit ben là tu passais… tu passais dans la paroisse pis y’arrêtaient pour me porter un film pour faire développer puis ils voulaient avoir ça pour le lendemain en revenant. Puis, il fallait que j’me dépêche de faire ça, le soir. Puis il fallait que ça sèche. Fallait… faire sécher le film, fallait après ça faire les portraits… faire les, oui… les portraits durant la nuit puis les faire sécher… j’avais un sécheur, j’ai acheté… j’avais acheté un sécheur, un beau grand sécheur là pis tu mets ça sur une tôle pis [inaudible] là. Pis je faisais chauffer ça… Euh… Quand c’était sec tu les mettais en presse, tu les mettais dans presse, pis le lendemain matin j’avais pu rien qu’à les maller, après.
L’intervieweuse pose une nouvelle question à Dumont :
Ça veut dire que c’est pour ça que vous vous leviez tard des fois, parce que vous aviez pas des grandes nuits.
Dumont répond :
Ben oui! J’étais obligée de me coucher tard parce que je travaillais tard pis le lendemain j’étais fatiguée pis il fallait que je me couche. Dans l’avant-midi j’étais pas beaucoup dérangée. C’est pour ça que je me couchais dans l’avant-midi. Je déjeunais pis j’allais me recoucher un peu. Puis y’a des fois où je pouvais pas. Haha!
L’intervieweuse pose une autre question à Dumont :
Ben dans le fond c’était exigeant le métier de photographe, parce que les gens avaient pas d’horaire, ils pouvaient venir n’importe quand.
Dumont renchérit :
Non! Non non… Y’avait pas d’horaire pour ça. Ils venaient quand c’était prêt eux autres. Haha!
L’intervieweuse poursuit :
Pis n’importe quel jour aussi!
Dumont répond :
Y’en avait pas toujours non. Y’a des journées qui n’avait pas non. Non, ça dépend… surtout le dimanche après la messe. Le monde était rendu au village là hein, à l’église. Puis ils venaient se faire photographier après la messe, ils venaient chercher… Ils venaient chercher leurs portraits après la messe, ceux de la paroisse là hein.
13 :03 – 13 :06
Plan sur l’intervieweuse, qui écoute Dumont dont on entend toujours la voix :
Une fois j’étais fatiguée, j’étais ben fatiguée. J’ai posé d’autres monde…
13 :06 – 13 :43
Retour à un plan rapproché sur Dumont. Le plan se rapproche graduellement toujours un peu plus au fil des explications de Dumont, qui continue de parler :
… après la messe, le dimanche. Pis on devait aller dîner à une place, chez de la parenté. Pis [inaudible] venait me chercher, puis mon frère, je pense, y aidait. Puis y’arrivent pis j’étais après faire une photographie, ou… je sais pas… y’ont été obligés d’attendre. Pis après j’ai eu fini, j’étais rouge rouge moi là, j’étais fatiguée. J’ai dit « Allez embarquer! » Pis y s’en vont embarquer, pis moi durant ce temps-là je me baigne la figure. Pis mon frère m’a vu pis il dit « Quessé que tu fais là donc toi? » Haha! J’ai dit « J’suis après me baigner la figure ça me fait du bien! » Ça m’a remis après ça j’étais ben.
13 :44 – 14 :18
Toujours un plan sur Marie-Alice Dumont, mais un peu plus éloigné. L’intervieweuse pose une question à Dumont :
Et puis dans une année mademoiselle Marie-Alice, je ne sais pas si pour vous c’est facile d’évaluer ça, combien vous pouviez faire de photos?
Dumont répond à la question :
Combien je pouvais faire de photos? Euh je peux pas dire combien. Mais ça m’employait quand euh… quand j’étais capable.
L’intervieweuse poursuit la discussion :
Disons les bonnes années là où vous étiez quand même en santé un peu, vous pouviez faire quoi? 1000 photos?
Dumont répond :
Faire combien?
L’intervieweuse reprend :
1000 photos, dans une année?
Dumont répond :
Ah! Par année? Ah! Peut-être oui… peut-être qu’il y en avait 1000.
14 :19 – 15 :48
Sont montrées tour à tour des photographies prises par Marie-Alice Dumont. On les présente toutes sous forme de positif et sous forme de négatif.
Une première photo montre Marie Pelletier (mère de Dumont) et Origène Dumont (neveu de la photographe) en train de faire du pain dans la cuisine familiale. Une seconde montre Marie-Louise Dumont (sœur de la photographe) au métier à tisser. Une troisième montre Marie Pelletier travaillant à l’ourdissoir. Une quatrième montre Uldéric Dumont (père de la photographe) et Origène Dumont assis dans les marches du perron de la maison familiale. Une cinquième montre un groupe de six hommes sur une ferme, chacun debout à côté d’une vache. Une sixième photographie montre une rue du village de Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Une septième montre un rang situé tout juste à l’extérieur du même village. Une huitième image est affichée qui n’est pas, toutefois, une photographie de Marie-Alice Dumont, mais plutôt une vidéo montrant l’aspect actuel (en date de 1981) du rang représenté dans la photographie précédente.
15 :48 – 16 :45
Retour à un plan rapproché sur Marie-Alice Dumont. On entend l’intervieweuse qui pose une question à Dumont :
Combien ça pouvait coûter une photo en 1940?
Dumont tousse un peu, puis répond à la question :
En 1940? En 1940 c’était des… c’était plus tard ça. 1940, quand j’avais, oui… euh… Ça dépend! Ça dépend de la grandeur. Des cartes postales : 1 piastre! 1 piastre la douzaine.
L’intervieweuse reprend :
Pour des cartes postales?
Dumont poursuit :
Des cartes postales. Puis les autres, euh, les autres plus grands ben c’était plus cher. Mais c’était pas cher [inaudible]. Puis y’avait des petits films, le développement des petits films. Quatre cennes. Le développement, euh… 10 cennes du film, développer un film. Puis quatre cennes du petit portrait. Ça faisait, ça revenait à 42 piastres… 42 cennes du film. Pis après ça tu le mets à la malle, pis la malle coûtait quatre cennes. C’était pas cher! Haha!
16 :45 – 17 :03
Toujours un plan sur Marie-Alice Dumont, mais très rapproché. L’intervieweuse demande :
Et quand vous avez arrêté votre carrière, c’était en quelle année?
Dumont répond :
En 61 [1961].
L’intervieweuse reprend :
Puis pourquoi vous avez arrêté de faire de la photographie?
Dumont répond :
Parce que j’ai été obligé de me faire opérer. Pis j’étais toute seule à la maison. Mes filles étaient parties là! Puis j’ai été obligée d’aller me faire opérer, puis quand je suis revenu j’ai pas été capable de continuer.
17 :03 – 17 :44
Nouveau plan sur Marie-Alice Dumont. Cette fois on la montre de côté et légèrement de dos. Elle est accompagnée de l’intervieweuse. Les deux femmes observent des photographies de Marie-Alice Dumont exposées dans une salle du foyer pour personnes âgées où demeure Dumont. La photographe retraitée pointe du doigt des photos et semble expliquer des choses à l’intervieweuse.
On entend en voix off l’intervieweuse et Marie-Alice Dumont qui poursuivent leur discussion. La première demande :
Vous étiez la seule femme photographe ici?
Dumont répond :
Euh je pense bien. J’ai pas entendu parler d’une autre qui faisait de la photographie de… oui…
L’intervieuse tente de compléter :
Dans la région ici…
Dumont reprend le fil de son propos :
… classique comme ça, oui.
L’intervieweuse reprend :
Mais est-ce que les gens ils trouvaient pas ça un peu bizarre de se faire photographier par une femme?
Dumont répond :
Y en parlaient pas. Haha!
L’intervieweuse renchérit :
Ils en profitaient!
Dumont répond :
Euh oui. Haha!
L’intervieweuse reprend :
Puis si c’était à recommencer, si votre vie était à recommencer est-ce que vous feriez le même métier?
Dumont répond :
Ah je ferais la même chose, je ferais la même chose parce que je pourrais pas faire d’autre chose. Haha!
L’intervieweuse pose une dernière question à Dumont :
Mais vous avez aimé ça?
Dumont répond :
J’ai aimé ça? Ben oui j’ai aimé ça!
17 :45 – 19:34
Le générique est présenté. Les informations et le message suivants sont fournis, entrecoupés d’images tirées de l’entrevue.
Idée originale : Alain Ross
Recherche : Christine Dionne
Entrevue : Céline De Guise
Caméra : Yvan Roy
Montage : Yvan Roy, Andrée Dionne
Réalisation : Yvan Roy, Andrée Dionne
Collaboration : Musée du Bas-St-Laurent, Cégep de Rivière-du-Loup, T.V.C.K. St-Pascal
Un merci tout spécial à Marie-Alice pour sa merveilleuse participation.