0 :00 – 0 :04
Premier plan sur le devant de la maison de Daria Lavoie Dumont qui a été le studio de Marie-Alice Dumont. Il s’agit d’une maison ancestrale de style canadien, avec un toit de tôle bleue, une seule lucarne au centre, un revêtement blanc et une galerie.
0 :05 – 0 :08
Plan à l’intérieur de la maison sur un mur où est accrochée une photo représentant une scène campagnarde.
On entend la voix de Madeleine Marcil qui dit :
Mais c’est le coup de cœur du public…
0 :06 – 0 :41
Dans la cuisine, on voit Madeleine Marcil et Daria Dumont de dos qui discutent en regardant des prix accrochés au mur.
Madeleine termine sa phrase :
… c’est ce que je trouve beau aussi.
Puis, Daria dit :
Pendant ce temps-là, on faisait partie d’une agence avec … Ils récompensaient ceux-là qui avaient… comment que je pourrais dire ça… il y avait comme …
Madeleine complète :
Des gens qui votaient?
Daria répond :
Oui, des gens qui votaient.
Madeleine touche l’épaule de Daria et dit :
Bin ça me surprend pas qu’ils aient voté pour vous.
Daria répond :
J’ai fait ça par amour pis par passion. Comme ma tante Alice le faisait pour ses photos.
Madeleine s’exclame presque en même temps :
Comme ma tante Alice! Pour ses photos…
0 :42 – 0 :59
Une description de la vidéo défile sur un fond blanc-gris :
« L’historienne de l’art et de la photographie Madeleine Marcil discute avec Daria Lavoie Dumont nièce par alliance de Marie-Alice Dumont. Elles se trouvent chez Daria, qui demeure dans l’ancien studio de Marie-Alice. Au moment de l’entretien, tenu en 2022, Daria est âgée de plus de 90 ans. Elle est la gardienne de la mémoire de sa « tante Alice ». »
1 :00 – 1 :04
Madeleine et Daria sont assises à la table à manger. Derrière elles se trouve notamment une grande baie vitrée.
Madeleine dit à Daria :
Bonjour Daria Lavoie Dumont, on se rencontre aujourd’hui pour parler de la photographe Marie-Alice Dumont.
1 :05 – 1 :08
Plan rapproché sur Madeleine, qui poursuit :
Et là en ce moment on est dans la maison, dans la maison-studio de Marie-Alice.
1 :09 – 1 :13
Plan rapproché sur Daria.
Madeleine continue de parler :
Vous avez vraiment gardé la mémoire de Marie-Alice?
Daria répond :
Oui.
1 :14 – 1 :28
Plan sur les deux femmes.
Madeleine continue :
C’est ce qu’on voit dans toutes les photos qui sont ici dans la maison… que Marie-Alice elle est présente.
Daria dit :
Marie-Alice est présente. C’est Régis Jean qui est venu ici, le conservateur des photos du musée de Rivière-du-Loup, pis…
1 :29 – 1 :36
Plan rapproché sur Daria
… j’y ai demandé : quelles photos qu’on va mettre au mur? C’est lui qui y a demandé, c’est lui qui m’a dit « bien cette photo-là au-dessus du buffet ici-là ».
1 :37 – 1 :40
Plan sur une grande photo accrochée au mur représentant la mère et le neveu de Marie-Alice Dumont en train de faire du pain dans une cuisine. On voit aussi, notamment, des fleurs et une statuette de la Vierge Marie installées sur un meuble en bois devant et autour de la photo.
Daria dit :
C’est tout lui qui m’a…
1 :41 – 1 :43
Plan dans l’intérieur de la maison sur trois grandes photos accrochées au mur de la mère et d’une sœur de Marie-Alice Dumont au rouet, à l’ourdissoir et au métier à tisser.
Daria continue :
…conseillé, c’est ça, qui m’a conseillé.
1 :44 – 1 :46
Plan sur une grande photo accrochée au mur des parents de Marie-Alice Dumont endormis à la table à manger.
Daria poursuit :
Pis là, matante Alice elle est avec moi!
1 :47 – 1 :49
Plan sur un portrait studio encadré et accroché au mur de Marie-Alice Dumont.
Daria continue :
Elle est avec moi avec toutes les photos qu’il y a là, elle… que je côtoie.
1 :50 – 1 :53
Plan rapproché sur Daria qui continue de parler :
Je fais la cuisine, ma tante Alice… ma tante Alice elle m’aide!
1 :54 – 1 :58
Plan rapproché sur Madeleine qui dit :
Donc vous gardez sa mémoire très vivante.
Daria confirme :
Je garde sa mémoire vivante, c’est ça.
1 :59 – 2 :23
Plan sur Daria qui montre à Madeleine des photos de famille sur le mur. Elle pointe une grande photo de famille en disant :
Ici c’est la famille Dumont. Les grands-parents sont là : le grand-père Uldéric, la grand-mère Marie, ma tante Alice, la tante Marie-Claire, la tante Jeanne, la tante… la religieuse, la tante Elizabeth.
Madeleine demande :
Et à droite est-ce que c’est bien Marie-Alice, la photographie qu’on voit à droite c’est Marie-Alice?
La caméra tourne vers la photo de Marie-Alice. Daria répond :
Celle-là, C’est Marie-Alice quand elle avait 15 ans.
2 :24 – 2 :33
Retour au plan rapproché sur Daria assise à la table à manger. Elle dit :
Ma tante, elle est allée au couvent pour faire une religieuse, pis sa santé était fragile, elle est revenue dans sa maison, pis là ben…
2 :34 – 2 :49
Plan sur les deux femmes assises. Daria continue :
…on aurait dit qu’elle avait un petit côté artistique… elle a pensé à ça, a dit je vais faire… mon oncle lui a dit de faire une photographe. C’est lui qui y a fourni, il lui a acheté la caméra.
2 :50 – 3 :11
Plan rapproché sur Daria. Madeleine demande :
Est-ce que c’est son frère, vous me parlez de son frère?
Daria répond :
L’abbé Napoléon lui a donné quelques notions de photographie, parce que lui était professeur au Collège de la Pocatière puis il faisait de la photographie lui aussi. Ensuite là, monsieur Ulric Lavoie de Rivière-du-Loup, le photographe, lui, il lui a aidé aussi.
3 :12 – 3 :40
Plan rapproché sur Madeleine qui dit :
Oui, pis je pense que vous me disiez que dans le fond, au lieu d’être par exemple institutrice, elle aimait mieux être photographe, parce que à quelque part elle gardait une autonomie dans son travail.
Plan rapproché sur Daria qui confirme :
Elle gardait son autonomie. Elle travaillait seule dans sa chambre noire, elle n’ avait pas d’autre personne pour lui aider. Parce qu’elle était très perfectionniste, elle voulait pas en avoir d’autres avec elle.
Madeleine demande :
Comment vous décririez…
3 :41 – 3 :56
Plan sur les deux femmes. Madeleine continue :
… Marie-Alice comme caractère, comme personne?
Daria répond :
Elle avait une belle personnalité, c’était une personne sage, toujours souriante, excentrique un petit peu, mais c’était une artiste, c’était une artiste.
3 :57 – 4 :02
Plan rapproché sur Daria qui continue :
C’était la femme, la photographe sur village, elle était respectée, oui.
Madeleine dit, en même temps :
Elle était respectée…
4 :03 – 4 :14
Plan rapproché sur Madeleine qui demande :
Je me demandais, est-ce que vous avez des souvenirs du travail en studio? Elle était très autonome, mais elle avait aussi un fond de scène ici, et elle avait, et j’avais entendu parler d’une chaise-là qui était la chaise, la chaise du diable.
4 :15 – 4 :23
Plan rapproché sur Daria qui confirme :
La chaise du diable, oui.
Madeleine demande :
Ça c’est qui, c’est les enfants, j’imagine, qui disaient ça?
Daria répond :
C’est les enfants qui disaient ça, la chaise du diable.
4 :24 – 4 :28
Plan rapproché sur Madeleine qui dit :
Parce que c’était une grande chaise pis qu’elle était très décorée avec des personnages…
Daria répond :
C’est ça.
4 :29 – 4 :34
Plan dans l’intérieur de la maison, dans la salle à manger. Madeleine et Daria sont debout dans un coin et Madeline demande, en pointant la salle à manger :
Donc le studio était ici?
Daria répond :
Oui.
Madeleine demande :
Comment c’était organisé?
Daria répond :
Son studio était là…
4 :35 – 4 :38
Changement vers un plan différent de la salle à manger. On aperçoit notamment un luminaire au-dessus de la table, un meuble ancien de rangement sur lequel est placée une statuette de la Vierge Marie. La scène est illuminée d’une lumière naturelle que laisse passer la grande baie vitrée, ou verrière.
Madeleine demande :
Pis c’est la fameuse verrière? Qui, côté…
4 :39 – 4 :41
Plan sur la fenêtre de la verrière. Madeleine continue :
… Nord, qui servait à son studio.
Daria répond :
Oui.
4 :42 – 4 :54
Retour au plan de la salle à manger avec les deux femmes debout dans un coin. Daria dit :
Elle a été faite en 1927 parce qu’il fallait poser à la lumière du jour parce qu’il y avait pas d’électricité dans ce temps-là. L’électricité est arrivée ici dans la paroisse en 1929.
4 :55 – 4 :58
Retour au plan rapproché sur Madeleine assise à la table à manger. Elle dit :
Elle a eu une exposition quand elle était vivante…
4 :59 – 5 :17
Plan rapproché sur Daria. On entend encore Madeleine :
…en 1980, c’est ça? C’était au foyer?
Daria confirme :
Oui c’était au foyer Villa Maria. Ça ça l’a valorisé! Elle était très heureuse, très contente. Parce qu’elle a eu des entrevues, puis, ça l’a, je sais pas quoi, ça l’a sécurisée.
5 :18 – 5 :29
Plan sur les deux femmes assises. Madeleine demande :
Est-ce que c’est à ce moment-là qu’elle vous aurait dit : « Un jour… »
Daria complète :
« Un jour, je serai célèbre! »
Madeleine dit :
Ah c’est à ce moment-là…
Daria dit :
C’est là qu’elle a dit ça.
Madeleine dit :
Ah c’est beau! Ben, elle commence à le devenir.
Daria :
Oui.
5 :30 – 5 :32
Plan de l’extérieur de la maison, sur le mémorial de Marie-Alice Dumont installé sur le terrain à l’avant de la maison de Daria. Le mémorial affiche un portrait de Marie-Alice Dumont et donne à lire le texte suivant : « Ici a vécu Marie-Alice Dumont première photographe professionnelle de l’est du Québec 1892-1985 ».
On entend Madeleine dire :
Merci, Daria.
5 :33 – 5 :36
Dernier plan sur la maison vue de l’extérieur.