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Marie-Alice Dumont

Marie-Alice Dumont

Pionnière de la photographie au Bas-Saint-Laurent

Pionnière de la photographie au Bas-Saint-Laurent
Une exposition numérique unique du Musée du Bas-Saint-Laurent.
Une femme et son bébé posant en studio
Une grand-mère, une mère, une fille et une petite-fille bébé posées en studio assises sur des chaises et un banc
Portrait des 14 membres de la famille Dumont dans le studio d'Ulric Lavoie.
Groupe de femmes élégamment vêtues rassemblées dans une bibliothèque et dont l'une, à l'avant-plan, est en chaise roulante.
Un groupe familial composé d'une quinzaine de personnes de tous âges posé à l'extérieur
Portrait studio en buste d'un jeune homme assis et dont la nuque est appuyée dans l'une de ses mains
Un homme et une femme endormis à la table à dîner
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 60 ans posant avec sa caméra à l'extérieur, devant chez elle, en hiver.
Portrait en buste d'un jeune homme en habits de militaire dans un décor dépouillé.
Portrait retouché de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans dans le studio d'Ulric Lavoie.
Portrait en buste, en studio, d'une jeune femme habillée d'une robe sombre et portant une grande noeud papillon en velours dans les cheveux
Une jeune femme posée en buste, en studio

La Galerie

  • Marie-Alice Dumont et sa famille élargie
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  • La vie au village et à la campagne
  • La vie religieuse
  • Effets photos et clichés ratés ou altérés
  • Contexte local, historique et autres
Grille

Marie-Alice Dumont et sa famille élargie

Cinq adultes agenouillés au sol et un enfant à l'extérieur, au tri des patates.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les femmes de la famille Dumont participent aux travaux de la ferme. Dans cette photo, Marie Pelletier (deuxième à partir de la gauche) se trouve au milieu des hommes pour trier les pommes de terre.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6881
Cinq adultes agenouillés au sol et un enfant à l'extérieur, au tri des patates.
Un homme au sciage d'une grande quantité de bois dans un environnement villageois.
1920-1960 [1926-1945]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Uldéric Dumont s’occupe du bois de chauffage dont a besoin sa famille depuis toujours en récoltant cette précieuse ressource sur ses propres terres. Il s’agit d’une tâche colossale que de débiter le bois de chauffage à la scie manuelle.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6886
Un homme au sciage d'une grande quantité de bois dans un environnement villageois.
Trois garçons et deux filles dans une petite embarcation prenant le large sous le regard d'une femme.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Que font ces cinq neveux et nièces Ouellet dans cette embarcation nommée Le St. Pascal? Sous le regard attentif de leur mère, Émilia, souhaitent-ils la bienvenue sur l’île aux Patins à leur tante Alice? Ou, au contraire, lui disent-ils au revoir?

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1607
Trois garçons et deux filles dans une petite embarcation prenant le large sous le regard d'une femme.
Un groupe de sept personnes d'âges variés, à l'extérieur, à la cabane à sucre et mangeant de la tire d'érable.
1894-1990 [vers 1927-1929]Photographe: Photographe : inconnu

Vivre dans le Kamouraska signifie avoir accès à une cabane à sucre tout près de chez soi. Cela vaut pour Rosalie Bergeron et Marie-Alice Dumont, que l’on voit, à gauche, prêtes à déguster de la tire d’érable.

5 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8334c
Un groupe de sept personnes d'âges variés, à l'extérieur, à la cabane à sucre et mangeant de la tire d'érable.
Vue rapprochée d'un groupe de quatre personnes posant, dans un traîneau, devant le studio Dumont.
1923-1928 [1926-1932]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette photographie a été prise lors d’une visite au village de l’oncle Georges. Les visites entre proches font presque partie du quotidien, pour les Dumont. En l’absence de télévision, de radio ou d’automobile, l’esprit de famille et le voisinage constituent les principales sources « d’amusement », comme le rappelait François, frère de notre photographe.

 

6 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1335
Vue rapprochée d'un groupe de quatre personnes posant, dans un traîneau, devant le studio Dumont.
Cinq jeunes neveux et nièces de Marie-Alice Dumont assis dans une charrette tiré par un autre neveu de la photographe.
1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce beau cliché capture un moment d’agrément entre cousins et cousines Ouellet et Dumont sur le terrain de ces derniers, dans le 5e Rang.

11 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0252
Cinq jeunes neveux et nièces de Marie-Alice Dumont assis dans une charrette tiré par un autre neveu de la photographe.
Pièce d'une maison richement décorée de plantes et de photographies et où se trouve un cercueil.
1927Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les coutumes de l’époque voulaient que la veillée du corps se fasse à la maison. Ici, le corps de Marie-Louise Dumont est exposé sous le regard bienveillant de ses parents dont les portraits sont accrochés au mur.

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1786
Pièce d'une maison richement décorée de plantes et de photographies et où se trouve un cercueil.
Uldéric Dumont debout au milieu de son verger.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Uldéric Dumont se tient fièrement debout au milieu du verger qu’il entretient avec son aîné François et sa fille photographe. Est-il le sujet de la photo, ou bien Dumont a-t-elle voulu saisir la majesté du paysage qui l’entoure?

11 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1436a
Uldéric Dumont debout au milieu de son verger.
Vaste champ en arrière-plan, quelques bâtiments de ferme au milieu et, à l'avant-plan, un grand jardin au centre duquel une femme se tient debout.
1925 [3 août 1925]Photographe: Photographe : Joseph-Napoléon Dumont

Cette photographie de Marie-Alice debout, au milieu du jardin familial, rend bien compte du mode de vie des Dumont et du paysage campagnard dans lequel la famille évolue.

17 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1254a
Vaste champ en arrière-plan, quelques bâtiments de ferme au milieu et, à l'avant-plan, un grand jardin au centre duquel une femme se tient debout.
Un groupe d'une quinzaine de jeunes femmes enjouées accompagnées d'un homme près du fleuve Saint-Laurent.
1929 [17 juillet 1929]Photographe: Photographe: probablement Rosalie Bergeron

Le 17 juillet 1929, un joyeux groupe de jeunes femmes, conduit par un chaperon, quitte Saint-Alexandre pour pique-niquer à la pointe de Rivière-du-Loup. Dumont (assise au centre) apporte son appareil Kodak pour qu’elle et son assistante Rosalie (derrière l’objectif) puissent fixer sur pellicule des souvenirs de la journée.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1687
Un groupe d'une quinzaine de jeunes femmes enjouées accompagnées d'un homme près du fleuve Saint-Laurent.
Marie-Alice Dumont en costume de bain blanc debout dans un petit bateau nommé "Le St Pascal".
1920-1961 [probablement années 1930]Photographe: Photographe : inconnu

Marie-Alice Dumont est en visite chez sa sœur Émilia, à l’île aux Patins. Invitée à se baigner dans le fleuve Saint-Laurent avec quelques-uns de ses neveux, elle accepte de bon cœur. C’était sans compter leur propension à la taquiner!

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7098
Marie-Alice Dumont en costume de bain blanc debout dans un petit bateau nommé "Le St Pascal".
Neuf personnes posant en plein air, sur la roche, devant une maison.
1934-1939Photographe: Photographe : inconnu

Voici un autre portrait de Marie-Alice Dumont avec la famille de sa sœur Émilia, sur l’île aux Patins. La traversée vers ce petit paradis insulaire pouvait être dangereuse. Un jour, le frère de Dumont et son neveu Charles-Eugène furent surpris par la marée montante. Ils n’avaient pas fait la moitié du chemin que l’eau leur arrivait à la taille… À bout de souffle, ils durent repousser leurs limites physiques pour éviter de se noyer.

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1608
Neuf personnes posant en plein air, sur la roche, devant une maison.
Marie-Alice Dumont élégamment vêtue posant à l'extérieur devant un grand banc de neige cachant une partie de sa maison.
1894-1990 [probablement années 1950]Photographe: Photographe : inconnu

Ah! Les fameuses tempêtes de neige du Québec… Elles sont toujours plus impressionnantes à l’époque de nos ancêtres, ou dans notre cour! Marie-Alice Dumont paraît bien petite à côté de ces immenses bancs de neige cachant en partie sa maison.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6832
Marie-Alice Dumont élégamment vêtue posant à l'extérieur devant un grand banc de neige cachant une partie de sa maison.
Portrait retouché de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans dans le studio d'Ulric Lavoie.
1951 [fin des années 1920 - début des années 1930]Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

Ce portrait de Marie-Alice est peut-être le plus soigné qui existe de la photographe. C’est Ulric Lavoie qui le prend alors que la photographe est en début de carrière. Envisage-t-elle d’utiliser ce portrait comme carte de visite professionnelle ou comme image promotionnelle? Lavoie a bien pris soin de retoucher la photo, surtout le visage qui, en y regardant de plus près, apparaît très lisse, presque parfait. Marie-Alice s’en trouve même rajeunie de quelques années! Elle sourit légèrement et porte son regard au loin, ce qui lui donne un air à la fois doux et sérieux et établit une certaine distance entre elle et l’observateur. Pour l’occasion, la photographe a revêtu un habit sobre, mais à la mode. Elle aime le porter quand elle se fait photographier en studio.

11 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5524
Portrait retouché de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans dans le studio d'Ulric Lavoie.
Autoportrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans dans son studio, assise sur une grande chaise en bois et lisant un livre.
1951 [probablement début des années 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont [autoportrait, ou Rosalie ou Elizabeth]

Cet autoportrait de Dumont est sans doute l’un des plus beaux que la photographe réalise. Elle est assise sur l’imposante mais élégante « chaise du Diable », ses pieds touchant à peine le sol. L’air sérieux, elle fait mine de lire un livre. Quelle image veut-elle renvoyer d’elle-même? Celle d’une femme sérieuse, éduquée, affairée.

9 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5523
Autoportrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans dans son studio, assise sur une grande chaise en bois et lisant un livre.
Portrait des 14 membres de la famille Dumont dans le studio d'Ulric Lavoie.
1926Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

Sur cette photo de la famille Dumont prise par Ulric Lavoie, on remarque que les deux hommes de la fratrie sont placés bien en évidence, au centre de la photo. Joseph-Napoléon, le plus jeune des deux, est assis dans la première rangée, au centre, tandis que l’aîné, François, domine le groupe par sa grandeur et par son positionnement dans la deuxième rangée. Le père (Uldéric, à gauche) et la mère (Marie, à droite) sont bien entourés de leurs nombreuses filles. Marie-Alice est placée tout à droite, à côté de sa mère.

Rangée arrière, de gauche à droite : Anna, Marie-Louise, François, Marie-Jeanne, Marie-Claire.

Rangée avant, de gauche à droite : Albertine, Uldéric, Émilia, Elizabeth, Napoléon, Gabrielle. Berthe, Marie, Marie-Alice.

20 cm X 25 cmFonds Ulric Lavoie, MBSL, l09403
Portrait des 14 membres de la famille Dumont dans le studio d'Ulric Lavoie.
Portrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 15 ans.
1907Photographe: Photographe : inconnu

Ce portrait est l’un des rares qui existent de Marie-Alice Dumont avant la vingtaine. On remarque une esthétique assez proche de celle que Dumont elle-même préconisera lorsqu’elle se retrouvera, quelques années plus tard, derrière l’objectif, dans son propre studio : le jet de lumière venant de la gauche adoucit le regard de la jeune femme et lui procure un aspect mystérieux; il accentue aussi le contraste déjà frappant entre le blanc du plastron montant et le noir du reste de la tenue, qui se fond presque dans le décor. Tout l’œil s’en trouve attiré vers le milieu de la photo, vers le visage du sujet. Marie-Alice s’en est-elle inspirée pour former ses propres portraits?

Collection personnelle de Daria Dumont
Portrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 15 ans.
Portrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 18 à 20 ans.
Environ 1910Photographe: Photographe : inconnu

Sur ce portrait, Marie-Alice est âgée d’environ 18 à 20 ans. À cette époque, c’est-à-dire autour de l’année 1910, elle est sur le point de partir pour le noviciat de Québec. Même si Marie-Alice n’a pu réaliser son rêve de devenir religieuse, on conserve d’elle, dans la famille, le souvenir d’une femme très pieuse et ayant tendance à arborer parfois des tenues dignes de la sobriété du costume d’une sœur.

Fonds Marie-Alice Dumont, Musée du Bas-Saint-Laurent, non inventorié
Portrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 18 à 20 ans.
Portrait de Joseph-Napoléon Dumont âgé d'environ 20 ans dans un décor neutre et dépouillé.
1951 [début des années 1920]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait serait-il le premier que Marie-Alice Dumont prend de son petit frère Joseph-Napoléon (1897-1985)? Âgé d’environ 23 ans sur cette photo, Napoléon initie sa sœur aux rudiments de la photographie à l’été 1920. Napoléon est lui-même photographe amateur en plus d’exercer sa vocation de prêtre. Marie-Alice et lui demeurent très proches tout au long de leurs longues vies.

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5535
Portrait de Joseph-Napoléon Dumont âgé d'environ 20 ans dans un décor neutre et dépouillé.
Groupe de jeunes gens dans un environnement champêtre et pêchant sur le bord d'une rivière.
1920Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La terre des Dumont est traversée par la rivière du Loup. Dans sa jeunesse, Marie-Alice s’y rend pour pêcher la truite et la carpe avec ses frères, ses sœurs et les autres jeunes du voisinage. Les poissons rapportés à la maison sont, dès le lendemain, roulés dans de la farine et cuits dans de la graisse de lard salé pour le plus grand bonheur de toute la famille. Voyez-vous l’ombre de la photographe, en avant-plan? On discerne très bien les contours du drap noir sous lequel elle doit se cacher avec son appareil pour immortaliser un instant de cette journée ensoleillée de 1920. À l’intérieur comme à l’extérieur, Marie-Alice perfectionne ses aptitudes de photographe.

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1602a
Groupe de jeunes gens dans un environnement champêtre et pêchant sur le bord d'une rivière.
Deux jeunes femmes dont l'une tient un petit chien dans ses bras assises dans le gazon sur le bord d'une rivière.
26 septembre 1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

En cette belle fin de semaine de septembre 1925, Marie-Alice se rend avec ses sœurs Marie-Louise (à gauche) et Marie-Jeanne (à droite) cueillir des grappes de pimbina. Elle compte bien profiter de l’occasion pour s’exercer à prendre des photos en plein air. Les deux jeunes femmes photographiées viennent tout juste de débarquer du canot à bord duquel elles se sont rendues de l’autre côté de la rivière pour la cueillette du petit fruit rouge. François Dumont, le frère aîné de Marie-Alice, se souvient de ces moments : « Les dimanches, quand il faisait beau, les jeunesses de nos voisins venaient nous voir pour manger des pimbinas. On avait bien du plaisir! »

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1559
Deux jeunes femmes dont l'une tient un petit chien dans ses bras assises dans le gazon sur le bord d'une rivière.
Portrait du frère François Pelletier en habits de religieux sur le perron de la maison des Dumont.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

François Pelletier, l’oncle de Marie-Alice, est frère convers dans la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée. Dans les mots de Joseph-Napoléon Dumont, les frères convers « sont ceux qui, n’ayant pas une grande instruction, désirent tout de même vivre de la vie religieuse. Ils sont des aides très précieux des Pères ». En d’autres mots, ils accomplissent toutes sortes de tâches manuelles au service des prêtres réguliers et séculiers. On sait peu de choses des activités de François Pelletier comme frère convers. Mais, selon Joseph-Napoléon, celui-ci a acquis une belle renommée et mené une vie exemplaire au sein de sa congrégation.

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1189
Portrait du frère François Pelletier en habits de religieux sur le perron de la maison des Dumont.
Portrait d'Origène Dumont âgé d'un an assis les jambes croisées sur un tapis dans un décor domestique.
26 novembre 1923Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont ou Joseph-Napoléon Dumont

Origène Dumont est le neveu de Marie-Alice Dumont, qui lui tire ici le portrait avec son Kodak, qu’elle traîne alors partout avec elle. Le bambin vient tout juste de fêter son premier anniversaire de naissance. Origène montre tôt une belle intelligence pour le métier d’agriculteur, qu’il exerce pendant plusieurs décennies, suivant en ceci les traces de son père et de son grand-père. Habile « patenteux », on le compare souvent à un ingénieur. En 1947, il épouse Daria Lavoie, avec qui il fonde une famille nombreuse.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1750
Portrait d'Origène Dumont âgé d'un an assis les jambes croisées sur un tapis dans un décor domestique.
Portrait de studio de trois jeunes femmes assises sur des fauteuils et de deux jeunes hommes debout derrière elles dans un décor dépouillé.
1925-1928 [avant l'automne 1926]Photographe: Photographe: Marie-Alice Dumont

Les neveux et nièces de Marie-Alice Dumont, déjà nombreux lorsque cette dernière amorce sa carrière de photographe dans la première moitié des années 1920, passent souvent devant son appareil. Ici, cinq enfants de sa sœur Émilia et de son beau-frère Flavius Ouellet ont revêtu leurs plus beaux habits à l’occasion de leur passage dans le petit studio de la maison du 5e rang.

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1782
Portrait de studio de trois jeunes femmes assises sur des fauteuils et de deux jeunes hommes debout derrière elles dans un décor dépouillé.
Couple de jeunes mariés et un cocher dans un traîneau tiré par un cheval.
1934-1939 [5 février 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les noces se célèbrent en grand chez les Dumont! Il subsiste plusieurs clichés de cette journée très spéciale pour Marie-Jeanne Ouellet, la nièce de notre photographe, et Paul-Émile Lajoie.

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1823
Couple de jeunes mariés et un cocher dans un traîneau tiré par un cheval.
Deux pages d'un album contenant onze photographies de membres de la famille Dumont pris en plein air ou devant une maison.
2023Photographe: Photographe : Jean-François Lajoie

Cet album de photographies appartient à la famille Dumont. Dans celui-ci, des portraits de studio côtoient des instantanés qui, entre autres, documentent le quotidien des Dumont. On y trouve aussi plusieurs photos des installations de pêche à la fascine de Flavius Ouellet et d’Émilia Dumont sur l’île aux Patins, en face de Kamouraska.

Fonds Marie-Alice Dumont, MBSL, non inventorié
Deux pages d'un album contenant onze photographies de membres de la famille Dumont pris en plein air ou devant une maison.
Un groupe de cinq femmes dont une fillette et Marie-Alice Dumont sur le perron du Studio Dumont avec sur la façade de la maison un écriteau sur lequel est inscrit "Melle M.A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
1923-1928 [pas avant l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait de Marie-Alice Dumont (tout en haut) accompagnée de sa jeune sœur Elizabeth (à gauche) et de trois autres jeunes filles est l’un des tout premiers pris sur le perron du nouveau Studio Dumont. On y voit clairement l’enseigne du commerce, sur laquelle est inscrit : « Melle M.A. Dumont Photographe Kodaks et Films ».

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1332
Un groupe de cinq femmes dont une fillette et Marie-Alice Dumont sur le perron du Studio Dumont avec sur la façade de la maison un écriteau sur lequel est inscrit "Melle M.A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
Portrait en studio d'une religieuse assise dans un fauteuil.
1934-1939Photographe: Photographe : probablement soeur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre)

Berthe, la petite sœur de Marie-Alice, est ici photographiée dans un décor souvent utilisé pour les portraits de religieuses et religieux que prend Elmina Lefebvre. Berthe entre au noviciat des Sœurs de la Charité à 17 ans pour devenir sœur Sainte-Marie-Anne. Comme elle le dit elle-même, c’est grâce à Marie-Alice qu’elle a pu devenir religieuse : non seulement cette dernière lui a-t-elle fait la classe pendant quelques années, la préparant notamment à faire sa première communion, mais en décidant de demeurer au domicile familial pour prendre soin de ses parents, Marie-Alice lui a aussi permis de quitter la maison pour suivre son rêve d’entrer en religion.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1835b
Portrait en studio d'une religieuse assise dans un fauteuil.
Portrait studio des six neveux Beaupré de Marie-Alice Dumont élégamment vêtus.
1946Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La plupart des sœurs de Marie-Alice Dumont ont chacune eu beaucoup d’enfants. Ici, ce sont les fils d’Anna Dumont. Chacun d’eux passera à plusieurs reprises dans le studio de leur tante au courant de leur vie. Lors d’une entrevue réalisée en 1990, Réal Beaupré livre un témoignage touchant de ses expériences au Studio Dumont. Il se rappelle les drôles de « cérémonies » que demandait chaque prise de portrait. Même s’il ne le réalisait pas lorsqu’il était enfant, avec le recul, il considère que la photographe était une véritable « artiste », une « pionnière » et une participante active « à l’émancipation de la femme ».

15 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7947
Portrait studio des six neveux Beaupré de Marie-Alice Dumont élégamment vêtus.
Portrait de studio d'une famille comprenant les deux parents et leurs 15 enfants.
1941Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le Québec rural continue de produire de « grosses » familles jusque dans les années 1950 : huit ou neuf enfants en moyenne pour les familles dites « complètes », c’est-à-dire dont les deux parents vivent jusqu’à 50 ans. Des exemples de familles nombreuses, Marie-Alice Dumont en trouve plusieurs autour d’elle, comme celle de sa sœur Émilia et de son mari Flavius Ouellet.

21 cm X 17 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7272
Portrait de studio d'une famille comprenant les deux parents et leurs 15 enfants.
Portrait de studio d'une famille comprenant les deux parents et leurs sept enfants, tous d'âge adulte et en habits de religieux ou de religieuses.
1945Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici un autre exemple de famille nombreuse dans l’entourage de Marie-Alice Dumont : celle de sa sœur Albertine et de Ludger Bérubé. Les sept adultes qui les accompagnent sont leurs enfants ayant embrassé la vocation religieuse.

21 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8335
Portrait de studio d'une famille comprenant les deux parents et leurs sept enfants, tous d'âge adulte et en habits de religieux ou de religieuses.
Famille comprenant les deux parents et leurs 9 jeunes enfants posant en plein air devant un champ en culture.
1936Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Émile Boucher et Gabrielle Dumont, sœur de notre photographe, sont posés avec leurs neuf premiers enfants (ils en auront 16). Fait remarquable : de tous leurs enfants, huit filles deviendront religieuses et un garçon, prêtre.

11 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1467
Famille comprenant les deux parents et leurs 9 jeunes enfants posant en plein air devant un champ en culture.
Autoportrait en buste de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 30 ans dans un décor dépouillé.
1949 [probablement entre 1920 et 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cet autoportrait est peut-être le tout premier que réalise Marie-Alice, à l’âge d’environ 30 ans. Elle se trouve alors dans la maison familiale du 5e rang. Pourquoi avoir réalisé cette photographie d’elle-même? Lui a-t-elle servi à se pratiquer avant de recevoir ses premiers clients? Voulait-elle tester la mise au point de l’appareil? Souhaitait-elle perfectionner sa technique de portrait en buste? Expérimentait-elle avec la lumière et le positionnement légèrement de biais du corps? La photographe en herbe cherchait-elle ainsi à définir son identité comme professionnelle et artiste? Peut-être voulait-elle, aussi, affirmer sa place dans le monde? Toute sa vie, Marie-Alice Dumont photographiera les autres. Un autoportrait comme celui-ci est donc une manière de dire : « Moi aussi, j’existe ».

6 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7674
Autoportrait en buste de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 30 ans dans un décor dépouillé.
Portrait studio de trois jeunes jeunes et de Marie-Alice Dumont.
1927Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marie-Alice Dumont pose ici en compagnie de sa sœur cadette Elizabeth (à droite, avec les lunettes) et de deux autres jeunes filles qui sont peut-être ses nièces. La photographe vient alors tout juste d’aménager son studio au centre du village de Saint-Alexandre. La grande verrière est installée du côté nord et la grande toile de fond est achetée aussi : deux signes que le studio est désormais tout équipé et fin prêt à recevoir une clientèle nombreuse.

7 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0365
Portrait studio de trois jeunes jeunes et de Marie-Alice Dumont.
Portrait studio des cinq enfants d'Origène et Daria Dumont placés en ordre décroissant de taille de gauche à droite.
1956Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans les portraits de famille pris en studio, le positionnement des individus reflète bien souvent la place qu’ils occupent dans la famille. Ici, les cinq plus vieux enfants de Daria et Origène Dumont sont placés en ordre de naissance et, par un heureux hasard, de grandeur. Françoise, la plus vieille, est tout à gauche. Suivent donc Jean-Paul, Céline, Nicole et Gérard.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6446
Portrait studio des cinq enfants d'Origène et Daria Dumont placés en ordre décroissant de taille de gauche à droite.
Portrait studio d'Origène et Daria Dumont avec leurs six enfants.
1941 [fin des années 1950]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Daria Dumont, nièce par alliance de Marie-Alice Dumont, a été très importante tant pour cette dernière que pour la mémoire que l’on garde de la photographe. D’abord, elle a grandement contribué à la préservation des archives de Dumont et a, à maintes reprises, partagé ses précieux souvenirs, parfois devant la caméra. De plus, elle a racheté la maison de sa « tante Alice » au début des années 1980 et en a notamment couvert les murs d’immenses reproductions des plus beaux clichés de la photographe. Elle a également conservé des archives familiales qui nous aident à mettre en contexte la vie et l’œuvre de Dumont. Sur ce portrait de famille pris au Studio Dumont, on la voit, à droite, avec ses six enfants et son mari Origène.

16 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7152
Portrait studio d'Origène et Daria Dumont avec leurs six enfants.
Portrait sans retouche de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans dans le studio d'Ulric Lavoie.
1951 [fin des années 1920 - début des années 1930]Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

Comparons le portrait précédent de Marie-Alice Dumont avec celui-ci. Les deux sont pris par Ulric Lavoie lors de la même séance de photo. En observant bien le visage sur celui-ci, on remarque tout de suite des « imperfections » qui ne paraissent pas sur l’autre portrait. Les cheveux de Marie-Alice sont un peu plus rebelles, des pattes d’oie apparaissent autour des yeux, des rides sont visibles sur le front, tout comme de légers plis et sillons encadrent la bouche et le nez. Tout cela sans parler du cou, qui compte désormais quelques plis. Pour une femme âgée d’environ 40 ans, il s’agit de signes normaux de vieillissement. Ce portrait est donc plus authentique, plus naturel. Mais, n’est-ce pas commode, parfois, d’utiliser la photographie pour former une image idéalisée de soi?

11 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5529
Portrait sans retouche de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans dans le studio d'Ulric Lavoie.
Un vieil homme et un garçon d'environ trois ans assis dans l'escalier du perron de la maison des Dumont.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici l’une des photographies les plus connues prises par Marie-Alice Dumont. Réalisée dans les débuts de sa pratique, on y voit son père, Uldéric, pipe au bec, chapeau de paille sur la tête, le regard portant au loin, confortablement installé sur les marches du perron de la maison familiale. Origène Dumont, neveu de la photographe, observe son grand-père, l’air mi-gêné, mi-admiratif. Est-ce une mise en scène ou une scène croquée sur le vif?

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1552
Un vieil homme et un garçon d'environ trois ans assis dans l'escalier du perron de la maison des Dumont.
Une fillette debout sur le terrain de la résidence des Dumont observe une plante .
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette fillette, probablement une nièce de la photographe, se retrouve fréquemment devant l’appareil de Marie-Alice Dumont : sur le perron de la maison, dans le studio, sur le terrain familial, seule ou en groupe. Ici, elle est vers la droite, à l’avant de la maison située au centre du village. Elle cueille une fleur. S’amuse-t-elle autant que la photographe derrière son objectif?

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1573a
Une fillette debout sur le terrain de la résidence des Dumont observe une plante .
Un groupe familial composé d'une quinzaine de personnes de tous âges posé à l'extérieur
1894-1990 [probablement début des années 1940]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

François Dumont raconte dans des notes autobiographiques combien il était agréable, « à l’époque » de passer des veillées et des fins de semaine chez la parenté et chez les amis. On peut imaginer que c’est lors d’une telle visite que ce portrait de groupe a été pris par Marie-Alice Dumont. François, tout à l’arrière, à gauche, est en compagnie notamment de son père Uldéric et de son frère Joseph-Napoléon (au milieu), ainsi que de son beau-frère Émile Boucher (le plus grand de tous). Bien sûr, il y a toujours beaucoup de neveux et de nièces présents pour ces occasions.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8377
Un groupe familial composé d'une quinzaine de personnes de tous âges posé à l'extérieur
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 50 ans debout sur sa galerie et élégamment vêtue.
1894-1990 [probablement années 1940]Photographe: Photographe : inconnu

Sur ce portrait, réalisé peut-être par l’une de ses assistantes, Marie-Alice Dumont se tient debout sur la galerie avant de la maison abritant son studio. Élégamment vêtue, s’apprête-t-elle à aller à la messe?

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7169
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 50 ans debout sur sa galerie et élégamment vêtue.
Marie-Alice Dumont en maillot de bain debout sur un radeau rudimentaire.
1920-1961 [probablement années 1930]Photographe: Photographe : inconnu

Le fleuve Saint-Laurent fait partie de la vie quotidienne de bien des habitants du Kamouraska. Ici, Marie-Alice Dumont teste la flottabilité d’un radeau rudimentaire lors d’une partie de baignade avec quelques-uns de ses neveux.

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7104
Marie-Alice Dumont en maillot de bain debout sur un radeau rudimentaire.
Huit personnes d'âges divers dont Marie-Alice Dumont debout dans l'escalier d'un perron, un panneau en arrière-plan indique "Mlle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
1923-1928 [entre 1926 et 1932]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Bien vu : Marie-Alice se trouve tout à gauche! Peut-être reconnaissez-vous aussi ses parents, Uldéric et Marie, dans la rangée du fond? Ou bien sa sœur Elizabeth portant des lunettes, à droite? Ces derniers ne sont pas en visite chez Marie-Alice : ils habitent plutôt avec elle, même si elle est photographe professionnelle travaillant à la maison. Au début du 20e siècle, il n’est pas du tout inhabituel que plusieurs générations cohabitent sous le même toit. Ce portrait de famille, que complète la présence de quatre jeunes filles, peut-être des nièces de Dumont, représente bien les liens forts entre la carrière de la photographe et son univers familial. On imagine bien Dumont accueillir sa clientèle en disant : « Bienvenue chez nous! » D’ailleurs, voyez-vous l’enseigne commerciale du studio, posée à côté de la porte d’entrée? On peut y lire : « Mlle M.A. Dumont Photographe Kodak et Films ». Vous l’apercevrez dans plusieurs autres photographies de cette exposition.

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1351
Huit personnes d'âges divers dont Marie-Alice Dumont debout dans l'escalier d'un perron, un panneau en arrière-plan indique "Mlle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
Marie-Alice Dumont attablée dans une gloriette installée dans un environnement naturel.
1934-1939Photographe: Photographe : inconnu

Marie-Alice Dumont travaille de manière autonome et est propriétaire d’une petite entreprise. Elle trime fort! Ici, elle s’accorde un temps de repos chez sa sœur Émilia. Cette dernière l’accueille le temps d’un court séjour à l’île aux Patins, en face de Kamouraska. Dumont vient de passer la journée à explorer les environs, à sentir l’odeur de la mer, à écouter les sons du fleuve Saint-Laurent. Et, maintenant, comme le révèle le jet de lumière tamisée qui provient de l’horizon devant elle, Marie-Alice peut profiter du magnifique coucher de soleil.

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1611
Marie-Alice Dumont attablée dans une gloriette installée dans un environnement naturel.
Neuf filles et jeunes femmes dont Marie-Alice Dumont bras dessus bras dessous et assises sur un rocher.
1929Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans ce « joyeux désordre de corps entremêlés », pour reprendre l’expression de l’historienne de l’art Lucie Bureau, Marie-Alice Dumont se situe au milieu, vêtue d’une robe sombre. Le petit groupe vient d’arriver à la Pointe-de-Rivière-du-Loup, sur le bord du fleuve. C’est le camion tout juste visible en arrière-plan qui l’y a mené. Comme bien d’autres gens de la région, ces cousines, nièces et amies y feront un pique-nique et y passeront une partie de leur journée de congé.

4 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1695
Neuf filles et jeunes femmes dont Marie-Alice Dumont bras dessus bras dessous et assises sur un rocher.
Cinq personnes dont Marie-Alice Dumont dans un traîneau tiré par un cheval sur lequel un homme est assis.
1894-1990 [vers 1930]Photographe: Photographe : inconnu

Une visite à la cabane à sucre, au printemps, quoi de plus typiquement québécois? Qui plus est dans un traîneau tiré par un cheval! Ici, Marie-Alice Dumont, troisième à partir de la gauche, s’y rend accompagnée notamment d’une jeune Rosalie Bergeron, deuxième à partir de la gauche. La photographe souhaite-t-elle favoriser l’intégration dans la famille de sa nouvelle sœur par adoption?

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8334b
Cinq personnes dont Marie-Alice Dumont dans un traîneau tiré par un cheval sur lequel un homme est assis.
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans lisant un livre alitée dans un lit d'hôpital.
1936Photographe: Photographe : inconnu

Au cours de l’année 1936, Marie-Alice Dumont doit subir une opération et être hospitalisée pendant deux mois à Rivière-du-Loup. Durant son séjour à l’hôpital, elle prend plusieurs photos des infirmières, des malades, du médecin et d’autres membres du personnel. Elle se fait aussi tirer le portrait à quelques reprises, comme ici. Voulait-elle offrir ces clichés aux soignants? Ou voulait-elle plus simplement se distraire? Quoi qu’il en soit, comme le mentionne l’historienne de l’art Lucie Bureau, cette série de photos précieusement conservée dans une enveloppe nous renseigne sur la vie à l’hôpital de Rivière-du-Loup à cette époque.

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2246a
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 40 ans lisant un livre alitée dans un lit d'hôpital.
Marie-Alice Dumont debout dans un verger montrant fièrement les fruits sur une branche d'un pommier.
1949Photographe: Photographe : inconnu

La photographe pose ici fièrement dans son verger, exhibant la branche d’un pommier rempli de fruits. Les pommes et les pruneaux sont importants pour Marie-Alice Dumont : avec les légumes qu’elle cultive dans son jardin, les fruits lui procurent un revenu d’appoint. En effet, la vente de pommes et de pruneaux s’ajoute à l’argent qu’elle peut gagner comme photographe, ce qui l’aide à passer les périodes plus difficiles financièrement. La famille Dumont a d’ailleurs toujours cultivé de grands jardins et des arbres fruitiers. Elle s’est par conséquent assez bien tirée d’affaire, même durant la crise économique des années 1930. Quant à Marie-Alice, elle a tellement de pommes que cela ne l’inquiète pas trop que des petits garnements lui en volent à l’occasion!

6 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7673
Marie-Alice Dumont debout dans un verger montrant fièrement les fruits sur une branche d'un pommier.
Marie-Alice Dumont et Rosalie Bergeron assise au pied d'un pommier dans un verger.
1951 [débuts des années 1940]Photographe: Photographe : inconnu

Marie-Alice Dumont et Rosalie Bergeron, respectivement âgées d’environ 50 et 25 ans, se trouvent dans le verger du terrain situé derrière la maison-studio. Elles tiennent chacune une pomme dans les mains. Remarquez-vous l’air plutôt pince-sans-rire de Dumont qui semble faire rigoler Rosalie, à droite? Y a-t-il un rapport avec… le doigt d’honneur que Dumont fait avec sa main gauche? Qui l’eût cru! La photographe, toujours très polie et très soignée, avait aussi un bon sens de l’humour et savait répliquer lorsqu’on la taquinait.

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5460
Marie-Alice Dumont et Rosalie Bergeron assise au pied d'un pommier dans un verger.
Marie-Alice Dumont et sa soeur Marie-Jeanne élégamment vêtues posant devant un grand édifice.
1947Photographe: Photographe: probablement Joseph-Napoléon Dumont

Marie-Alice Dumont pose ici avec sa sœur Marie-Jeanne devant l’imposant bâtiment du collège de La Pocatière. On voit bien que la photographe tient un Kodak dans les mains, ce qui nous laisse croire que c’est son frère Napoléon qui est derrière l’objectif, avec son propre appareil. Tous les trois s’apprêtent à partir en voyage pour visiter de la famille, à Lotbinière, et pour se recueillir au sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières.

6 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5087
Marie-Alice Dumont et sa soeur Marie-Jeanne élégamment vêtues posant devant un grand édifice.
Marie-Alice Dumont et son frère Joseph-Napoléon posant près d'une voiture en compagnie de leur filleule Céline âgée d'environ 2 ans.
1947Photographe: Photographe : inconnu

Sur cette photo, Marie-Alice (au centre) et son frère Joseph-Napoléon sont posés avec leur filleule Céline Dumont, âgée d’environ un ou deux ans. Céline est la fille aînée de Rosalie Bergeron. En 1947, année où cette photo est prise, Rosalie est mariée depuis deux ans. Elle vit désormais à Sainte-Croix, dans la région de Lotbinière, avec son mari Lorenzo. Oh! Que Rosalie s’ennuie de la famille Dumont et de Saint-Alexandre! Marie-Alice et Napoléon le savent trop bien, et passent lui rendre visite quand ils le peuvent. Ici, le frère et la sœur sont en route vers le sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières.

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5092
Marie-Alice Dumont et son frère Joseph-Napoléon posant près d'une voiture en compagnie de leur filleule Céline âgée d'environ 2 ans.
Portrait en extérieur de Marie-Alice Dumont sur lequel est inscrit "À la source Cap de la Madeleine 1951".
1951Photographe: Photographe : inconnu

Marie-Alice Dumont, son frère Joseph-Napoléon et leur sœur Marie-Jeanne visitent le sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières. Ce lieu de pèlerinage catholique dédié à la Vierge Marie est le deuxième plus vaste de ce genre en Amérique du Nord. On y trouve, comme le montre ce portrait de Dumont, une source, aussi appelée « fontaine miraculeuse », dont l’eau aurait des propriétés remarquables. Chaque pèlerin du petit groupe des Dumont ira s’y ressourcer et s’y faire tirer le portrait.

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1829a
Portrait en extérieur de Marie-Alice Dumont sur lequel est inscrit "À la source Cap de la Madeleine 1951".
Marie-Alice Dumont en compagnie d'une autre femme, de Léonard Gagné et de Lucille Bérubé lors du mariage de ces derniers.
1957Photographe: Photographe : inconnu

Lorsque Rosalie quitte la maison en 1946, Marie-Alice Dumont se retrouve sans personne pour l’aider dans le studio. C’est une grosse perte pour la photographe, puisque Rosalie est restée à ses côtés pendant presque 20 ans. Mais qu’à cela ne tienne! Peu de temps après, la photographe accueille chez elle Lucille Bérubé, qui demeurera avec elle pendant une dizaine d’années, jusqu’en 1957. La photographe, âgée de 64 ou 65 ans, approche alors de la fin de sa carrière. Tout compte fait, elle aura eu de l’aide pendant presque l’entièreté de sa carrière. Cela illustre le fait que le métier de photographe, loin d’être facile, relève souvent du travail d’équipe. Comme ce fut le cas avec Rosalie, Dumont développe une belle relation avec Lucille. Dans ce portrait, on l’aperçoit d’ailleurs lors du mariage de celle-ci avec Léonard Gagné. La photographe, tout à droite, porte une robe lignée et une épinglette en fleur. Joue-t-elle le rôle de demoiselle d’honneur de son ancienne assistante?

9 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7143
Marie-Alice Dumont en compagnie d'une autre femme, de Léonard Gagné et de Lucille Bérubé lors du mariage de ces derniers.
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 60 ans posant avec sa caméra à l'extérieur, devant chez elle, en hiver.
1950 Photographe: Photographe : inconnu

Dumont, qui a rejeté le mariage et décidé d’exercer un métier atypique, n’a jamais possédé d’automobile. Pourtant, elle prend souvent des photographies à l’extérieur de son studio, dans divers endroits de la grande région du Kamouraska. Se rend-elle donc à pied partout où elle doit photographier? Bien sûr que non! Tout au long de sa carrière, des clients passent la prendre en voiture pour qu’elle puisse exercer son métier lors de grands et petits événements : des pique-niques entre amis, des mariages, des rassemblements religieux, des parades, des réunions de famille, etc. Sur cette photo, Dumont vient tout juste de sortir de chez elle. Trépied dans une main, appareil photo dans l’autre, la photographe âgée d’environ 60 ans prend encore une fois la route pour accomplir sa tâche.

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7156
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 60 ans posant avec sa caméra à l'extérieur, devant chez elle, en hiver.
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 60 ans posant élégamment vêtue devant son studio l'hiver.
1951Photographe: Photographe : inconnu

Selon Daria Dumont, nièce par alliance de Marie-Alice Dumont, sa « tante Alice » était une femme fière qui aimait s’habiller avec des vêtements à la mode. Ces deux aspects de sa personnalité transparaissent dans ce magnifique portrait de la photographe, pris vers la fin de sa carrière. Elle pose droite, le regard sûr, devant l’entrée de son studio dont l’enseigne est bien visible, à droite. Elle est aussi très élégamment vêtue d’un ensemble assorti – manteau de fourrure, chapeau chic, bottes impeccables et gants de cuir – complété par une petite sacoche. Où la photographe s’en va-t-elle, ainsi habillée?

8 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7676
Marie-Alice Dumont âgée d'environ 60 ans posant élégamment vêtue devant son studio l'hiver.
Portrait de studio en buste dans un décor dépouillé de Marie Pelletier âgée d'environ 55 ans.
1925-1927 [probablement entre 1922 et l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Fille de François-Xavier Pelletier et d’Arthémise Garon, Marie Pelletier (1868-1932), née à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, vient d’une famille de cultivateurs. Ses parents possèdent une terre dans le 5e rang de Saint-Alexandre lorsqu’elle épouse, en 1885, Uldéric Dumont, de 13 ans son aîné. Elle décède d’un cancer à l’âge de 64 ans. Si l’on en croit son fils Joseph-Napoléon, Uldéric « ne tarissait pas d’éloges pour cette femme si bonne, si chrétienne, si habile pour les travaux d’intérieur de ce temps-là, si compréhensive, si économe, si travailleuse et si forte dans les épreuves de la vie ».

8 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1805
Portrait de studio en buste dans un décor dépouillé de Marie Pelletier âgée d'environ 55 ans.
Portrait de studio en buste d'Uldéric Dumont âgée d'environ 75 ans dans un décor dépouillé.
1951 [au plus tard 1945]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Fils de Georges-Létus Dumont et de Marie-Séraphine Anctil, Uldéric Dumont (1855-1945) est natif de Saint-Alexandre-de-Kamouraska. On le voit ici âgé d’environ 80 ans, posé par sa fille Marie-Alice. Sa femme, Marie Pelletier, est décédée depuis peu : il est donc veuf. Aux dires de son fils Joseph-Napoléon, Uldéric « a marché dignement sur les traces de ses ancêtres, tous des défricheurs et cultivateurs, tous de braves pionniers, modèles de courage, de constance et de persévérance ». Pas de doute que Napoléon admirait son père! Uldéric semble avoir fait l’objet d’une sorte de vénération au sein de la famille. À l’occasion de son 80e anniversaire de naissance, ses 56 petits-enfants encore vivants se réunissent pour lui adresser une lettre de louanges dans laquelle ils remercient leur « vénéré aïeul » pour ses « bienfaits ».

7 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5587
Portrait de studio en buste d'Uldéric Dumont âgée d'environ 75 ans dans un décor dépouillé.
Marie Pelletier et Uldéric Dumont en habits du quotidien et conversant devant leur maison.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sujets privilégiés des premières photographies de Marie-Alice Dumont, ses parents Marie et Uldéric se prêtent volontiers aux expérimentations visuelles de leur fille. Ici, l’historienne de l’art Madeleine Marcil observe qu’ils semblent « très à l’aise » devant l’appareil. Uldéric, confortablement assis sur les marches du perron, fume la pipe et caresse le chat, le seul à regarder l’objectif. Quant à elle, Marie se tient debout, appuyée sur la rampe de la galerie. Elle tient, dans sa main droite, un chapeau de paille. Tout comme celui que porte Uldéric, c’est elle qui l’a fabriqué. Elle a aussi confectionné l’étoffe avec laquelle les habits ont été faits. Marie et Uldéric étaient des gens très débrouillards. Lors d’une entrevue réalisée en 1990, Réal Beaupré, neveu de la photographe, exprime la nostalgie qu’il ressent en observant ce portrait de ses grands-parents : « Disons que ça résume l’époque. Dans ce temps-là, ils prenaient le temps de s’asseoir, pis de caresser les chats ».

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1547
Marie Pelletier et Uldéric Dumont en habits du quotidien et conversant devant leur maison.
Portrait d'Uldéric Dumont, Marie Pelletier et de la jeune Berthe Dumont dans le studio d'Ulric Lavoie.
1917Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

Marie-Alice Dumont a été élevée dans un milieu marqué par la quasi-omniprésence de la photographie. Dans la famille Dumont, des albums de photos sont passés de génération en génération. Les membres de la famille fréquentent aussi les studios de Rivière-du-Loup, comme le révèlent les archives des photographes Stanislas Belle et Ulric Lavoie, dans lesquelles on retrouve notamment des portraits de François, Joseph-Napoléon, Émilia, Anna, Marie-Jeanne et Marie-Louise, tous frères et sœurs de Marie-Alice. Sur ce portrait réalisé par Lavoie, on voit les parents de la photographe ainsi que sa petite sœur Berthe.

8 cm X 12 cmFonds Ulric Lavoie, MBSL, l02528a
Portrait d'Uldéric Dumont, Marie Pelletier et de la jeune Berthe Dumont dans le studio d'Ulric Lavoie.
Marie Pelletier endormi sur une chaise berçante, tricot dans les mains, dans sa cuisine illuminée par la lumière du soleil.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans les années 1920 à 1925, Marie-Alice Dumont s’approprie les techniques et le métier de photographe. Durant cette période d’expérimentation, elle pose ses proches dans leurs activités du quotidien. La photographe en herbe se fait parfois indiscrète, ou taquine, ce qui donne lieu à des clichés d’une grande authenticité. C’est le cas de divers portraits de ses parents assoupis, comme celui-ci de Marie Pelletier qui s’est endormie en tricotant.

7 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6839
Marie Pelletier endormi sur une chaise berçante, tricot dans les mains, dans sa cuisine illuminée par la lumière du soleil.
Uldéric Dumont endormi la tête entre les bras reposés sur la table de cuisine.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici un autre cliché que Marie-Alice Dumont prend d’un de ses parents endormis. Ici, il s’agit de son père Uldéric. En fait, la vie de pionnier au 19e siècle et au début du 20e siècle n’est pas de tout repos. On a peine, aujourd’hui, à se l’imaginer! Uldéric n’a pu aller à l’école que le temps d’apprendre son catéchisme et des notions de base en lecture, en écriture et en calcul. Très jeune, il a dû aider ses parents dans les travaux de la ferme. Il en est venu à savoir fabriquer lui-même les instruments nécessaires à l’agriculture (râteaux, fourches, charrettes, etc.). Il sait aussi comment fabriquer un tas d’autres objets utiles, tels que des chaussures et des meubles de maison, sans parler de la construction des bâtiments de ferme. Pendant toute sa vie de cultivateur, Uldéric n’a pas utilisé de machinerie, comme des tracteurs, ni l’électricité, mais seulement des chevaux et de l’huile de coude. Avec son exemple, on comprend à quel point le métier de cultivateur à son époque demandait des habiletés diversifiées.

7 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1570
Uldéric Dumont endormi la tête entre les bras reposés sur la table de cuisine.
Un homme et une femme endormis à la table à dîner
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans l’entrevue qu’elle accorde à la caméra, en 1981, Marie-Alice Dumont se souvient de la fois où elle a photographié ses parents endormis à la table à manger. La photographe raconte : « Après que les filles mangeaient, ils parlaient ensemble. D’un coup, [ma mère] s’est endormie, [mon père l’a vue], il s’est endormi aussi. C’est le bon moment pour les poser. On a tassé la vaisselle, fermé les rideaux [puis je les ai posés] ». Dumont se souvient aussi de la réaction étonnée et amusée de ses parents. Intriguée par l’anecdote, l’intervieweuse demande à Dumont s’il y avait des surprises comme celle-là de temps en temps, ce à quoi Dumont répond, sourire en coin : « Oui, oui! Ben, tu comprends ben! »

Tirage positifFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8453
Un homme et une femme endormis à la table à dîner
Marie Pelletier, âgée d'environ 55 ans, et Origène Dumont, âgé d'environ 3 ans, dans la cuisine et préparant une grande quantité de pains à enfourner.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Nourrir une famille nombreuse est le propre de bien des mères à l’époque de Marie-Alice Dumont. Marie Pelletier en sait quelque chose : elle a eu 12 enfants qui ont atteint l’âge adulte! Sur ce magnifique portrait révélant une fois de plus l’univers domestique des Dumont, Marie est affairée à la préparation d’une volumineuse fournée de pain. Son petit-fils Origène l’imite, équipé d’un moule de petite dimension.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1546
Marie Pelletier, âgée d'environ 55 ans, et Origène Dumont, âgé d'environ 3 ans, dans la cuisine et préparant une grande quantité de pains à enfourner.
Uldéric Dumont debout sur un escabeau et récoltant des pommes dans un pommier.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Uldéric Dumont est un cultivateur aguerri. On le voit ici à la cueillette de pommes sur la propriété familiale du 5e rang, en 1925. Dans les années suivantes, il s’occupera aussi, avec sa fille Marie-Alice et son fils François, de la culture d’un verger de 300 arbres (pommiers et pruniers) sur le terrain de la nouvelle maison du village. La famille en tirait un revenu appréciable.

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0344a
Uldéric Dumont debout sur un escabeau et récoltant des pommes dans un pommier.
Marie Pelletier, âgé d'environ 55 ans, assise dans une chaise berçante et tressant un chapeau de paille.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

C’est sur la chaise berçante que Marie Pelletier semble aimer le plus réaliser diverses tâches du quotidien. C’est du moins ce que donnent à penser certains portraits que Marie-Alice Dumont prend d’elle. Ici, Marie tresse un chapeau de paille qui sera très utile, à elle-même ou à son mari Uldéric, lors des longues journées de travail à l’extérieur, sur la ferme.

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1550
Marie Pelletier, âgé d'environ 55 ans, assise dans une chaise berçante et tressant un chapeau de paille.
Marie Pelletier debout et travaillant à l'ourdissoir dans un environnement domestique.
1925Photographe: Photographe: Marie-Alice Dumont

Une autre tâche accomplie par Marie Pelletier : l’ourdissage, qui consiste à préparer le textile en une chaîne qui sera ensuite montée sur le métier à tisser. Une telle tâche nécessite beaucoup de dextérité.

9 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1549
Marie Pelletier debout et travaillant à l'ourdissoir dans un environnement domestique.
Marie-Alice Dumont, ses parents, une soeur et d'autres jeunes filles prenant la pose sur la galerie et sur le terrain de la maison des Dumont.
1923-1928 [entre l'automne 1926 et 1932]Photographe: Photographe : inconnu

Ce portrait de groupe illustre bien le caractère domestique, voire familial de l’entreprise de Marie-Alice Dumont. Ici, Uldéric, Marie et la photographe sont debout sur la galerie de la maison abritant le Studio Dumont. Devant, sur le terrain, on voit notamment Elizabeth (tout à droite), la jeune sœur de Dumont qui sera également son assistante dans le studio de photographie.

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1347
Marie-Alice Dumont, ses parents, une soeur et d'autres jeunes filles prenant la pose sur la galerie et sur le terrain de la maison des Dumont.
Marie Pelletier très malade, le visage émacié, alitée et tenant un crucifix.
1925 [mars 1932]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La mort fait partie de la vie. Cette expression prend un sens particulièrement fort à l’époque où vit Marie-Alice Dumont. En effet, il est courant que les parents demeurent avec leurs enfants jusqu’à la toute fin. Bien souvent, ils vieillissent sous les soins de leurs proches, puis meurent à la maison. Ce fut le cas de Marie Pelletier, que l’on voit ici mourante, alitée dans une chambre située juste derrière le studio de photo de sa fille. Bien en chair pendant toute sa vie d’adulte, Marie apparaît ici le visage émacié. Elle arrive au terme d’un dur combat de plusieurs années contre un cancer. Elle est très affaiblie, à bout de force. Sa fille Berthe, la voyant souffrir, se dit qu’« elle doit avoir hâte d’aller voir le bon Jésus! » Cette photo vient immortaliser le moment où Marie se montre prête à faire le grand voyage, crucifix entre les mains, confiante envers la grâce de Dieu. La photographe a dû avoir le cœur gros en prenant cette photo… Berthe sait comment cette dernière s’est bien occupée de sa mère jusqu’à la fin. Elle lui écrit : « ma chère Alice, ta part de mérites est bien grande! »

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0167
Marie Pelletier très malade, le visage émacié, alitée et tenant un crucifix.
Plan rapproché d'Uldéric Dumont dans son cercueil.
1945Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Bien qu’il soit beaucoup plus vieux que sa femme Marie Pelletier (il a 30 ans lorsqu’il se marie, elle en a 17), Uldéric Dumont survit une douzaine d’années à son épouse, qui décède en 1932. On le voit ici dans son cercueil, exposé dans le salon de la maison-studio de sa fille Marie-Alice. Comme pour sa mère, la photographe a pris soin de son père jusqu’à son décès, en 1945. La notice nécrologique qui paraît dans L’Action catholique du 5 octobre 1945 décrit Uldéric en ces termes : « Défricheur et cultivateur modèle, M. Dumont avait donné à sa famille et à ses co-paroissiens l’exemple d’une vie remplie par le travail. Sa piété fit l’édification de tous ceux qui le connurent. […] il était parvenu à une honnête aisance, après bien des années de dur labeur et il donna à sa belle famille de quatorze enfants une instruction convenable ».

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7995
Plan rapproché d'Uldéric Dumont dans son cercueil.
Portrait de studio d'Elizabeth Dumont âgée d'environ 15 ans.
1925-1927 [entre 1922 et l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Elizabeth est ici posée dans le décor rudimentaire du premier studio aménagé par sa sœur Marie-Alice Dumont dans la maison familiale. Elle est âgée d’environ 15 ans.

8 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1803
Portrait de studio d'Elizabeth Dumont âgée d'environ 15 ans.
Portrait de studio de Marie-Louise Dumont âgée d'environ 30 ans, en béquilles, dans un décor dépouillé.
1925-1928 [avant l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marie-Louise, comme bien des membres de sa famille, permet à Marie-Alice de s’exercer en posant pour elle dans le premier studio de photo de cette dernière. Âgée d’environ 30 ans sur ce portrait, Marie-Louise est à une étape de sa courte vie durant laquelle ses béquilles doivent la suivre partout.

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1783
Portrait de studio de Marie-Louise Dumont âgée d'environ 30 ans, en béquilles, dans un décor dépouillé.
Berthe Dumont en habits de religieuse dans des escaliers extérieurs.
1934-1939 Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La plus jeune des enfants Dumont pose ici dans l’escalier latéral de la maison-studio de sa sœur Marie-Alice. Elle est âgée d’environ 25 à 30 ans. Cela fait déjà environ une dizaine d’années qu’elle a prononcé ses vœux comme Sœur de la Charité. Dans une lettre datée du 21 mai 1928, alors qu’elle est âgée de 18 ou 19 ans, c’est avec beaucoup d’émotion que Berthe écrit à ses parents qu’elle prononcera ses vœux à la profession perpétuelle, le 16 juillet suivant. Après tous les « sacrifices » qu’il leur en a coûtés, à elle et à ses parents, pour « en arriver là », elle se réjouit de devenir, enfin, « l’Épouse du grand Dieu que nous adorons ». Elle écrit ne rien regretter et précise prendre « librement, de plein gré » la décision de consacrer sa vie « à Notre-Seigneur ».

6 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1428
Berthe Dumont en habits de religieuse dans des escaliers extérieurs.
Portrait de studio en buste d'Émilia Dumont et de Flavius Ouellet âgés d'environ 35 et 40 ans dans un décor dépouillé.
1925-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Émilia, fille aînée de la famille Dumont et deuxième née après François, se marie avec Flavius Ouellet (1878-1961) en 1906, à l’âge de 18 ans (lui a 27 ans). Quand ils prennent ce portrait dans le premier petit studio de Marie-Alice Dumont, ils sont âgés respectivement d’environ 40 ans et d’environ 50 ans. Ils sont mariés depuis à peu près 20 ans et ont déjà eu 12 enfants ensemble… trois autres viendront encore!

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1784
Portrait de studio en buste d'Émilia Dumont et de Flavius Ouellet âgés d'environ 35 et 40 ans dans un décor dépouillé.
Elizabeth Dumont âgée d'environ 18 ans au rouet sous le regard de son neveu Origène Dumont âgé d'environ trois ans.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans ce portrait d’Elizabeth âgée d’environ 18 ans, celle-ci montre qu’elle est capable d’utiliser le rouet, donc, aussi, de participer à la fabrication de vêtements. Il s’agit d’une aptitude parfois cruciale pour les familles paysannes du début du 20e siècle, qui, nombreuses, doivent être débrouillardes et économes. La mère des Dumont, Marie, était une artisane douée et, comme tendent à le montrer des portraits comme celui-ci, elle a probablement transmis beaucoup de son savoir-faire à ses filles.

8 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1574
Elizabeth Dumont âgée d'environ 18 ans au rouet sous le regard de son neveu Origène Dumont âgé d'environ trois ans.
Émilia Dumont à la fabrication d'un tapis, installée sur la galerie d'une maison.
1894-1990 [vers 1920]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sur ce portrait à l’esthétique d’un instantané, Émilia Dumont s’affaire à la fabrication d’un tapis au crochet. Elle est bien installée sur la galerie de sa maison située sur l’île aux Patins. Marie-Alice Dumont la pose probablement à l’occasion de l’un de ses séjours de vacances sur l’île.

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6851
Émilia Dumont à la fabrication d'un tapis, installée sur la galerie d'une maison.
Marie-Louise Dumont travaillant au métier à tisser dans un grenier.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Après Elizabeth au rouet et Émilia au crochet, voici Marie-Louise au métier à tisser. Sans parler de tous les portraits du même genre de leur mère! Décidément, Marie-Alice Dumont accorde beaucoup d’importance au savoir-faire des filles de la famille.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1548
Marie-Louise Dumont travaillant au métier à tisser dans un grenier.
Portrait de trois jeunes filles dont Elizabeth Dumont devant l'entrée du studio Dumont et une affiche indiquant "Melle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
1923-1928 [pas avant l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Parmi les trois jeunes filles posées ici sur le perron de la maison des Dumont, on retrouve Elizabeth, tout à droite, portant des lunettes. Elle est déjà l’assistante de sa grande sœur photographe, qui vient d’ouvrir son studio dans la maison familiale. L’enseigne du commerce est d’ailleurs bien visible sur ce portrait.

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0379
Portrait de trois jeunes filles dont Elizabeth Dumont devant l'entrée du studio Dumont et une affiche indiquant "Melle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
Portrait de studio d'Elizabeth Dumont âgée d'environ 20 ans assise dans une chaise en osier et tenant sur ses genoux un livre ouvert.
1927Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le titre de ce portrait d’Elizabeth nous révèle un surnom qui lui était probablement attribué dans la famille : Zelta. Celle-ci pose pour une énième fois devant l’objectif de sa sœur, qui vient d’aménager depuis peu son studio dans le village de Saint-Alexandre. Zelta, vêtue à la mode, prend un air sûr et regarde directement l’objectif. Conformément à une mise en scène adoptée fréquemment par les femmes dans le Studio Dumont, elle fait mine d’être interrompue dans la lecture d’un livre.

10 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0356
Portrait de studio d'Elizabeth Dumont âgée d'environ 20 ans assise dans une chaise en osier et tenant sur ses genoux un livre ouvert.
Marie-Louise Dumont âgée d'environ 30 ans, en béquilles, dans une cuisine.
1925-1927Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Selon Daria Dumont, Marie-Louise aurait fait, à l’âge d’un an, une chute qui lui causera des ennuis de santé pour le reste de sa vie. Elle est souvent photographiée avec des béquilles, comme sur ce portrait pris dans une cuisine, l’un des plus touchants réalisé par Marie-Alice Dumont. Bien que diminuée par ce handicap, Marie-Louise exerça le métier d’institutrice dans un rang de Saint-Alexandre pendant 10 années. Il lui fallut sans doute une grande force de caractère pour y arriver.

7 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1795
Marie-Louise Dumont âgée d'environ 30 ans, en béquilles, dans une cuisine.
Onze membres élégamment vêtus de la fratrie des Dumont devant la galerie et le perron d'une maison.
1920-1961 [vers 1950]Photographe: Photographe : inconnu

La fratrie Dumont est ici réunie devant ce qui semble être la maison de l’aîné François, dans le 5e rang de Saint-Alexandre. Quelle est l’occasion? Peut-être la visite de Berthe (sœur Sainte-Marie-Anne), qui n’a que rarement pu visiter ses proches durant sa vie de religieuse. De gauche à droite, on reconnaît : François, Berthe, Albertine, Émilia, Anna, Joseph-Napoléon, Marie-Claire, Marie-Jeanne, Marie-Alice et Elizabeth. Sont absentes Marie-Louise, décédée depuis plus de 20 ans déjà, et Gabrielle.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6908
Onze membres élégamment vêtus de la fratrie des Dumont devant la galerie et le perron d'une maison.
Portrait de studio de Berthe Dumont en habits de religieuse et tenant un carnet ouvert.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici un autre portrait de Berthe, la plus jeune de la fratrie Dumont, alors qu’elle est âgée de 25 à 30 ans. Toujours en tenue de religieuse, elle pose cette fois directement dans le studio de sa sœur photographe lors de l’une de ses rares visites. Après son entrée chez les sœurs à l’âge de 17 ans, Berthe ne revit que très peu sa famille. Elle passa le plus clair de son temps à enseigner au couvent des Sœurs de la Charité à Saint-Alphonse de Thetford. Elle s’en plaignit, parfois, dans des lettres envoyées à ses parents.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1487
Portrait de studio de Berthe Dumont en habits de religieuse et tenant un carnet ouvert.
Marie-Louise Dumont très malade, le visage émacié, alitée et tenant un crucifix.
1925 [août 1927]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marie-Louise Dumont n’a pas eu une vie facile, les derniers mois tout particulièrement, qu’elle passa au lit, incapable de se mouvoir. Comme elle le fera cinq années plus tard pour sa mère, Marie-Alice Dumont photographie sa jeune sœur alitée, mourante, croix dans les mains. Celle-ci décède « pieusement » le 8 août, à l’âge de 31 ans et 10 mois, comme le rapporte Le Peuple, un journal de Montmagny. Une « foule considérable de parents et d’amis » assistent, le 12 août, à ses funérailles.

13 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1558
Marie-Louise Dumont très malade, le visage émacié, alitée et tenant un crucifix.
Portrait de studio de Rosalie Bergeron en train de broder.
1923-1928 [1928-début années 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Rosalie Bergeron arrive chez les Dumont en 1928, à l’âge de 11 ans. Elle y reste jusqu’à quelques mois après son mariage, qui a lieu en avril 1945. Elle a alors 29 ans. C’est donc en compagnie de Marie-Alice Dumont que Rosalie traverse l’adolescence puis intègre la vie adulte. Elle est ici âgée d’environ 12 à 15 ans. Le portrait la montre en train de s’exercer à la broderie, une activité qu’apprenaient à maîtriser beaucoup de jeunes filles de l’époque. La mise en scène préparée par Dumont est plutôt sérieuse. Rosalie paraît appliquée, concentrée. Elle ne regarde pas l’objectif, mais ses mains ou le manuel d’instructions posé sur ses genoux. Bien que le portrait ait été pris en studio, le tout est censé revêtir un caractère authentique, naturel, faussement spontané. C’est comme si la photographe voulait nous dire : « Vous voyez cette jeune fille en plein travail? Cela fait partie de son quotidien. Elle sera une adulte, une femme responsable ». Ce portrait est un peu comme le symbole de la prise en charge de Rosalie par la famille Dumont après une enfance difficile.

11 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0151a
Portrait de studio de Rosalie Bergeron en train de broder.
Portrait de studio de Rosalie et Marguerite Bergeron élégamment vêtues pour l'hiver.
1925-1927 [probablement hiver ou printemps 1928]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

En janvier 1928, Joseph-Napoléon se rend à Lotbinière chercher Rosalie (à droite) et sa grande sœur Marguerite (à gauche). Mais, à la grande surprise de Napoléon, elles ne possèdent aucun habit d’hiver. Rosalie n’a sur elle que des vêtements de coton tout troués. Impossible de faire le voyage en train et en charrette par 20 degrés sous zéro et par grand vent, accoutrées ainsi. Napoléon prête donc aux deux jeunes filles ses manteaux et ses gros bas de laine, et tous endurent le voyage glacial comme ils le peuvent. Sur ce portrait, l’un des premiers que la photographe prend des sœurs Bergeron, Rosalie et Marguerite sont habillées tout autrement. Elles portent des manteaux d’hiver bien chauds et à la mode. Leurs manteaux ont même de la fourrure, ce qui est un luxe. Quel changement! On est loin des « pauvres guénilles » avec lesquelles elles sont arrivées, comme l’écrit Napoléon. On voit que la famille Dumont a rapidement changé la vie de Rosalie.

9 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1809
Portrait de studio de Rosalie et Marguerite Bergeron élégamment vêtues pour l'hiver.
Marie-Alice et Elizabeth Dumont avec Rosalie Bergeron devant le studio Dumont, une affiche indique "Melle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
1923-1928 [probablement début des années 1930]Photographe: Photographe : inconnu

Rosalie s’intègre très rapidement à « son nouveau chez-elle », écrit Napoléon. Après une année passée à Saint-Alexandre, Uldéric et Marie, très attachés à la nouvelle venue, décide de l’adopter officiellement. Rosalie profite de l’occasion pour changer de prénom. À sa naissance, ses parents l’ont nommée Rosalia, mais tout le monde chez les Dumont l’appelle Rosalie. Selon Napoléon, la jeune fille « fut heureuse et sut se faire aimer ». Elle se lie d’affection particulièrement avec Marie-Alice et Elizabeth. Encore adolescentes, Rosalie et Elizabeth demeurent avec la photographe et l’aident dans son travail de studio. Les trois semblent former un trio tissé serré. On les voit toutes trois photographiées, ici, devant la maison-studio.

7 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1336
Marie-Alice et Elizabeth Dumont avec Rosalie Bergeron devant le studio Dumont, une affiche indique "Melle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
Portrait de studio de Rosalie Bergeron et Elizabeth Dumont leur tête appuyées l'une sur l'autre.
1918-1961 [1928-début des années 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sur ce portrait, on peut voir et ressentir le lien fort unissant Rosalie (à gauche) à Elizabeth (à droite). Rosalie est ici âgée d’environ 12 ans, et Elizabeth d’environ 15 ans. La composition de la photo fait ressortir la proximité des deux sujets : leurs têtes sont appuyées l’une contre l’autre, leurs corps se touchent, les chaises sur lesquelles elles sont assises sont placées l’une en face de l’autre, l’effet d’ombre au bas de l’image se conjugue aux vêtements foncés pour contraster avec la luminosité dans laquelle baignent les deux visages. Il est à douter que la photographe ait conservé tous ces détails lors de l’impression du tirage, mais parions qu’il se dégage tout de même du portrait final une certaine douceur, une certaine tendresse.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8207
Portrait de studio de Rosalie Bergeron et Elizabeth Dumont leur tête appuyées l'une sur l'autre.
Rosalie Bergeron et son amie Blanche bras dessus bras dessous dans un cimetière.
1936Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À son arrivée à Saint-Alexandre, Rosalie fréquente le couvent du village. Des religieuses y préparent les jeunes filles comme elle à entrer dans la vie adulte. À l’école, Rosalie rencontre Blanche Landry (à droite), qui devient sa meilleure amie. Les difficultés qu’elles ont connues dans l’enfance semblent beaucoup les rapprocher, si bien qu’elles se sentent comme de vraies sœurs. Inséparables, elles se voient presque chaque jour. Elles sont âgées d’environ 18 à 20 ans sur cette photo.

4 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1509
Rosalie Bergeron et son amie Blanche bras dessus bras dessous dans un cimetière.
Deux religieuses et deux jeunes femmes au milieu du verger des Dumont.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sur cette photo, prise dans le verger de Marie-Alice Dumont, Rosalie Bergeron est entourée de deux religieuses. Rosalie est intriguée, voire très intéressée par ce qu’elles font. Elle décide de tenter le coup : le 14 février 1934, tout juste âgée de 18 ans, Rosalie entre au postulat des Sœurs dominicaines de l’Enfant-Jésus, à Québec. Elle devient donc une apprentie religieuse. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Rosalie, en fait, n’est tout simplement pas assez sage pour devenir religieuse. Une anecdote cocasse le montre très bien. Un jour, Rosalie vide le contenu d’une bassine remplie d’eau de toilette sur la tête de la directrice de l’établissement qu’elle trouve embêtante! Elle retourne, en novembre, à Saint-Alexandre, convaincue qu’elle n’a pas la vocation religieuse.

11 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1432
Deux religieuses et deux jeunes femmes au milieu du verger des Dumont.
Portrait de studio de Rosalie Bergeron vêtue d'une longue robe élégante.
1894-1990 [vers le milieu des années 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À son retour du postulat des Dominicaines, en novembre 1934, Rosalie est très « heureuse de reprendre le train-train d’autrefois », écrit Napoléon. Cela n’est pas pour déplaire à la famille Dumont, car la jeune femme est vaillante, ordonnée, propre et bonne cuisinière. Il n’y a pas que Marie-Alice qui lui est reconnaissante de l’aide qu’elle lui donne en studio : tout le monde apprécie le cœur qu’elle met à l’ouvrage. Ce portrait est l’un des premiers de Rosalie la montrant décidément comme sortie de l’enfance et de l’adolescence. Ici, elle est âgée d’environ 20 ans. Elle est maquillée, coiffée élégamment, elle porte une robe qui sied davantage à une adulte (elle est plus moulante tout en couvrant l’entièreté de ses jambes). On la croirait presque prête à se rendre à un bal de finissants du secondaire d’aujourd’hui! Rosalie regarde aussi directement l’objectif. Il s’agit d’un contraste frappant avec le portrait la montrant en train de broder. Le tout est beaucoup plus formel, plus conventionnel. Encore une fois, c’est l’appareil de Marie-Alice Dumont qui immortalise cette nouvelle étape dans la vie de Rosalie.

8 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8327
Portrait de studio de Rosalie Bergeron vêtue d'une longue robe élégante.
Rosalie et Camille élégamment vêtus et debout dans les escaliers sur le côté de la maison de Marie-Alice Dumont.
1941Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La jeune Rosalie Bergeron semble être une femme convoitée dans le village. Sur ce portrait, on la voit âgée d’environ 25 ans en compagnie de celui qui est peut-être son premier copain : Camille Soucy. Grand, élégant dans son complet veston-cravate, allure décontractée, cigarette à la main et regard tourné vers l’objectif, il est sans contredit la vedette de cette photo. Rosalie, qui le regarde avec intérêt et, peut-être, un peu d’admiration, est aussi très élégamment vêtue. Où s’apprêtent-ils à sortir ainsi? La même journée, les deux amoureux se font poser dans le verger alors qu’ils se regardent les yeux dans les yeux. Rosalie, qui semble marquée par cette relation qui ne durera pas, conservera cette photo dans un petit carton en forme de cœur…

9 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7012b
Rosalie et Camille élégamment vêtus et debout dans les escaliers sur le côté de la maison de Marie-Alice Dumont.
Portrait de studio en buste de Rosalie Bergeron dans un décor dépouillé.
1943Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sur cette photographie, Rosalie Bergeron a 27 ans. À cet âge, la jeune femme est débrouillarde et désire depuis déjà un moment acquérir une certaine autonomie financière. Son tout premier travail consiste d’ailleurs à vendre des produits de beauté. À la vue de ce portrait aux allures hollywoodiennes, on pourrait croire, en effet, que Rosalie a le souci de suivre la mode. Tout comme Marie-Alice Dumont, d’ailleurs, qui est derrière l’appareil et qui réalise plusieurs portraits de cette facture à compter des années 1940.

10 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7679
Portrait de studio en buste de Rosalie Bergeron dans un décor dépouillé.
Rosalie Bergeron le jour de son mariage accompagné de son mari, de Marie-Alice et Joseph-Napoléon Dumont dans la rue en face du studio Dumont et devant un cortège de voitures décorées pour l'occasion.
1945 [23 avril 1945]Photographe: Photographe : inconnu

Rosalie Bergeron est aimée de la famille Dumont, dans laquelle elle est parfaitement intégrée. Bien vite, Alcide Dumont (1873-1949), l’oncle de notre photographe, voit en elle un parti des plus intéressants pour son fils Lorenzo. Il lui vante les « talents » de la jeune femme et organise une rencontre. Le courant passe! Un seul bémol : Lorenzo n’a pas de maison ni de travail fixe. Il est donc décidé que le jeune couple résidera dans la maison de Marie-Alice en attendant que la situation se stabilise. Lorenzo se trouve éventuellement un travail dans une fonderie, à Sainte-Croix, dans Lotbinière, où le couple emménage au mois d’octobre 1946. Entre-temps, les tourtereaux ne chôment pas : ils se marient le 23 avril 1945 et accueillent leur premier enfant, Céline, le 26 janvier 1946.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6937
Rosalie Bergeron le jour de son mariage accompagné de son mari, de Marie-Alice et Joseph-Napoléon Dumont dans la rue en face du studio Dumont et devant un cortège de voitures décorées pour l'occasion.
Rosalie Bergeron posant en hiver avec ses deux jeunes filles Pierrette et Céline devant leur maison de Lotbinière.
1952Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Peu de temps après leur arrivée à Sainte-Croix, le deuxième enfant du couple Rosalie-Lorenzo naît : Pierrette (à gauche). Nous la voyons ici accompagnée de sa mère et de sa sœur aînée Céline. Ce portrait est l’un des tout derniers que Marie-Alice Dumont prend de Rosalie. Comme on peut l’entrevoir ici, Rosalie et sa famille vivent assez confortablement dans une belle et grande maison. Les jeunes filles sont bien habillées pour l’hiver, et Rosalie porte même un manteau fait entièrement de fourrure, ce qui est assurément un luxe. Mais, malheureusement pour Rosalie, elle s’ennuie à mourir. D’abord, son mari Lorenzo, qui a quitté son travail à la fonderie, trop dur sur sa santé, est toujours parti travailler à l’extérieur de la région. Ensuite, Rosalie se sent loin de sa famille et de ses amies, en particulier de Marie-Alice et de Napoléon. De plus, les rhumatismes qui l’affligent ne l’aident pas à apaiser son malheur. Elle a, en fait, tellement mal aux jambes qu’elle a de la difficulté à marcher. Enfin, comble de malheur, Rosalie développe des problèmes cardiaques à un jeune âge. Selon Napoléon, cela est dû au fait qu’elle avait « abusé de l’aspirine pour soulager ses souffrances ». Un jour de février 1962, Céline, alors âgée de 16 ans, trouve sa mère dans sa chambre, morte subitement à l’âge de 45 ans seulement. Ainsi se termine l’histoire tragique de Rosalie Bergeron.

6 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5767
Rosalie Bergeron posant en hiver avec ses deux jeunes filles Pierrette et Céline devant leur maison de Lotbinière.
Portrait de studio en buste et dans un décor dépouillé de Joseph-Napoléon Dumont âgé d'environ 60 ans.
1951Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sur ce portrait pris en studio, le petit frère de Marie-Alice Dumont, Joseph-Napoléon, approche l’âge de 55 ans. Après plus d’une trentaine d’années à pratiquer la prêtrise, l’heure de la retraite arrive à grands pas. Napoléon pourra bientôt avoir tout son temps pour rassembler ses archives, rédiger ses souvenirs et l’histoire de sa famille. Quelle mine de renseignements et d’anecdotes nous a-t-il laissée!

11 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5472
Portrait de studio en buste et dans un décor dépouillé de Joseph-Napoléon Dumont âgé d'environ 60 ans.
Deux religieux dont Joseph-Napoléon posés sur le terrain devant la maison des Dumont au cinquième rang.
1923-1928 [probablement 1924]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Joseph-Napoléon Dumont s’est fait plusieurs amis pendant son passage au collège de La Pocatière. On le voit ici (à droite) avec un camarade de classe : François-Xavier Létourneau. Ce dernier avait marqué ses confrères par sa grande timidité, son grand sérieux, sa grande gentillesse, mais aussi… sa stature de géant. En effet, comme on le constate aisément, il dépasse Napoléon d’une bonne tête. Il doit bien mesurer 7 pieds! Le père Létourneau est de passage à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, en 1924, mais seulement pour une courte visite, car il est missionnaire en Afrique. En effet, il fait partie des Pères blancs, comme le montre son costume constitué, entre autres, d’une grande soutane blanche et d’une croix blanche et noire portée autour du cou. Comme quelques centaines d’autres Québécois.e.s à la même époque (et encore aujourd’hui), le père Létourneau consacre donc sa vie à l’évangélisation du continent africain. Son histoire est, d’ailleurs, plutôt tragique. Dès sa sortie du collège, en 1919 (il a alors 23 ou 24 ans), il décide de devenir missionnaire. Après quelques années passées à Alger (en Algérie) et à Carthage (en Tunisie), il se retrouve à la mission de Bolgatanga, au Ghana. Il y reste pendant un peu plus de deux ans… avant de se noyer, au début d’août 1927, à l’âge de seulement 30 ans. Ce portrait du père Létourneau par Marie-Alice Dumont, en plus d’un autre dans lequel il est posé seul, en studio, sont peut-être les seules photos qui existent de lui.

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1246
Deux religieux dont Joseph-Napoléon posés sur le terrain devant la maison des Dumont au cinquième rang.
François Dumont et Mary April avec leurs deux enfants tous vêtus élégamment dans un environnement domestique comprenant des photographies et des symboles religieux accrochés aux murs.
1937 [probablement début des années 1920]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait montre la famille du frère aîné de Marie-Alice Dumont. François Dumont (1887-1981), âgé d’environ 40 ans, est debout aux côtés de sa seconde épouse, Mary April (1889-1968), aussi âgée d’environ 40 ans. Le plus grand des deux garçons se nomme Félix. Il est âgé d’environ 12 ans et est issu d’un premier mariage de François avec Délima Sirois, décédée précocement d’hydropisie. Le plus petit est Yvan, âgé d’environ 5 ans. Un absent : Origène, encore à naître, qui est probablement dans le ventre de sa mère au moment de la prise de cette photo. La petite famille pose dans un environnement domestique qui est, peut-être, l’intérieur de leur propre maison, c’est-à-dire l’ancienne résidence des parents de Marie-Alice Dumont, dans le 5e rang de Saint-Alexandre.

6 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1445
François Dumont et Mary April avec leurs deux enfants tous vêtus élégamment dans un environnement domestique comprenant des photographies et des symboles religieux accrochés aux murs.
Portrait de studio de François Dumont et de Mary April dans un décor dépouillé.
1920-1961 [probablement années 1950]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

François Dumont et Mary April se marient le 13 février 1917. Ils sont posés ici par Marie-Alice Dumont alors qu’ils sont âgés d’environ 65 ans. Ils ont toujours vécu dans la maison familiale des Dumont, au 5e rang de Saint-Alexandre. Dans des notes biographiques, Joseph-Napoléon décrit Mary comme une femme « courageuse, très pieuse, économe et travailleuse », toutes des « qualités » qui aident la famille « à traverser la période difficile de la crise économique des années trente ». À propos de son grand frère François, Napoléon adopte un ton tout aussi admiratif : bon catholique, excellent au chant grégorien, généreux, agriculteur résilient et prospère. François hérite de la terre paternelle en 1926, lorsque ses parents déménagent avec leurs filles au village.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7070
Portrait de studio de François Dumont et de Mary April dans un décor dépouillé.
Portrait au ras du sol d'Origène Dumont âgé d'un an dans un cliché rendu flou par le mouvement du bébé.
1925-1928 [1923 ou 1924]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le petit Origène est posé ici à l’âge d’à peine un an. Remarquez le flou du cliché : difficile de photographier un bébé de cet âge sans qu’il bouge! La photographe, encore en apprentissage à cette époque, aurait peut-être eu avantage à augmenter la vitesse d’obturation de son Kodak. À moins que l’effet de flou ait été délibérément recherché?

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1752
Portrait au ras du sol d'Origène Dumont âgé d'un an dans un cliché rendu flou par le mouvement du bébé.
Une grand-mère, une mère, une fille et une petite-fille bébé posées en studio assises sur des chaises et un banc
1951 [avant mars 1932]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Il y a plusieurs portraits multigénérationnels de femmes dans les archives laissées par Marie-Alice Dumont. Ici, sa nièce Marie-Jeanne Ouellet tient sa fille encore bébé et pose en compagnie de sa mère Émilia Dumont et de sa grand-mère Marie Pelletier. On remarque que l’aïeule est installée dans le plus beau siège : une grande chaise en bois sculpté. Les figures taillées de chaque côté du dossier faisaient bien peur aux enfants, dit-on, qui nommèrent l’objet « la chaise du Diable ».

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5520
Une grand-mère, une mère, une fille et une petite-fille bébé posées en studio assises sur des chaises et un banc
Un bébé souriant placé sur un fauteuil, à l'extérieur, devant les escaliers du studio Dumont.
1923-1928 [entre l'automne 1926 et 1929]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette petite nièce de Marie-Alice Dumont semble bien apprécier son expérience devant l’objectif! Encore bébé, elle est installée sur un fauteuil que la photographe a sorti de son studio pour l’occasion. Était-ce avant l’installation de l’électricité dans le studio, en 1929? La lumière était-elle insuffisante à l’intérieur pour y prendre le portrait?

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0381
Un bébé souriant placé sur un fauteuil, à l'extérieur, devant les escaliers du studio Dumont.
Un groupe de 21 personnes posées sur le perron d'une église à l'occasion d'un mariage.
1948Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce groupe est réuni sur le perron de l’église de Saint-Alexandre à l’occasion du mariage, en 1948, de Thérèse Massé et d’Yvan Dumont, neveu de Marie-Alice Dumont. Ce dernier fit carrière comme gérant des fermes de diverses communautés religieuses féminines. On remarque aussi présents dans ce groupe, entre autres : les parents d’Yvan (Mary et François, au premier plan, à gauche) ainsi que son frère et sa belle-sœur (Origène et Daria, dans la troisième rangée, à gauche).

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1512
Un groupe de 21 personnes posées sur le perron d'une église à l'occasion d'un mariage.
Deux couples vêtus élégamment, avec leur bébé, posant à l'extérieur, en hiver, dans un cliché surexposé.
1947Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sur ce cliché plus ou moins réussi (est-ce un instantané que développe Marie-Alice Dumont ou plutôt une photo qu’elle a prise elle-même?), Origène Dumont et Daria Lavoie prennent la pose avec leur aînée Françoise et un couple de proches. L’histoire de leur mariage est des plus intéressantes : le 15 juillet 1947, ils se marient à Saint-Denis-de-Kamouraska en même temps que deux sœurs et un frère de Daria. Ainsi, quatre enfants de la même famille se marièrent lors de la même cérémonie!

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5095b
Deux couples vêtus élégamment, avec leur bébé, posant à l'extérieur, en hiver, dans un cliché surexposé.
Une jeune femme posée en buste, en studio
1920-1961 [vers 1945]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce très beau portrait en buste est celui de Georgette Ouellet (1923-2016), âgée d’environ 20 ans. Autre nièce de Marie-Alice Dumont, Georgette est la huitième d’une fratrie qui compte 16 enfants, dont 15 atteignent l’âge adulte. Elle se marie en 1956 à Gilles Caron, de Trois-Rivières.

8 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7090
Une jeune femme posée en buste, en studio
Mary April sur le terrain de la ferme, avec ses trois enfants chacun tenant un chat dans ses bras.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

On croit reconnaître sur ce portrait Mary April avec les trois enfants du ménage qu’elle tient avec François Dumont. Chacun porte un petit animal (des chats?). Origène, le plus jeune, pleure dans les bras de sa mère. Yvan, quant à lui, observe de près la petite bête qu’il a faite sienne. Félix, pour sa part, sourit, le regard porté au loin. À quel moment de la journée la photographie a-t-elle été prise? Que venaient-ils de faire? Que s’apprêtent-ils à faire? On ne peut que spéculer… L’environnement fermier dans lequel ils sont posés, toutefois, nous donne un indice de leur quotidien, marqué par les travaux et corvées nécessaires au bon maintien d’une propriété agricole.

7 cm X 4 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0343
Mary April sur le terrain de la ferme, avec ses trois enfants chacun tenant un chat dans ses bras.
Marie-Alice Dumont posant en studio assise sur un banc
1934-1939 [fin des années 1920 - début des années 1930]Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

Voici l’un des trois portraits que prend Ulric Lavoie, de Rivière-du-Loup, de sa collègue Marie-Alice Dumont lors d’une même séance photo. Cette dernière est alors âgée d’environ 40 ans. Des trois portraits, deux sont retouchés par Lavoie, dont celui-ci, sur lequel il adoucit notamment les traits du visage de Dumont.

11 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1529
Marie-Alice Dumont posant en studio assise sur un banc
Portrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 60 ans devant sa maison en hiver.
1920-1961 [probablement 1950]Photographe: Photographe : probablement Lucille Bérubé

Ce portrait a été pris vers le tournant des années 1950, donc vers la fin de la carrière de Marie-Alice Dumont. Il semble faire partie d’une série de portraits réalisés en compagnie de Lucille Bérubé, qui fut son assistante pendant une dizaine d’années (elle quitte le studio en 1957). Les deux femmes préparent-elles leurs souhaits de Noël pour la famille et pour la clientèle?

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7119a
Portrait de Marie-Alice Dumont âgée d'environ 60 ans devant sa maison en hiver.

Les couples

Un couple posant, en hiver, devant un magasin général et avec, derrière eux, un enfant d'environ deux ans pelletant de la neige.
1894-1990 [entre 1926 et 1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marie-Alice Dumont photographie plusieurs commerçants de son village. Ici, Camille Pelletier et son épouse posent devant leur commerce, le plus vieux magasin de la paroisse de Saint-Alexandre.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7460
Un couple posant, en hiver, devant un magasin général et avec, derrière eux, un enfant d'environ deux ans pelletant de la neige.
Portrait de studio d'un couple de mariés, la femme portant une robe blanche et l'homme un costume de militaire sur lequel est inscrit "Régiment Chaudière".
1960 [ou 1944]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

André Pelletier est membre du Régiment de la Chaudière qui participa, entre autres, à la Seconde Guerre mondiale. Il est photographié avec sa nouvelle épouse en 1944, année du débarquement de Normandie auquel doit prendre part son régiment. Est-il monté au front? Si oui, on doit conclure que cette photo de mariage a été prise avant son départ, car le Régiment combattit en Europe jusqu’à la fin de la guerre.

11 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6765
Portrait de studio d'un couple de mariés, la femme portant une robe blanche et l'homme un costume de militaire sur lequel est inscrit "Régiment Chaudière".
Portrait d'un jeune couple dans un décor comprenant une grande plante en arrière-plan et dont la femme, debout, tient un bouquet de fleur et dont l'homme est assis dans un fauteuil en bois.
1923Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Bien que les premiers portraits croqués par Marie-Alice Dumont soient plutôt simples sur le plan de la mise en scène, la photographe n’hésite pas, parfois, à utiliser quelques accessoires. Elle expérimente! Ici, quelques plantes et fleurs égayent un décor assez banal, constitué d’un simple drap en fond de scène, d’un tapis et d’une chaise en bois d’une confection dénuée d’éléments décoratifs. On sent que Marie-Alice, au début des années 1920, s’approprie graduellement et méthodiquement son métier.

8 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1240
Portrait d'un jeune couple dans un décor comprenant une grande plante en arrière-plan et dont la femme, debout, tient un bouquet de fleur et dont l'homme est assis dans un fauteuil en bois.
Groupe d'une vingtaine de personnes debout sur la galerie d'une maison lors d'un mariage.
1924Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marie-Alice Dumont photographie des mariages durant toute sa carrière. Dans ses débuts, il lui arrive fréquemment d’installer ses sujets sur la galerie et dans les escaliers de la maison familiale. Étant donné la petitesse de la maison, c’est une manière commode d’inclure tout le monde dans le portrait. Encore une fois, la photographe expérimente et fait preuve de débrouillardise.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1130
Groupe d'une vingtaine de personnes debout sur la galerie d'une maison lors d'un mariage.
Couple de mariés et six autres personnes d'âges divers sur le perron d'une résidence.
1935-1937Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le petit garçon au centre de la photo vole littéralement la vedette aux mariés tandis qu’on le regarde faire la baboune. La photographe vient peut-être de lui demander de sourire et lui, rouspétant, en a décidé autrement, ce qui en fait rigoler plusieurs. Le portrait n’est peut-être pas parfait, mais il est d’une grande spontanéité et d’une grande authenticité.

8 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2277c
Couple de mariés et six autres personnes d'âges divers sur le perron d'une résidence.
Portrait d'un couple marié en studio et dont la femme tient un bouquet de fleurs à la hauteur de sa poitrine.
1932Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La crise économique des années 1930 constitue une période de chômage si élevé et de privations si importantes, au Canada, que « les gens hésitaient à assumer les responsabilités financières et sociales du mariage ». En effet, comme le montre une étude de Statistique Canada, les mariages diminuèrent beaucoup au pays entre 1928 et 1932, passant de 7,5 à 5,9 par tranche de 1 000 habitants durant cette période. Quelle place l’incertitude ou l’inquiétude occupait-elle dans l’esprit de ces jeunes mariés lorsqu’ils se firent photographier par Marie-Alice Dumont, en 1932?

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7688
Portrait d'un couple marié en studio et dont la femme tient un bouquet de fleurs à la hauteur de sa poitrine.
Portrait studio d'un couple en uniforme de spectacle et dont l'homme porte le chapeau de cowboy et tient une guitare dans ses mains.
1957Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Souvent, des objets ou des costumes permettent de mettre en contexte un portrait pris en studio. Ici, la guitare que tient l’homme et les costumes que porte le couple indiquent clairement que la musique et le spectacle font partie de leur vie. En fait, il s’agit d’Anita et d’Édouard Castonguay, des figures incontournables de l’histoire de la musique country au Québec dans la deuxième moitié du 20e siècle. Au moment de la prise de ce portrait par Dumont, Édouard a enregistré depuis peu son premier album. Lui et Anita font des tournées qui connaissent du succès dans la province. Avec leurs deux fils, Martin et David, ils formeront même un groupe qui jouira d’une certaine notoriété : la Famille Castonguay. C’est à Saint-Alexandre qu’Édouard Castonguay donnera son dernier spectacle, le 8 octobre 2005.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6538
Portrait studio d'un couple en uniforme de spectacle et dont l'homme porte le chapeau de cowboy et tient une guitare dans ses mains.
Portrait de studio d'une famille comprenant les deux parents et leurs 13 enfants.
1952Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Alexandre Bérubé et Yvonne Léveillé, posés avec leurs enfants, utilisent cette photographie dans leurs « hommages à la famille de chez-nous » rendus dans l’album du centenaire de Saint-Alexandre (1952).

25 cm X 20 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7667
Portrait de studio d'une famille comprenant les deux parents et leurs 13 enfants.

Les femmes

Jeune femme posant devant une maison, en hiver, avec ses skis.
1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le ski est pratiqué au Québec depuis la fin du 19e siècle. Au moment où cette photo est prise, dans les années 1920, le sport est en pleine expansion dans la province, et la région du Bas-Saint-Laurent n’y fait pas exception.

7 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0092
Jeune femme posant devant une maison, en hiver, avec ses skis.
Portrait studio d'une jeune femme en uniforme, la tête appuyée sur une main, un crayon dans l'autre main et faisant mine d'écrire dans un livre ouvert posé sur une table devant elle.
1894-1990 [1926-1953]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La photographe choisit de représenter Dolorès Garneau dans une pose rappelant ses fonctions professionnelles. Crayon à la main, livre ouvert devant elle et adoptant une posture qui évoque la réflexion, l’institutrice semble en train de préparer une leçon.

10 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8368
Portrait studio d'une jeune femme en uniforme, la tête appuyée sur une main, un crayon dans l'autre main et faisant mine d'écrire dans un livre ouvert posé sur une table devant elle.
Trois femmes en uniforme de garde-malade posant à l'intérieur, l'une joue du piano, l'autre du violon et l'autre chante.
1936Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Lorsque Marie-Alice Dumont est hospitalisée à Rivière-du-Loup, en 1936, elle en profite pour capturer le quotidien des gardes-malades. Au-delà des soins, il y avait des moments d’amusement, comme lorsque ces trois soignantes poussent la note, l’une au piano, l’autre au violon et une dernière à la flûte.

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2236
Trois femmes en uniforme de garde-malade posant à l'intérieur, l'une joue du piano, l'autre du violon et l'autre chante.
Une femme alitée et malade, une autre en uniforme de garde-malade debout à ses côtés et prenant son pouls.
1936Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les poses que prend Marie-Alice Dumont à l’hôpital de Rivière-du-Loup, en 1936, constituent de précieux témoignages du travail du personnel soignant du début du siècle au Québec, dont voici un bel exemple.

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2244
Une femme alitée et malade, une autre en uniforme de garde-malade debout à ses côtés et prenant son pouls.
Deux femmes debout de chaque côté d'une bicyclette avec, en arrière-plan, une résidence et quatre autres personnes les observant.
1920-1961 [fin des années 1930 - début des années 1940]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Selon certaines historiennes, le vélo, popularisé au tournant du 20e siècle, offre aux femmes d’alors un moyen de s’affranchir temporairement de l’espace domestique. Dans les années 1930 et 1940, la bicyclette demeure la meilleure méthode, pour les femmes, de se déplacer en milieu rural, car ce sont les hommes qui conduisent les automobiles!

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7060
Deux femmes debout de chaque côté d'une bicyclette avec, en arrière-plan, une résidence et quatre autres personnes les observant.
Portrait de studio d'une religieuse tenant un livre dans ses mains et souriant à la caméra.
1943Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Sœur Jeanne-de-la-Trinité, des Sœurs de la Charité, pose avec le sourire devant l’objectif de Dumont. Elle fait partie du personnel enseignant du couvent de Saint-Alexandre.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4225
Portrait de studio d'une religieuse tenant un livre dans ses mains et souriant à la caméra.
Cinq couventines et leur religieuse enseignante dans une cuisine, à la préparation de légumes ou de fruits.
1918-1961 [1920 ou après]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans les couvents du Québec, les jeunes filles apprennent les rudiments des arts ménagers jusqu’aux années 1960. Par la suite, le contenu enseigné forme le cours d’économie familiale, que les garçons suivent aussi à l’école secondaire jusqu’en 2006.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8196a
Cinq couventines et leur religieuse enseignante dans une cuisine, à la préparation de légumes ou de fruits.
Portrait de studio de cinq générations, du bébé jusqu'à l'arrière-arrière-grand-mère.
1923-1928 [pas avant l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Comme l’illustre ce portrait multigénérationnel, plusieurs des clientes du Studio Dumont pourront se targuer d’avoir connu leur arrière-grand-mère, voire leur arrière-arrière-grand-mère.

15 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0085
Portrait de studio de cinq générations, du bébé jusqu'à l'arrière-arrière-grand-mère.
Une femme posant devant le studio Dumont assise dans un banc de neige.
1920-1961 [1946-1957]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dumont a pratiqué un métier atypique pour une femme de son époque. On pourrait affirmer la même chose de ses trois assistantes, dont Lucille Bérubé, que l’on voit ici posée devant le Studio Dumont.

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7120b
Une femme posant devant le studio Dumont assise dans un banc de neige.
Portrait de studio d'une jeune femme élégamment vêtue et tenant une sacoche dans sa main droite.
1944Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marie-Anne St-Pierre, institutrice, travaille probablement dans l’une des écoles de rang de Saint-Alexandre. Mlle St-Pierre exerce un métier difficile : matériel didactique sommaire, local mal chauffé, salaire dérisoire, classe nombreuse, élèves de différents niveaux et vie solitaire marquent le quotidien des institutrices rurales.

10 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4632
Portrait de studio d'une jeune femme élégamment vêtue et tenant une sacoche dans sa main droite.
Portrait de studio d'une jeune femme en uniforme d'hôtesse de l'air dans un décor dépouillé.
1954Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici un magnifique portrait de Pierrette Lavoie dans son uniforme d’hôtesse de l’air. Jusqu’aux années 1960 au moins, les conditions d’embauche des hôtesses étaient très restrictives. Chez Trans-Canada Air Lines, par exemple, elles devaient notamment être jeunes, jolies, célibataires, bilingues, sveltes, en bonne santé et ni trop grandes, ni trop petites.

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6086
Portrait de studio d'une jeune femme en uniforme d'hôtesse de l'air dans un décor dépouillé.
Femme assise à une coiffeuse dans une chambre à coucher et se regardant dans un petit miroir qu'elle tient dans sa main droite.
1950Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Par un bel après-midi de 1950, Marie-Alice Dumont se rend au magasin Pelletier pour une séance de photo avec les femmes de la maison. Mme Camille Pelletier et ses filles posent seules ou ensemble, dans divers contextes évoquant leurs activités du quotidien. Ici, Mme Pelletier est dans le confort moderne de sa chambre à coucher, assise devant sa coiffeuse.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7133d
Femme assise à une coiffeuse dans une chambre à coucher et se regardant dans un petit miroir qu'elle tient dans sa main droite.
Portrait de studio d'une femme revêtant une robe fleurie et une fourrure de renard argenté sur son épaule droite.
1934-1935Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les sujets posant devant l’objectif de Dumont revêtent leurs plus beaux atours. Ici, Marie-Claire Landry porte notamment une écharpe en fourrure de renard, tout à fait à la mode de l’époque. Dans les années 1930, d’ailleurs, l’élevage de cet animal contribue à l’économie du Kamouraska.

11 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1897
Portrait de studio d'une femme revêtant une robe fleurie et une fourrure de renard argenté sur son épaule droite.
Jeune femme au comptoir d'un magasin général en habits de pâtissière et préparant un gâteau.
1923-1928 Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dès ses débuts en photographie, Marie-Alice Dumont documente la vie de sa communauté en accordant une attention particulière aux métiers et aux traditions, comme si elle souhaitait leur rendre hommage. Plusieurs de ces images, comme celle-ci, sont d’une grande simplicité et d’une grande authenticité.

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1352
Jeune femme au comptoir d'un magasin général en habits de pâtissière et préparant un gâteau.
Une jeune femme posant en studio le menton appuyé sur les mains reposant sur un coussin
1947Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À compter des années 1940 environ, les jeunes femmes qui passent au Studio Dumont adoptent de plus en plus des poses décontractées, moins conventionnelles, plus « modernes », peut-être un peu plus osées, aussi. Est-ce à la suggestion de la photographe, ou à la demande même des clientes? Probablement un peu des deux, car tant la photographe que sa clientèle désirent être à la mode. Les deux portraits de Gaétane Bélanger présents dans le fonds Dumont sont similaires : le sujet est assis, posé en buste et de biais, le corps souple, il ne regarde pas l’appareil. Ici, son menton est appuyé sur ses deux mains déposées sur un coussin, un peu comme si Gaétane était photographiée dans un instant naturel de contemplation.

10 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8004
Une jeune femme posant en studio le menton appuyé sur les mains reposant sur un coussin
Portrait de quatre jeunes femmes dont deux sont assises dans des fauteuils en bois et en osier dans un décor domestique.
1924Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait de quatre femmes a été pris dans la maison familiale du 5e rang à Saint-Alexandre, où Dumont effectue ses premiers portraits de studio. Il nous permet de constater l’exiguïté de l’espace dont la photographe dispose alors pour travailler. On peut aussi apercevoir l’univers domestique qu’elle a connu dans sa jeunesse : voyez l’aspect du papier peint sur le mur et la petite tablette, à droite, sur laquelle se trouvent des objets religieux.

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1036
Portrait de quatre jeunes femmes dont deux sont assises dans des fauteuils en bois et en osier dans un décor domestique.
Portrait studio d'une femme âgée travaillant au rouet.
1894-1990 [1926-1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Pourquoi cette dame âgée se fit-elle photographier au rouet dans le Studio Dumont? Pourquoi une telle mise en scène en studio, et non pas dans un environnement domestique? Les conditions de prise de vue étaient-elles mauvaises chez elle? Était-ce une commande d’un organisme, comme les Cercles des fermières, qui aurait pu vouloir un beau portrait de ce type? Quoi qu’il en soit, ce portrait se distingue de ceux d’autres femmes pratiquant des activités artisanales réalisés par Dumont. Habituellement, ceux-ci sont pris dans un environnement domestique et ont plutôt l’esthétique d’un instantané.

15 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7482
Portrait studio d'une femme âgée travaillant au rouet.
Portrait studio d'une femme assise de côté sur un banc et regardant la caméra.
1934-1935Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait de Madeleine Marquis est l’un des nombreux exemples illustrant une forme de « modernisation » des portraits pris par Dumont au fil de sa carrière, en particulier des portraits de femmes. Ici, le corps est souple, ses diverses parties étant orientées dans plusieurs directions différentes. Avec les yeux de Madeleine nous regardant, mais de biais, le tout donne une pose dynamique malgré la posture assise du sujet.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2184
Portrait studio d'une femme assise de côté sur un banc et regardant la caméra.
Portrait studio d'une femme assise sur un banc et portant autour de son cou une imposante écharpe de fourrure de renard argenté.
1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Posséder l’art de la pose, c’est aussi être capable de mettre en valeur le sujet tel qu’il se présente en studio. Simone Gagné n’a certainement pas mis cet immense collier de fourrure pour rien! Dumont a bien su le mettre de l’avant avec cette posture de front et légèrement de biais. Mlle Gagné, qui affiche un regard pénétrant, s’est également coiffée de manière très élégante, ce que son positionnement permet aussi de mettre en évidence.

10 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2673
Portrait studio d'une femme assise sur un banc et portant autour de son cou une imposante écharpe de fourrure de renard argenté.
Portrait en buste, en studio, d'une jeune femme habillée d'une robe sombre et portant une grande noeud papillon en velours dans les cheveux
1941Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici à nouveau Angélina Desjardins devant l’objectif de Dumont. Quatre années ont passé et elle est devenue une jeune femme de 16 ans. La facture visuelle de ce portrait est complètement différente de celle du précédent. D’abord, le sujet pose en buste. Ensuite, à la manière des vedettes d’Hollywood de l’époque, son torse est légèrement de biais et son visage, lui, est directement orienté vers l’appareil, conférant une sorte de dynamisme au portrait. De plus, la jeune femme est maquillée et son vêtement apparaît tout aussi coquet, surtout l’immense nœud papillon de velours dans ses cheveux. Enfin, le regard d’Angélina est direct, franc, intense, assuré; il n’a rien du regard innocent de l’enfant qu’elle était dans le portrait précédent.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d3541a
Portrait en buste, en studio, d'une jeune femme habillée d'une robe sombre et portant une grande noeud papillon en velours dans les cheveux
Portrait studio d'une garde-malade en uniforme.
1934-1935Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Poser en uniforme de travail au Studio Dumont n’est pas chose inhabituelle. En effet, plusieurs personnes font confiance à Marie-Alice Dumont pour la création d’un beau portrait professionnel. Cet exemple de la garde-malade Eugénie Lavoie le montre bien. Mlle Lavoie fera-t-elle partie du personnel soignant qui s’occupera de la photographe lors de sa longue hospitalisation en 1936?

11 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2137
Portrait studio d'une garde-malade en uniforme.
Portrait de studio d'une femme élégamment vêtue et de son bébé installé dans un petit chariot.
1942Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les femmes seules avec un bébé viennent fréquemment se faire photographier dans le studio de Marie-Alice Dumont.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d3975
Portrait de studio d'une femme élégamment vêtue et de son bébé installé dans un petit chariot.

Les hommes

Un homme se tenant debout derrière le comptoir d'une cordonnerie.
1894-1990 [1920-1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Beaucoup d’hommes, à l’époque de Dumont, sont des artisans qui ont une fonction très importante dans la communauté. En 1952, à l’occasion de la réalisation de l’album souvenir du centenaire de Saint-Alexandre, la famille de Ludger Chouinard utilise cette photo pour rendre ses « hommages aux cordonniers ».

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8257
Un homme se tenant debout derrière le comptoir d'une cordonnerie.
Sept jeunes hommes creusant une tranchant devant une grande résidence et sous le regard d'une femme et trois enfants.
1894-1990 [entre 1920 et 1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Au pic et à la pelle, hommes et garçons du village construisent et réparent les infrastructures publiques telles que les égouts et l’aqueduc. C’est ainsi que les villes et villages du Québec se modernisent au début du siècle dernier.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8324
Sept jeunes hommes creusant une tranchant devant une grande résidence et sous le regard d'une femme et trois enfants.
Un homme au volant d'un tracteur tirant un char allégorique sous le regard d'une foule.
1952Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Tout le village est mis à contribution lors des festivités du centenaire de Saint-Alexandre. Le conducteur du tracteur est sans doute fier de participer à l’événement et d’avoir prêté sa machine pour la parade des chars allégoriques.

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, Musée du Bas-Saint-Laurent, d7502
Un homme au volant d'un tracteur tirant un char allégorique sous le regard d'une foule.
Jeune homme attablé et buvant une bière lors d'un événement en plein air.
1894-1990 [probablement années 1950]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Quelques négatifs conservés par Dumont semblent avoir été réalisés par des amateurs qui souhaitaient les faire développer. Ici, un jeune homme est représenté buvant de la bière Red Label. Ce cliché s’inscrit dans une série d’instantanés pris par deux amis dans un lieu de travail exclusivement masculin. Il aurait été étonnant que Dumont s’invite, par exemple, dans des dortoirs réservés aux hommes!

6 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8381a
Jeune homme attablé et buvant une bière lors d'un événement en plein air.
Deux gardes-malade et un médecin au soin d'une malade dans un hôpital.
1936Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À l’époque de Dumont, ce sont les hommes, comme ce médecin, qui exercent des professions libérales (avocats, comptables, ingénieurs, médecins et notaires). En 1971, soit 35 ans après la prise de cette photo, les femmes ne comptent encore que pour 11 % des professions libérales. Toutefois, leur progression est fulgurante dans les décennies suivantes, si bien qu’elles atteignent une proportion de 51 %, en 2006.

11 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2251a
Deux gardes-malade et un médecin au soin d'une malade dans un hôpital.
Portrait de studio d'un jeune homme avec son oncle qui lui montre des outils que contient une valise posée sur ses genoux.
1937Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans les familles d’artisans, les métiers se transmettent souvent de père en fils. Et pourquoi pas de l’oncle au neveu? Est-ce une telle passation de métier que veut représenter ce portrait, dans lequel Roméo Blier explique à son neveu l’utilité des divers instruments (de barbier?) que contient sa valise?

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2351
Portrait de studio d'un jeune homme avec son oncle qui lui montre des outils que contient une valise posée sur ses genoux.
Portrait de studio de deux hommes assis et se regardant, l'un offrant une cigarette à l'autre.
1941Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Pour les hommes de la première moitié du 20e siècle, la cigarette est un symbole de masculinité et de virilité. Quelques clients de notre photographe n’hésitent pas à se faire poser avec une cigarette au bec ou à la main. Qui a eu l’idée de la mise en scène de ce portrait : les deux amis photographiés ou Dumont?

10 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d3244
Portrait de studio de deux hommes assis et se regardant, l'un offrant une cigarette à l'autre.
Un homme élégamment vêtu en chaise roulante sur la galerie d'une résidence.
1960 [1937 ou avant]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Jean-Baptiste Soucy est photographié sur la galerie de sa maison. Dans l’album du centenaire du village (1952), Camille Soucy, manufacturier et marchand de bois, lui rend hommage, ainsi qu’à Joseph Soucy, en ces termes : « Remerciements à nos Pères. Ils nous ont légué “Justice et Charité”. Sachons les conserver. Et les transmettre à nos enfants! »

9 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6712
Un homme élégamment vêtu en chaise roulante sur la galerie d'une résidence.
Portrait de studio, dans un décor dépouillé, d'un jeune homme portant un manteau de cuir.
1944Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le métier de bedeau est très important dans une paroisse. Ces hommes laïcs, comme Donat Lamarre, veillent au bon entretien de l’église. Ils doivent avoir la foi et être très habiles de leurs mains.

8 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4827
Portrait de studio, dans un décor dépouillé, d'un jeune homme portant un manteau de cuir.
Un marchand itinérant de "Produits Watkins" devant son commerce sur roues tiré par un cheval.
1894-1990 [probablement années 1920]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le marchand itinérant est une figure familière des milieux ruraux québécois du début du 20e siècle. Ces vendeurs ambulants sont même une nécessité pour les habitants des rangs, qui vivent loin des centres de consommation.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7459
Un marchand itinérant de "Produits Watkins" devant son commerce sur roues tiré par un cheval.
Portrait studio en buste d'un jeune homme assis et dont la nuque est appuyée dans l'une de ses mains
1956Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Lors de sa visite au Studio Dumont, Jacques Thériault prend la pose à trois reprises. D’abord, la photographe l’installe d’une manière plutôt conventionnelle et le pose en buste. Ensuite, le jeune homme s’installe aux côtés de ses deux frères pour une photo de groupe. Enfin, peut-être à la demande de la Marie-Alice Dumont, il s’assied sur un fauteuil, pose de manière décontractée un coude sur le dossier, puis appuie sa nuque dans sa main. Lequel des portraits lui plaira le plus?

8 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6375b
Portrait studio en buste d'un jeune homme assis et dont la nuque est appuyée dans l'une de ses mains
Portrait d'un homme âgé d'environ 30 ans assis sur un tabouret devant un grand drap gris.
1924Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait pris en 1924 témoigne de la sobriété de plusieurs des premiers portraits que prend Marie-Alice Dumont. La mise en scène est dépourvue d’éléments esthétiques particuliers : un grand drap suffit à constituer le fond de scène, aucun accessoire ne complète la pose du sujet, que la photographe a tout simplement assis sur une petite chaise en bois. Peut-être est-ce aussi la volonté du client que d’avoir un portrait dans un style simple et dépouillé?

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1119
Portrait d'un homme âgé d'environ 30 ans assis sur un tabouret devant un grand drap gris.
Portrait en buste d'un jeune homme en habits de militaire dans un décor dépouillé.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À l’approche de la Seconde Guerre mondiale et pendant celle-ci, de nombreux soldats viennent se faire photographier au Studio Dumont. Jos Michaud (ou « Ti-Jos »), peintre de métier, est l’un de ceux-là. Au tournant des années 1940, il vient plusieurs fois se faire photographier seul (en habit civil, puis en tenue militaire). Il vient aussi accompagné de Mlle Alice Sirois (sa copine?) et, à d’autres occasions, d’Alexandre Dolbec, aussi appelé « le zoute à Dolbec » (un ami?). Jos Michaud sent-il l’urgence de la situation?

9 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1383a
Portrait en buste d'un jeune homme en habits de militaire dans un décor dépouillé.
Portrait en buste en studio d'un homme élégamment vêtu et fumant la pipe.
1957Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les portraits que réalise Marie-Alice Dumont sont parfois d’une facture un peu comique, comme celui-ci, d’un certain Pierre Nadeau. Était-il un boute-en-train reconnu dans le village? Se prenait-il au sérieux? S’agit-il d’un jeu? Se moque-t-il de lui-même ou de la photographe? Trouve-t-on dans ce sourire en coin et dans la pipe des aspects essentiels de sa personnalité?

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6821a
Portrait en buste en studio d'un homme élégamment vêtu et fumant la pipe.
Portrait studio en buste d'un jeune en habits de militaire dans un décor dépouillé.
1941Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marie-Alice Dumont possède une petite toile de fond d’apparence sobre pour prendre des portraits de personnes seules ou de couples. Souvent, elle les pose en buste, de front et sans accessoire. Ce faisant, elle s’inscrit dans une tradition issue des expériences du grand photographe français Nadar (1820-1910), reconnu pour ses portraits de studio très réussis de figures marquantes de son temps. Grâce à la maîtrise de son art que possède Dumont, les proches de Roland Thériault, membre de l’Aviation royale du Canada et soldat lors de la Seconde Guerre mondiale, peuvent conserver de lui un magnifique portrait pendant qu’il est au front.

9 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1382b
Portrait studio en buste d'un jeune en habits de militaire dans un décor dépouillé.
Portrait studio en buste d'un homme d'âge mûr vêtu élégamment et portant la casquette.
1937Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Pitre Bouchard visite une fois de plus le petit studio de Saint-Alexandre. Vêtu de son plus beau complet, il pose tantôt avec son couvre-chef, tantôt sans. Quand il est avec sa femme et ses nombreux enfants, il n’en porte jamais; mais lorsqu’il est seul devant l’objectif, il se donne le choix. La casquette qu’il porte ici lui sied particulièrement bien. L’inclinaison légère avec laquelle elle est posée sur la tête fait écho à l’angle formé par les épaules également inclinées du sujet. Pitre Bouchard ne se tient pas non plus tout à fait droit : plutôt que d’avoir le tronc long et le torse un peu bombé, il semble légèrement recroquevillé. L’effet n’est pas nécessairement négatif! Cela lui confère une allure décontractée et naturelle qui s’agence bien avec ses yeux légèrement tombants. Marie-Alice Dumont a le don de produire des portraits qui ont de la personnalité.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2276a
Portrait studio en buste d'un homme d'âge mûr vêtu élégamment et portant la casquette.

Les jeunes

Trois jeunes garçons en baignade dans le fleuve Saint-Laurent et se taquinant.
1920-1961 [probablement années 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans le Kamouraska, le fleuve Saint-Laurent fait partie du quotidien de beaucoup de jeunes. Aujourd’hui, comme au début du 20e siècle, on s’y baigne, on s’y amuse. Les garçons ici représentés sont probablement des neveux de Marie-Alice Dumont.

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7103
Trois jeunes garçons en baignade dans le fleuve Saint-Laurent et se taquinant.
Cinq enfants âgés d'environ 10 ans, souriants, assis dans l'herbe et devant un arbre.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

L’un des passe-temps favoris des Dumont est de visiter leurs proches les fins de semaine. Marie-Alice Dumont capture ici l’un de ces moments précieux entre cousins et cousines.

9 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1553
Cinq enfants âgés d'environ 10 ans, souriants, assis dans l'herbe et devant un arbre.
Une trentaine de jeunes garçons posés à l'extérieur, certains grimacent, d'autres prennent une pose rigolote, d'autres sérieuse.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À l’époque de la prise de cette photo loufoque, l’alphabétisation est en hausse au Québec, et ce, malgré un recul de la fréquentation scolaire et en dépit du fait que l’école ne devient obligatoire pour tous les enfants, jusqu’à 14 ans, qu’en 1943.

11 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1545ac
Une trentaine de jeunes garçons posés à l'extérieur, certains grimacent, d'autres prennent une pose rigolote, d'autres sérieuse.
Quatre enfants et une jeune femmes posant avec une bicyclette devant une maison.
1920-1961Photographe: Photographe: Marie-Alice Dumont

Quelle joie de recevoir une bicyclette en cadeau! Même si c’est à la grande sœur que revient cette merveille, toute la fratrie s’enthousiasme et veut poser devant l’objectif de tante Alice pour l’occasion.

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7057
Quatre enfants et une jeune femmes posant avec une bicyclette devant une maison.
Deux jeunes femmes posant en hiver, à l'extérieur, en costume pour homme, l'une pipe à la main et faisant mine de frapper au visage l'autre qui tient une cigarette entre ses lèvres.
1932 [4 février ou 2 avril 1932]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ces deux jeunes filles déguisées en hommes ont choisi la cigarette, la pipe et le geste du coup de poing au visage pour représenter les comportements de leurs semblables masculins. Simple caricature, mais qui en dit long sur la masculinité de l’époque?

9 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7109
Deux jeunes femmes posant en hiver, à l'extérieur, en costume pour homme, l'une pipe à la main et faisant mine de frapper au visage l'autre qui tient une cigarette entre ses lèvres.
24 jeunes filles en uniforme blanc de scout devant un bâtiment sur lequel une banderole indiquant "Ad Altare Dei" est installée.
1894-1990 [probablement années 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le scoutisme est un mouvement d’action catholique populaire au Canada français dans les années 1930. Il se veut un moyen, pour l’Église, d’encadrer la jeunesse et de transmettre les valeurs du christianisme dans un contexte de grands bouleversements socio-économiques.

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8334a
24 jeunes filles en uniforme blanc de scout devant un bâtiment sur lequel une banderole indiquant "Ad Altare Dei" est installée.
Scène de rue villageoise dans laquelle cinq enfants semblent jouer sur un trottoir.
1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette scène de rue est l’une des plus belles qu’ait réalisées Dumont. En plus du magnifique point de vue sur ce coin de Saint-Alexandre qu’elle nous offre, la photographe capture un moment de pause dans le jeu d’un groupe d’enfants sur le trottoir.

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7303b
Scène de rue villageoise dans laquelle cinq enfants semblent jouer sur un trottoir.
Deux jeunes filles s'apprêtant à aller à l'école posant, en hiver, des flocons volant au vent, devant une maison.
1952Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

« Dans mon temps, on marchait plusieurs miles pour aller à l’école, même en pleine tempête de neige! » On imagine facilement Céline et Pierrette Dumont, nièces de notre photographe, raconter cette anecdote dans leurs vieux jours.

6 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5765
Deux jeunes filles s'apprêtant à aller à l'école posant, en hiver, des flocons volant au vent, devant une maison.
Un jeune servant de messe (ou enfant de choeur) sur l'estrade d'une église.
1944Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À l’époque de Marie-Alice Dumont, les jeunes garçons sont nombreux à être servants de messe (ou enfants de chœur). Leur rôle est très important puisqu’ils assistent le prêtre lors des cérémonies liturgiques.

7 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4598
Un jeune servant de messe (ou enfant de choeur) sur l'estrade d'une église.
Neuf jeunes filles et garçons sur un char allégorique intitulé "La Croix".
1952Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Lors des festivités du centenaire de Saint-Alexandre, plusieurs groupes de jeunes sont mis à contribution pour la parade de chars allégoriques. Dans celui-ci, ils sont une dizaine à mettre en scène une représentation de la Croix. Il s’agit peut-être de la croix de chemin, témoin de la religion populaire catholique.

 

 

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7515
Neuf jeunes filles et garçons sur un char allégorique intitulé "La Croix".
Une jeune femme élégamment vêtue dans un environnement domestique s'apprêtant à placer un disque dans un tourne-disque portable de marque "Monarch".
1950Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Louise Pelletier et sa sœur Denise sont fières de leur collection de vinyles. Lors du passage de la photographe dans leur maison, non seulement revêtent-elles leurs plus belles robes, mais elles demandent aussi à Dumont de les poser avec leurs précieux disques de musique.

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7130b
Une jeune femme élégamment vêtue dans un environnement domestique s'apprêtant à placer un disque dans un tourne-disque portable de marque "Monarch".
Deux adolescentes lavant et essuyant la vaisselle sur la table d'une salle à manger.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Chez les Dumont, les jeunes filles s’impliquent très jeunes dans les tâches domestiques, comme le lavage de la vaisselle. Dans une famille aussi nombreuse, il faut mettre l’épaule à la roue!

12 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1813
Deux adolescentes lavant et essuyant la vaisselle sur la table d'une salle à manger.
Une soixante de jeunes garçons placés en deux rangs devant une école.
1918-1961 [1944-1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Qui ne se souvient pas des fameux rangs formés à l’école primaire au son de la cloche? La soixantaine de garçons attendant sagement ici que la photographe effectue son travail sont peut-être les premiers élèves de cette école à l’aspect tout neuf.

12 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8104
Une soixante de jeunes garçons placés en deux rangs devant une école.
Portrait de studio de 22 jeunes filles en uniforme de couventine.
1935Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Lorsque l’abbé Joseph-Napoléon Dumont s’adresse aux jeunes filles pour leur parler de métiers et de vocations, peu de choix leur sont proposés. Il y a bien sûr le mariage, qui confine généralement la femme au foyer. Quant aux célibataires, elles ont « une grande utilité sur la terre », dit-il, car elles peuvent élever leurs frères et sœurs, devenir institutrices ou servantes. Napoléon ne mentionne pas le cas de sa sœur devenue photographe professionnelle, ce qui en dit long sur le caractère exceptionnel de sa carrière, mais aussi sur les avenues limitées qui s’offraient alors aux femmes! Quel avenir ces jeunes diplômées de 1935 envisagent-elles pour elles-mêmes?

 

 

16 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7604
Portrait de studio de 22 jeunes filles en uniforme de couventine.
Un jeune garçon et son chariot jouet sur le perron du Studio Dumont, une affiche en arrière-plan indique "Melle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
1920-1961 [pas avant l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Marcel Boucher pose fièrement sur le perron du studio de sa tante Alice dont l’enseigne commerciale est bien visible à l’arrière-plan.

6 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0865
Un jeune garçon et son chariot jouet sur le perron du Studio Dumont, une affiche en arrière-plan indique "Melle M. A. Dumont Photographe Kodaks et Films".
Fillette assise sur un coussin et tenant une poupée posant devant le perron du Studio Dumont".
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Pour Dumont, toutes les occasions sont bonnes pour photographier les enfants. Du moins, c’est l’impression que donne l’exploration de ses archives. Ici, la photographe croque sur le vif le jeu d’une nièce en visite au studio.

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1606
Fillette assise sur un coussin et tenant une poupée posant devant le perron du Studio Dumont".
Une comédienne et un comédien costumés sur une scène.
1950Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

L’abbé Joseph-Napoléon Dumont, frère de notre photographe, publie des œuvres dramatiques pour le sain divertissement de la jeunesse dans les années 1930. Elles sont jouées dans plusieurs collèges, groupes d’action catholique et couvents. Les jeunes du théâtre de Saint-Alexandre ont-ils interprété les pièces de ce dramaturge local?

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5384
Une comédienne et un comédien costumés sur une scène.
Portrait de deux jeunes filles et d'un petit garçon assis des chaises en bois dans un environnement domestique.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Au tout début des années 1920, parents, amis et voisins se font photographier par Dumont dans un petit studio aménagé dans la maison familiale, dans le 5e rang. Celle-ci en est alors toujours dans une phase d’apprentissage du métier de photographe. Ici, trois enfants (deux cousines et un cousin probablement) lui servent de cobayes. Malgré la mise en scène, l’absence d’une toile de fond et l’environnement domestique (le mur fait de lattes de bois, la fenêtre voilée de rideaux, la chaise de trop à gauche, les cadres, les jouets) donnent à ce portrait l’apparence d’un instantané.

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1177
Portrait de deux jeunes filles et d'un petit garçon assis des chaises en bois dans un environnement domestique.
Portrait d'un bébé vêtu d'une robe blanche assis sur un tapis jouant avec ficelle et souriant à la caméra.
1923-1928 [probablement avant l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette photographie est un autre exemple de mise en scène dépouillée qui caractérise beaucoup des premiers portraits de Dumont. Un modeste tapis suffit à installer le petit sujet pour la pose. On s’étonne, par ailleurs, d’apercevoir une chaise à l’arrière, comme oubliée dans le décor. Aurait-elle servi à un portrait pris précédemment, peut-être celui des parents du bambin? On remarque aussi qu’un bout de ficelle suffit à distraire le bébé le temps que la photographe appuie sur le bouton de son appareil.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0973
Portrait d'un bébé vêtu d'une robe blanche assis sur un tapis jouant avec ficelle et souriant à la caméra.
Portrait de deux jumelles âgées d'environ deux ans assises sur le perron de la maison de la famille Dumont.
1924Photographe: Photographe : Marie-Alice

Marie-Alice aime photographier les enfants. Ici, les jumelles Elisabeth et Marie-Ange sont installées sur le perron de la maison, assises sur deux couvertures en laine tricotées à la main. Ce portrait est le plus réussi : les deux autres pris à l’intérieur se sont avérés plutôt flous, car les deux fillettes avaient la bougeotte. Même dans ce cas-ci, Marie-Alice joue de chance, car Elisabeth, qui s’apprête à bouger, s’est pris une mèche de cheveux dans le feuillage de la plante. Ces escaliers de la première maison des Dumont servent souvent de lieu de pose dans les premières années de pratique de Marie-Alice.

15 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0921
Portrait de deux jumelles âgées d'environ deux ans assises sur le perron de la maison de la famille Dumont.
Trois adolescentes et un adolescent s'amusant et riant dans un environnement campagnard.
1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans cette photo, trois jeunes femmes se taquinent, se « tiraillent » joyeusement sous l’œil de la photographe. Tout, ici, suggère la spontanéité : le mouvement des sujets, leurs sourires, le flou du cliché qui rappelle toujours la vitesse foudroyante à laquelle passe chaque instant de la vie. Le fonds Marie-Alice Dumont contient plusieurs de ces instantanés qui nous font entrer dans l’intimité des gens de son entourage.

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0759
Trois adolescentes et un adolescent s'amusant et riant dans un environnement campagnard.
Parade de jeunes garçons et filles en uniforme.
1952Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ces jeunes font partie d’une grande parade de 500 patros ayant défilé à Saint-Alexandre le dimanche 27 juillet 1952. Le mouvement du Patro est une autre initiative d’action catholique ciblant la jeunesse qui voit le jour au début du 20e siècle.

7 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7523n
Parade de jeunes garçons et filles en uniforme.
Une quinzaine de jeunes garçons avec chacun leur vache lors d'une foire agricole.
1894-1990 [1920-1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À l’époque de Marie-Alice Dumont, des foires agricoles sont organisées tous les étés un peu partout dans la province. Et les Dumont y prennent part en grand nombre! Parfois, la jeunesse participe même à des concours comme celui-ci, du plus beau veau.

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8444
Une quinzaine de jeunes garçons avec chacun leur vache lors d'une foire agricole.
Portrait d'un bébé et d'un garçonnet au regard perplexe assis sur un tapis avec une chaise en osier et un drap gris en arrière-plan.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Photographier des bébés et de jeunes enfants n’est pas chose aisée. Les petits sujets peuvent être récalcitrants, remuants, distraits… Pour réaliser de beaux portraits comme celui-ci, il faut réellement posséder l’art de la pose! Marie-Alice Dumont parvient vraiment, ici, à capter l’innocence, la douceur et l’authenticité caractéristiques des enfants. Celui de droite apparaît perplexe, ou anxieux, peut-être. Pour une quelconque raison, on le sent vulnérable. Celui de gauche paraît plus calme, tout juste tiré de son jeu l’instant de la pose. Posés au ras du sol, les deux sujets regardent pourtant vers le haut, vers la photographe, ou leurs parents, peut-être, rappelant dans tous les cas leur dépendance envers les adultes.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1195
Portrait d'un bébé et d'un garçonnet au regard perplexe assis sur un tapis avec une chaise en osier et un drap gris en arrière-plan.
Portrait studio d'une fillette assis jambes et bras croisés sur une chaise.
1924Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Lors d’une même séance de photo, Marie-Alice Dumont pose cette fillette dans plusieurs postures. Encore dans les débuts de sa carrière, elle expérimente. Tantôt elle photographie son sujet debout et lui demande de prendre une allure fière. Tantôt, elle l’installe sur une chaise, comme ici, et lui demande de croiser les jambes et les bras, lui dit de se pencher légèrement vers l’avant, puis lui demande de regarder vers sa droite, en haut. Enfin, alors que l’enfant est toujours assise, elle lui demande de redresser un peu le torse et de regarder directement devant elle. Faute d’information, on ne peut que se demander quelle pose aura été la préférée des parents!

8 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1070
Portrait studio d'une fillette assis jambes et bras croisés sur une chaise.
Portrait studio d'un garçonnet vêtu en chasseur et maniant une carabine jouet.
1923-1928 [pas avant l'automne 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Il y a des passions qui se transmettent de père en fils… comme la chasse. On peut imaginer que c’est ce que souhaite mettre en image Pierre Bélanger lorsqu’il amène son fils, Dominique, au Studio Dumont. Dans une séance de photo plutôt cocasse, la photographe prendra divers portraits de l’enfant vêtu en petit chasseur, armé d’une carabine jouet et prenant un air sérieux.

6 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0828
Portrait studio d'un garçonnet vêtu en chasseur et maniant une carabine jouet.
Portrait studio de deux jeunes garçons assis l'un en face de l'autre et se regardant dans les yeux.
1949Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les archives de Marie-Alice Dumont montrent qu’elle use de diverses techniques et tactiques afin de prendre des portraits d’enfants qui soient à la fois naturels et réussis. L’une d’entre elles est de faire interagir les enfants. Ici, elle place face à face ces deux garçons, qui doivent bien se connaître, et leur demande probablement de se parler. Elle parvient à saisir un instant de pause dans l’échange, comme s’ils s’étudiaient l’un l’autre et étaient en attente d’une réaction.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7913
Portrait studio de deux jeunes garçons assis l'un en face de l'autre et se regardant dans les yeux.
Portrait studio d'une fillette assise sur un banc et souriant à la caméra tout en tenant une poupée dans ses bras.
1949Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Pour réussir un portrait d’enfant, utiliser un jouet, une peluche ou une poupée peut être une stratégie gagnante. Pour rendre à l’aise la petite Francine Soucy, tout juste âgée de quatre ans, la photographe lui prête une poupée, demande à sa mère d’en apporter une, ou suggère à la fillette de poser avec l’objet après l’avoir vue entrer avec au studio. Le portrait est très réussi : Francine, qui semble s’amuser, affiche un beau sourire, franc et authentique.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8017
Portrait studio d'une fillette assise sur un banc et souriant à la caméra tout en tenant une poupée dans ses bras.
Portrait studio d'une fillette portant une robe courte et blanche.
1943Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

L’œuvre de studio de Marie-Alice Dumont se caractérise certes par une habileté technique indéniable, mais aussi par la proximité ou une certaine confiance entre la photographe et ses sujets de manière générale. On ne peut manquer de remarquer, par exemple, que les mêmes personnes sont photographiées à de nombreuses reprises, parfois même sur plusieurs décennies. C’est le cas de Lise Chamard, qui se rend au moins à quatre reprises au Studio Dumont : en 1941, en 1943 (le portrait ci-joint), en 1949 et en 1960.

11 cm X 16 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4558
Portrait studio d'une fillette portant une robe courte et blanche.
Portrait studio d'une jeune fille assise sur un banc, les jambes étendues et croisées devant elle.
1937Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Angélina Desjardins est une autre personne qui passe par le Studio Dumont à plusieurs reprises au cours de sa vie. On la voit ici, pour la première fois, dans un choix de pose intriguant. La manière dont elle est installée sur le fauteuil rappelle les odalisques associées, en histoire de l’art, à des peintures de femmes nues, ou presque, et, donc, au thème de la sensualité. La ressemblance est en effet frappante. Et pourtant! Mlle Desjardins n’est ici âgée que de 12 ans. Ce fait jette un doute sur l’intention de la photographe, élevée dans un milieu très conservateur en ce qui concerne les mœurs de la jeunesse et ayant tendance elle-même à sermonner les jeunes. D’ailleurs, le regard de la jeune fille ne transmet pas, ne cherche pas à transmettre, l’idée de la sensualité : il est plutôt doux, innocent. Il est tentant, dans ce contexte, de penser qu’il ne s’agit là que d’une coïncidence, ou bien que Dumont ne connaissait tout simplement pas l’odalisque.

14 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2370b
Portrait studio d'une jeune fille assise sur un banc, les jambes étendues et croisées devant elle.
Portrait studio de Réal Beaupré à l'occasion de sa première communion ou de sa confirmation.
1948Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Photographier des jeunes qui viennent de passer leur communion solennelle ou leur confirmation relève d’une sorte de cérémonie aux codes bien définis. Comme dans ce portrait de Réal Beaupré, neveu de Marie-Alice Dumont, les communiants délaissent leurs habits d’enfance pour poser en complet veston-cravate. Les garçons portent aussi à l’épaule un brassard blanc dont la couleur symbolise l’innocence et la pureté. Tous tiennent également un petit diplôme dans leurs mains. Enfin, un ou plusieurs lys blancs complètent la mise en scène.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7945
Portrait studio de Réal Beaupré à l'occasion de sa première communion ou de sa confirmation.
Portrait studio de cinq enfants, dont quatre garçons, assis sur un banc.
1935Photographe: Photographe: Marie-Alice Dumont

Un bon dimanche, après la messe, Louis Bernier et Rose-Anna Lavoie amènent leurs enfants chez la photographe. C’est un grand jour, celui du portrait de famille. D’abord, Marie-Alice Dumont les accueille aimablement. Elle remarque que certains de ses petits visiteurs semblent nerveux. Elle leur prête donc une clochette et un petit morceau de fourrure. C’est mieux! La séance peut commencer. D’abord, elle les place en ordre d’année de naissance. Heureux concours de circonstances : plus ils sont jeunes, plus ils sont petits, ce qui donne un drôle d’effet. Ensuite, la photographe les fait asseoir côte à côte sur un long banc. La première pose se déroule bien, mais l’un des petits garçons se montre jaloux de la fourrure de son frère. Une crise est sur le point d’éclater. Heureusement, Rose-Anna s’interpose et demande aux enfants de partager gentiment. L’intervention fonctionne grâce à la collaboration d’un des frères aînés. Louis, lui, se tient près des enfants, derrière, et rigole un bon coup devant la situation. Une deuxième pose est prise, juste au cas. Louis se demande s’il doit s’écarter, ce à quoi la photographe lui dit qu’elle le coupera de la photo au moment d’imprimer le tirage. Amusé et rassuré, il reste où il est et surveille les enfants qui posent sagement une fois de plus. Voici comment, à partir des différents négatifs laissés par Marie-Alice Dumont et d’autres archives, il est permis d’imaginer le déroulement d’une séance au Studio Dumont.

15 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2064
Portrait studio de cinq enfants, dont quatre garçons, assis sur un banc.
Groupe de 26 jeunes femmes en uniforme de la JECF, des banderoles en arrière-plan indiquent "Fières", "Pures", "Joyeuses" et "Conquérantes".
1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Rosalie Bergeron et Blanche Landry se côtoient à l’école, à la maison… et dans la Jeunesse étudiante catholique féminine (JECF). Elles sont toutes deux dans la rangée du milieu : Blanche est la première à partir de la droite, Rosalie la quatrième, près du centre. La JECF, créée au milieu des années 1930 et chapeautée par l’Église catholique, fait partie d’un grand mouvement d’action catholique très populaire au Québec destiné à l’encadrement de la jeunesse. Les Éclaireurs (ou les Scouts), par exemple, font partie du même mouvement. La JECF est axée sur les loisirs, l’éducation et, surtout, l’implication sociale selon l’esprit du christianisme. En pleine crise économique, dans les années 1930, les membres de la JECF comme Rosalie et Blanche apprennent à s’organiser et à chercher des solutions aux problèmes de l’heure : misère, pauvreté, injustices sociales et recul de la religion catholique.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2781a
Groupe de 26 jeunes femmes en uniforme de la JECF, des banderoles en arrière-plan indiquent "Fières", "Pures", "Joyeuses" et "Conquérantes".

La vie au village et à la campagne

Quatre jeunes garçons sur un tracteur tirant un wagon sur lequel sont assis une quinzaine de garçons et filles.
1894-1990 [1920-1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Où s’en va ainsi ce groupe de jeunes installés sur un tracteur et sur la remorque qu’il tire? L’occasion devait être spéciale, quoiqu’il ne soit pas rare, au village et à la campagne, de voir des gens de tous âges se déplacer ainsi.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8134m
Quatre jeunes garçons sur un tracteur tirant un wagon sur lequel sont assis une quinzaine de garçons et filles.
Scène du village de Saint-Alexandre incluant des piétons, des automobiles et des bâtiments dont celui abritant la "Banque Canadienne nationale" et l'"Hôtel Commercial H. Deschênes Pro".
1944Photographe: Photographe: Marie-Alice Dumont

La vedette de cette scène villageoise est sans contredit l’édifice appartenant à Henri Deschênes, qui abrite l’Hôtel commercial et une succursale de la Banque canadienne nationale.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4818b
Scène du village de Saint-Alexandre incluant des piétons, des automobiles et des bâtiments dont celui abritant la "Banque Canadienne nationale" et l'"Hôtel Commercial H. Deschênes Pro".
Un vendeur de tabac Marianne costumé en paysanne et assis sur son âne, posant devant un magasin général et flanqué de trois jeunes garçons et deux jeunes filles.
1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici un autre type de marchand ambulant, celui-ci de tabac. Ce commerçant drôlement accoutré joue à fond le jeu de mots véhiculé par le nom du produit qu’il vend. Juché sur un âne et déguisé en Marianne, il évoque la comptine Marianne s’en va au moulin, que les jeunes, amusés, connaissent probablement!

10 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0350
Un vendeur de tabac Marianne costumé en paysanne et assis sur son âne, posant devant un magasin général et flanqué de trois jeunes garçons et deux jeunes filles.
11 jeunes garçons et filles et un homme adulte pique-niquant sur la grève.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Pique-niquer sur la grève est l’une des activités estivales les plus pratiquées dans le Kamouraska de l’époque de Dumont. On reconnaît Rosalie Bergeron, sœur adoptive de la photographe, couchée, au centre de la photo.

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1627a
11 jeunes garçons et filles et un homme adulte pique-niquant sur la grève.
Deux garçons pilotant chacun une charrette à laquelle un chien costumé est attelé.
1894-1990 [probablement années 1920]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Quelques attelages canins ont été photographiés par Dumont. On s’en servait en été comme en hiver, par exemple pour transporter des enfants. Dans les années 1920, la population locale amusait aussi parfois les touristes ainsi. Ces derniers, souvent des citadins américains, repartaient alors convaincus que les Canadiens français avaient conservé un mode de vie traditionnel et rustique. On peut se demander à quoi ont servi les attelages représentés sur cette photo.

 

14 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7157
Deux garçons pilotant chacun une charrette à laquelle un chien costumé est attelé.
Une corde de bois, un grand jardin au-dessus duquel volerait un oiseau, un grand champ cultivé et, au loin, une forêt.
1936Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Est-ce bien un oiseau survolant le jardin des Dumont, ou simplement une partie abîmée du négatif? Il est amusant de penser qu’il s’agit peut-être d’une des « détestables et malfaisantes » corneilles que les frères et sœurs de Marie-Alice savaient apprivoiser.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1473
Une corde de bois, un grand jardin au-dessus duquel volerait un oiseau, un grand champ cultivé et, au loin, une forêt.
Contre-plongée d'un champ de pomme de terre avec, en arrière-plan, une maison et des bâtiments de ferme.
1930 [7 octobre 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le point de vue presque en contre-plongée sur ce champ de patates donne à ce dernier une envergure et une profondeur qui communique bien l’ampleur du travail que nécessite sa culture.

17 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7480
Contre-plongée d'un champ de pomme de terre avec, en arrière-plan, une maison et des bâtiments de ferme.
Un religieux agenouillé dans un canot, pagaie à la main et pipe au bec, sur un lac dont les bords sont fraîchement défrichés.
1894-1990 [entre 1920 et 1961]Photographe: Photographe : inconnu

Ce négatif a probablement été envoyé à Dumont pour qu’elle le développe. Un religieux inspecte les abords fraîchement défrichés d’un lac (Pohénégamook? Témiscouata?) en vue, peut-être, de recevoir leurs premiers contingents de colons.

16 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8281
Un religieux agenouillé dans un canot, pagaie à la main et pipe au bec, sur un lac dont les bords sont fraîchement défrichés.
Une belle et vaste grange devant laquelle pose une femme et trois enfants avec, non loin, un cheval et une dizaine de vaches.
1944Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Des familles font parfois appel aux services de Marie-Alice Dumont pour venir photographier leur maison et leurs bâtiments de ferme. En 1944, Dumont se rend chez Marie-Hermine Plourde, veuve de Jules Chénard, pour immortaliser la grange et la maison, toutes deux très imposantes et impeccables.

18 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8411
Une belle et vaste grange devant laquelle pose une femme et trois enfants avec, non loin, un cheval et une dizaine de vaches.
Croisement de deux routes au centre d'un village dont plusieurs des infrastructures sont visibles telles que des maisons, trottoirs, poteaux et fils électriques.
1947Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La croix de chemin est un élément familier du paysage pour les habitants du Kamouraska. Au centre même de Saint-Alexandre, au croisement de deux routes très fréquentées, cette grande croix est érigée en symbole de la foi des villageois.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4895
Croisement de deux routes au centre d'un village dont plusieurs des infrastructures sont visibles telles que des maisons, trottoirs, poteaux et fils électriques.
Coucher de soleil sur une grande étendue d'eau très calme avec quelques arbres en avant-plan.
1920-1961Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans l’un des portraits d’elle qui ont été conservés, Dumont relaxe dans la lumière du soleil couchant, pendant des vacances à l’île aux Patins. Cette image d’un coucher de soleil aurait-elle été prise au cours de la même séance photo?

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7087
Coucher de soleil sur une grande étendue d'eau très calme avec quelques arbres en avant-plan.
Un homme et deux jeunes femmes posant en hiver avec leurs raquettes devant une maison.
1934-1939 [probablement entre 1920 et 1926]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Tant aujourd’hui qu’à l’époque de Marie-Alice Dumont le ski et la raquette sont des sports et des moyens de transport de prédilection des Québécois et des Québécoises. Comme le montre cette photo, les raquettes sont de mises, l’hiver, dans le 5e rang de Saint-Alexandre.

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1632
Un homme et deux jeunes femmes posant en hiver avec leurs raquettes devant une maison.
Une famille de sept dans un champ, les hommes font les foins fourches à la main.
1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Faire les foins est une tâche qu’ont connue beaucoup de familles du Kamouraska dans la première moitié du 20e siècle. La composition de cette photographie de Marie-Alice Dumont rend bien l’immensité de la corvée à accomplir. La diagonale de l’image, partant du bas à gauche pour monter vers la droite, jusqu’à l’horizon, donne une certaine profondeur à l’image. Quant à elle, la quantité impressionnante de tas de foin captés par l’appareil donne une idée du temps déjà passé au champ, fourche à la main. De plus, le foin encore debout au bas de l’image, à droite, laisse entrevoir la besogne qu’il reste à accomplir. Si Dumont voulait transmettre l’impression d’un long et dur labeur, l’effet est réussi.

8 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0050a
Une famille de sept dans un champ, les hommes font les foins fourches à la main.
Un avion tiré par des chevaux transporté dans la rue d'un village.
1928 [4 juin 1928]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le transport de cet avion, en 1928, a dû causer tout un émoi à Saint-Alexandre. On peut voir quelques-uns des curieux qui assistent au spectacle au bord de la route. Le contraste est frappant entre la « modernité » que représente l’avion, d’une part, et les chevaux, mode de transport millénaire, d’autre part.

 

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1629
Un avion tiré par des chevaux transporté dans la rue d'un village.
Éclipse solaire dans un ciel partiellement nuageux.
1932-1935 [probablement le 31 août 1932]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le 31 août 1932, une éclipse solaire totale se produit. Les journaux de l’époque rapportent avec enthousiasme ce phénomène rare qui se déroule, par chance, sous un ciel dégagé dans la région de Québec. Dumont ne manque pas l’occasion d’immortaliser l’événement!

15 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8303
Éclipse solaire dans un ciel partiellement nuageux.
Une foule amassée près d'une église et près d'un presbytère.
1927 [16 octobre 1927]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Quel événement attire ainsi une aussi grande foule à Rivière-du-Loup, en 1927? La visite d’un politicien? La venue d’une vedette de la musique ou du cinéma? Non! Il s’agit plutôt d’un rassemblement religieux, comme l’indique le titre de la photo.

17 cm X 13 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7532
Une foule amassée près d'une église et près d'un presbytère.
Une foule en plein air observant les prouesses d'un acrobate.
1946Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les cercles Lacordaire, un mouvement de tempérance, sont légion au Québec à partir des années 1940. On organise, dans les diocèses de la province, de grands congrès annuels qui sont autant d’occasions de festoyer dans la sobriété. Les Dumont sont proches de ce mouvement prônant l’abstinence totale de consommation d’alcool.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7450
Une foule en plein air observant les prouesses d'un acrobate.
Une famille comprenant les deux parents et 10 enfants posant près de leur maison et d'un très grand arbre.
1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette famille comprenant 10 enfants pose fièrement devant sa maison. On peut se demander quelle est l’intention derrière la composition de la photo, qui met de l’avant un gros arbre sur presque la moitié de l’image!

17 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1271
Une famille comprenant les deux parents et 10 enfants posant près de leur maison et d'un très grand arbre.
Groupe de six personnes dont deux jeunes enfants derrière le comptoir d'un kiosque vendant notamment des cigarettes.
1929 [17 juillet 1929]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce petit kiosque familial, situé à la pointe de Rivière-du-Loup, peut profiter de la manne de voyageurs que lui apporte un traversier reliant la pointe à la rive nord du Saint-Laurent depuis 1909.

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1684
Groupe de six personnes dont deux jeunes enfants derrière le comptoir d'un kiosque vendant notamment des cigarettes.

La vie religieuse

Jeune fille en studio agenouillée à un prie-Dieu vêtue d'une robe, de gants et d'un voile tous de couleur blanche et flanquée d'une fleur de lys, d'un diplôme et d'un livre sur un tabouret.
1934-1935Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À l’époque où Dumont prend cette photo, la grande majorité des familles catholiques respectent les sacrements religieux. Mlle Gisèle Soucy peut donc poser avec confiance, car la photographe est très habituée à réaliser de beaux portraits de confirmation.

11 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2059
Jeune fille en studio agenouillée à un prie-Dieu vêtue d'une robe, de gants et d'un voile tous de couleur blanche et flanquée d'une fleur de lys, d'un diplôme et d'un livre sur un tabouret.
Cérémonie en plein air d'inauguration d'une croix de chemin rassemblant des dizaines de personnes.
1894-1990 [14 septembre 1940]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette photo illustre la cérémonie de bénédiction, le 14 septembre 1940, d’une nouvelle croix de chemin construite par Origène Dumont. Dans les mots de Joseph-Napoléon, la croix de chemin « exprime l’esprit chrétien qui animait nos ancêtres ».

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7161
Cérémonie en plein air d'inauguration d'une croix de chemin rassemblant des dizaines de personnes.
Une foule vêtue de noir sortant d'une église et suivant, en file, un prêtre se dirigeant vers un cimetière.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Tristes événements que des funérailles. C’est la mine basse que la foule suit, au sortir de l’église, le prêtre menant le cortège vers le cimetière de Saint-Alexandre. La scène photographiée ici est remplie de solennité et de gravité.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1202
Une foule vêtue de noir sortant d'une église et suivant, en file, un prêtre se dirigeant vers un cimetière.
Portrait d'une troupe de théâtre posant sur la scène et composée de couventines.
1948Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans la première moitié du 20e siècle, le théâtre francophone, au Québec, est largement marqué par l’univers catholique. Ici, des couventines répètent une pièce célébrant la mémoire de mère Mallet, fondatrice des Sœurs de la Charité de Québec, à l’occasion du centenaire de la congrégation religieuse.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5254
Portrait d'une troupe de théâtre posant sur la scène et composée de couventines.
Quatre garçons en habits de confirmation, diplômes en main, sur le perron de l'église.
1948-1949Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les sacrements religieux des jeunes de Saint-Alexandre sont fréquemment immortalisés par Dumont dans son studio. Il arrive aussi qu’elle se rende à l’église où, sur le perron, elle photographie de jeunes célébrants.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5342
Quatre garçons en habits de confirmation, diplômes en main, sur le perron de l'église.
Grotte de Notre-Dame-de-Lourdes située au bout d'une allée centrale d'un cimetière et devant laquelle sont agenouillées quatre jeunes enfants.
12 juillet 1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le cimetière de Saint-Alexandre comprend de longues allées bordées d’arbres, un calvaire, un oratoire, ainsi qu’une grotte de Lourdes, qui attire dans le village de nombreuses visites. La photographe en inclut même une image dans le carnet de cartes postales qu’elle édite et vend.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7577a
Grotte de Notre-Dame-de-Lourdes située au bout d'une allée centrale d'un cimetière et devant laquelle sont agenouillées quatre jeunes enfants.
Une religieuse et une couventine qui semble aveugle debout, à l'extérieur, devant les grands escaliers d'un couvent.
1918-1961 [pas avant 1920]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce magnifique portrait de sœur Saint-Joseph-de-la-Présentation et d’une couventine qui semble être aveugle est campé devant les escaliers du couvent de Saint-Alexandre.

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8196c
Une religieuse et une couventine qui semble aveugle debout, à l'extérieur, devant les grands escaliers d'un couvent.
Portrait d'un fillette décédée que l'on a couchée les mains croisées sur le ventre, revêtue d'une robe blanche et placée devant une statuette du Christ.
1934-1935Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Il est commun, à l’époque de Dumont, de photographier les défunts. Les bébés sont vêtus d’habits blancs et installés, mains jointes, dans une pose évoquant le repos. Le tout se veut naturel même si, parfois, les poupons ont plutôt l’air de poupées.

11 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2121
Portrait d'un fillette décédée que l'on a couchée les mains croisées sur le ventre, revêtue d'une robe blanche et placée devant une statuette du Christ.
Portrait en extérieur d'un religieux à la peau noire flanqué de deux jeunes femmes blanches.
1894-1990 [1950]Photographe: Photographe : inconnu

L’abbé James Sanga est prêtre des Missions des Pères Blancs d’Afrique au Tanganyika. En 1950, il a l’occasion de passer ses vacances à Saint-Alexandre, dans la famille de son « bienfaiteur » Ernest Soucy. Il est la seule personne ayant la peau noire qui soit représentée dans les clichés laissés par Dumont.

6 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7479b
Portrait en extérieur d'un religieux à la peau noire flanqué de deux jeunes femmes blanches.
Une religieuse et trois couventines agenouillées ou assises dans l'herbe haute.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Les paysages bucoliques du Kamouraska sont aussi le terrain de jeu des couventines de Saint-Alexandre. Ici, sœur Sainte-Anna-Marie est accompagnée de trois de ses élèves, dont Madeleine Guérette, sur l’épaule de laquelle sa main est posée.

11 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1545j
Une religieuse et trois couventines agenouillées ou assises dans l'herbe haute.

Effets photos et clichés ratés ou altérés

Un bébé dans un chariot et une fillette à genoux à ses côtés dans un environnement campagnard, scène reproduite avec distorsion dans ce cliché raté.
1920-1961Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Qu’est-ce qui a pu causer une telle déformation de l’image? Quelle erreur a pu commettre la photographe dans la manipulation de l’appareil? Puisque l’ensemble de l’image est déformée, et non pas seulement un ou plusieurs éléments particuliers (l’un des enfants, par exemple), il faut d’abord conclure que c’est l’appareil qui a bougé. La terre a-t-elle tremblé? Quelqu’un a-t-il accroché l’appareil au moment précis de la prise de la photo? Tout est possible! Ensuite, en constatant que la même image est présente au moins deux fois, et que chacune est superposée et décalée par rapport à l’autre, on peut penser que l’obturateur a été déclenché une nouvelle fois par inadvertance lorsque l’appareil a été déplacé.

8 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d6982
Un bébé dans un chariot et une fillette à genoux à ses côtés dans un environnement campagnard, scène reproduite avec distorsion dans ce cliché raté.
Portrait studio d'un homme avec sur ses genoux un bébé souriant dans un cliché au rendu flou.
1920-1961 [probablement les années 1940]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Lorsqu’elle photographie une enfant aussi jeune que Marie-Paule ici, il est primordial, pour Marie-Alice Dumont, qu’il demeure le plus immobile possible. Même les obturateurs rapides de ses appareils ne peuvent capter sans flou un geste brusque. Dans ce cas-ci, on imagine le père, Paul Chénard, qui baisse et relève la tête subitement, réagissant à un mouvement de l’enfant et réalisant, en même temps, qu’il vient probablement de gâcher le portrait. Et, en effet, que de mouvement dans cette photographie! Si l’effet a du comique, d’autant plus que l’enfant rit un bon coup, la photographe professionnelle ne souhaite certainement pas remettre un tel portrait au client. Espérons pour elle qu’elle n’a pas réalisé l’erreur seulement au moment du développement du négatif, dans sa chambre noire!

10 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7690
Portrait studio d'un homme avec sur ses genoux un bébé souriant dans un cliché au rendu flou.
Trois jeunes femmes dans un verger et, due à une double exposition du négatif, une fenêtre superposée à cette scène.
1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce qui s’annonçait être un beau portrait d’Elizabeth Dumont et de Rosalie Bergeron accompagnées d’une amie, dans le verger des Dumont, s’avère être un véritable gâchis. Pourquoi? Par une erreur courante en photographie argentique : la double exposition du négatif. Voyez comment deux prises de vue différentes se confondent presque dans l’image. La double exposition est une erreur frustrante à commettre, surtout lorsqu’elle n’est constatée qu’en chambre noire.

11 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1285
Trois jeunes femmes dans un verger et, due à une double exposition du négatif, une fenêtre superposée à cette scène.
Une fillette d'environ deux ans dans un environnement domestique et au visage floue.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici un autre exemple éloquent de la difficulté de photographier les enfants. Qu’ils ont la bougeotte! Céline Dumont, dont sa mère Rosalie Bergeron ou sa tante Marie-Alice essaie tant bien que mal de tirer le portrait, semble beaucoup plus intéressée par le vase sur la table du salon que par l’objectif de l’appareil. Par bonheur, les appareils photo modernes peuvent prendre un grand nombre de clichés. L’erreur est donc permise. On peut aussi ajuster la vitesse de l’obturateur pour compenser le mouvement du sujet. Néanmoins, sur la douzaine de portraits réalisés durant cette séance photo, très peu se révéleront réussis.

7 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1479
Une fillette d'environ deux ans dans un environnement domestique et au visage floue.
Trois jeunes femmes bras dessus bras dessous au pied d'un perron et dont les visages sont hors du cadre.
1936Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Il ne faut pas chercher bien loin l’erreur faite dans ce portrait pris devant la maison de Marie-Alice Dumont : le cadrage est raté, ce qui a pour effet de couper la tête de ces trois jeunes femmes. Si le résultat est de peu d’intérêt sur le plan esthétique, il offre un exemple d’erreur courante en photographie et peut nous aider à comprendre les tenants et aboutissants de cet art. Encore ici, on peut espérer, pour la photographe, qu’elle n’a pas pris conscience de sa gaffe seulement en chambre noire.

4 cm X 7cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1502
Trois jeunes femmes bras dessus bras dessous au pied d'un perron et dont les visages sont hors du cadre.
Deux jeunes filles à l'extérieur devant une balançoire.
1920-1961Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cet instantané ne contient pas en soi d’erreur technique. La lumière est adéquate, de même que le cadrage. Ce qui est notable, toutefois, est la netteté des deux sujets à l’avant-plan, comparativement à l’environnement flou tout autour et à l’arrière-plan. La mise au point a donc été faite en fonction de ce que la photographe considère qu’il est important de regarder : les deux jeunes filles.

3 cm X 2 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0900b
Deux jeunes filles à l'extérieur devant une balançoire.
Un homme assis dont le haut du corps et les jambes sont drapés d'un ouvrage brodé tenu par une femme en arrière-plan et sur lequel un bébé est couché.
1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette image est parmi les plus touchantes que Marie-Alice Dumont ait prises en studio. Il ne s’agit pas du produit fini, c’est-à-dire de l’épreuve imprimée : celle-ci ne devait comprendre que le bébé, comme l’indique le titre du négatif. Mais, justement grâce au négatif, on comprend comment la photographe a conçu la scène et, ainsi, on comprend mieux son art de la pose. C’est une fenêtre sur les coulisses du travail de Dumont. D’abord, la photographe a assis le père sur une chaise. Ensuite, elle a recouvert son torse d’un ouvrage tricoté de couleur blanche, puis elle a demandé à une dame (la mère? l’épouse?) de le tenir en place. Enfin, Dumont a fait déposer l’enfant sur les genoux de son père tout en prenant soin d’ajouter elle-même un coussin sous les jambes du bambin. Il n’aurait pas été possible de savoir tout cela sans le négatif original conservé par la photographe.

12 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2760
Un homme assis dont le haut du corps et les jambes sont drapés d'un ouvrage brodé tenu par une femme en arrière-plan et sur lequel un bébé est couché.
Marguerite Bergeron et Marie-Alice Dumont en chaise roulante lors de l'hospitalisation de cette dernière dans un cliché surexposé.
1936Photographe: Photographe : inconnu

Composer avec la lumière en photographie est une compétence qui s’acquiert avec l’expérience. Les appareils qu’utilise Marie-Alice Dumont possèdent des diaphragmes ajustables. À la manière de la pupille de l’œil, plus l’ouverture du diaphragme est grande, plus il laisse passer une quantité importante de lumière. Lorsque l’éclairage est déficient, une grande ouverture du diaphragme est souvent nécessaire. À l’inverse, il faut le refermer si la lumière est abondante, sinon l’on obtient un négatif surexposé, ce qui se traduit par une image trop blanche. C’est ce qui s’est produit lors de la prise de ce portrait de Marguerite Bergeron et de Marie-Alice Dumont lors de l’hospitalisation de cette dernière, en 1936. Heureusement, plus d’une pose fut prise, dont certaines sont mieux réussies. Dumont, qui a probablement prêté son appareil à une soignante pour qu’elle appuie sur le bouton, a aussi, probablement, fait les ajustements elle-même entre chaque pose.

7 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2252b
Marguerite Bergeron et Marie-Alice Dumont en chaise roulante lors de l'hospitalisation de cette dernière dans un cliché surexposé.
Contre-plongée sur Origène Dumont âgé d'environ trois ans, à l'extérieur.
1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Voici un autre portrait d’Origène Dumont, neveu de notre photographe. Il n’est pas toujours facile de composer avec la lumière lorsque l’on pose à l’extérieur. Ici, l’absence d’une lumière franche provenant de l’avant du sujet crée un effet de contre-jour et rend les détails de l’image difficiles à discerner. Pour compenser, l’ouverture du diaphragme de l’appareil aurait dû être agrandie pour laisser pénétrer le plus de lumière possible. Heureusement, le foyer de l’appareil est bien ajusté, de sorte que le garçon apparaît nettement, tandis que l’arrière-plan est flou. Malgré tout, il est possible d’apprécier la composition de la photo. Accompagné de ce qui semble être un porcelet, à ses pieds, et tenant une fleur dans sa main droite, Origène regarde fixement l’objectif. On remarque aussi la prise de vue en contre-plongée, qui est plutôt rare pour des enfants. Il s’agit d’un choix de composition intéressant, probablement délibéré puisque plutôt fréquent pour les portraits d’Origène. Bien que le petit ne soit âgé que d’environ trois ans, cet angle de vue lui confère une certaine envergure, voire une prestance. À l’inverse, si Marie-Alice Dumont avait voulu mettre de l’avant la petitesse et la vulnérabilité de son neveu, la vue en plongée aurait été plus efficace.

6 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1556
Contre-plongée sur Origène Dumont âgé d'environ trois ans, à l'extérieur.
Sept vaches et leurs maîtres sur une ferme dans un cliché partiellement brûlé par un produit chimique.
1920-1961Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Est-ce une comète ou un ovni que l’on aperçoit dans le ciel, à droite? Une catastrophe viendra-t-elle gâcher la journée de ces fiers éleveurs exhibant leurs plus beaux bovins lors d’une foire agricole? Bien sûr que non. En fait, il s’agit d’une altération du négatif de nitrate de cellulose durant sa conservation. Les négatifs de ce type sont des objets très fragiles. On peut facilement les froisser, les déchirer ou les plier. On peut aussi en altérer l’aspect par des réactions chimiques involontaires, comme en les brûlant. Ici, un liquide a probablement été échappé sur l’objet, ce qui l’a taché ou brûlé partiellement. Une version impeccable du négatif peut être vue dans la vidéo de l’entrevue que Marie-Alice Dumont donne en 1981 (rendez-vous à la toute fin de la section « Métier » de la présente exposition).

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7699
Sept vaches et leurs maîtres sur une ferme dans un cliché partiellement brûlé par un produit chimique.
Portrait studio d'un homme avec l'inscription sur le négatif "Je crois que c'est Wilfrid Sirois St-André c'était celui qui conduisait le truck".
1937Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Écrire sur le négatif est une pratique assez courante pour des photographes comme Marie-Alice Dumont. Souvent, elle sert à identifier le sujet ou à apporter un complément d’information directement sur l’objet. Il revient simplement au photographe d’exclure l’inscription manuscrite lors du tirage. Ici, il est à douter que Dumont ait produit un positif à partir de ce portrait raté. Néanmoins, l’information fournie donne une autre fonction au négatif inutilisable en permettant d’identifier la personne posée. En effet, on peut lire, à droite : « Je crois [que] c’est Wilfrid Sirois St-André. C’était celui qui conduisait le truck ».

8 cm X 10 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2485
Portrait studio d'un homme avec l'inscription sur le négatif "Je crois que c'est Wilfrid Sirois St-André c'était celui qui conduisait le truck".
Portrait studio en buste d'un jeune hommes dont le visage est abondamment éclairé par la droite.
1942Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La bande noire présente au bas de ce portrait de François Ouellet apparaît sur bien des photographies réalisées par Marie-Alice Dumont. Il s’agit d’un effet obtenu à l’aide de la technique du maquillage, une pratique commune dans le milieu de la photo de studio. Le maquillage consiste à cacher des parties du négatif lors de la projection, dans l’agrandisseur, au-dessus du papier sensibilisé. Pour ce faire, on peut agiter un morceau de carton sur des zones précises de l’image afin de les camoufler partiellement ou entièrement. Plus on agite vite le carton, plus le maquillage sera opaque.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4101
Portrait studio en buste d'un jeune hommes dont le visage est abondamment éclairé par la droite.
Portrait studio d'une femme assise sur un banc et à ses côtés, par effet de superposition due à une double exposition du négatif, deux fillettes.
1950Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait de Germaine Thibault par Marie-Alice Dumont rappelle les expérimentations par exposition multiple d’un négatif de Hannah Maynard (1834-1918), photographe bien connue qui œuvra à Victoria. Par ce procédé, Maynard créait délibérément des images surréelles, notamment celles où elle-même apparaît plus d’une fois. Dans le cas de Thibault, l’exposition multiple donne une image fantomatique, comme si le spectre des deux fillettes était révélé magiquement par l’appareil.

8 cm X 14 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5396
Portrait studio d'une femme assise sur un banc et à ses côtés, par effet de superposition due à une double exposition du négatif, deux fillettes.
Portrait studio de Marie Pelletier dont les contours du visage et des épaules ont été grattés et retouchés.
1951 [probablement 1932]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette image est le résultat d’une altération flagrante du négatif original par Marie-Alice Dumont. On reconnaît ici Marie Pelletier, posée, comme le montre une autre pièce d’archives, avec l’une de ses filles, sa petite-fille et son arrière-petite-fille. À son décès, la photographe s’est servie du négatif pour fabriquer des cartes mortuaires. Elle a donc coupé Marie du reste du groupe et a tenté d’isoler son visage en effaçant les détails qui l’entouraient. La dernière étape avant le tirage consistait à retoucher le visage et les épaules au pinceau et au crayon.

9 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d5583
Portrait studio de Marie Pelletier dont les contours du visage et des épaules ont été grattés et retouchés.
Jeune femme debout devant un piano dans un environnement domestique avec, superposée, l'image inversée sur le plan horizontal de toute la scène.
1950Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Ce portrait est parmi les plus intrigants qu’ait produits Marie-Alice Dumont. Si on l’observe bien, deux images sont superposées et sont inversées sur le plan horizontal. Celle qui est à l’envers est cependant beaucoup plus pâle et, donc, difficile à discerner au premier coup d’œil. Pourtant, elle est bien là! Vous en doutez? Regardez bien le bas de la robe de Mlle Pelletier, vous y verrez sa figure, mais à l’envers. Les spécialistes de la photographie consultés au sujet de ce montage sont catégoriques : étant donné la parfaite symétrie de l’image, il doit s’agir d’un effet créé intentionnellement. L’accident serait trop improbable. L’hypothèse est que la photographe a exposé une première fois son négatif, s’en est allée le retourner dans une chambre noire, l’a replacé ainsi, inversé, dans le porte-négatif, puis l’a exposé de nouveau en prenant bien soin de se placer (et le sujet) exactement de la même manière. Surprenant, non?

8 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7133f
Jeune femme debout devant un piano dans un environnement domestique avec, superposée, l'image inversée sur le plan horizontal de toute la scène.
Portrait en buste d'un homme dont les contours ont été grattés et retouchés.
1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Il n’est pas certain que ce négatif ait été réalisé par Marie-Alice Dumont. Néanmoins, il se peut bien que ce soit elle qui ait tenté de le modifier. Pierre Beaupré était probablement un membre de sa famille élargie (l’une de ses sœurs était mariée à un Beaupré). À sa mort, Dumont a peut-être été appelée à fabriquer des cartes mortuaires, un service qu’elle offrait couramment. Pour ce faire, elle s’assure d’abord de faire un tirage à partir du négatif sans altération afin de conserver l’image dans son aspect original. Ensuite, elle reprend le même négatif, mais tente, cette fois, d’isoler la figure de Pierre Beaupré en effaçant la main visible sur son épaule droite. Pour ce faire, elle gratte le négatif, puis le dessine ou le peinture pour reconstituer la partie manquante de l’épaule du sujet.

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1653
Portrait en buste d'un homme dont les contours ont été grattés et retouchés.
Portrait studio d'un jeune homme avec les visages d'autres personnes superposés.
1945Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Résultat d’une double, voire probablement d’une triple exposition du négatif, l’image semble représenter Régent Nadeau, dont les songes l’habitant nous sont révélés. Il y a quelque chose qui relève du rêve dans ce portrait. Cela dit, on peut douter que l’effet visuel ait été volontairement recherché par Marie-Alice Dumont, bien qu’une telle erreur soit surprenante de la part de la photographe professionnelle, d’autant plus qu’il s’agit là d’un portrait de studio.

10 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d4863
Portrait studio d'un jeune homme avec les visages d'autres personnes superposés.
Un bébé sur une chaise berçante dans un environnement domestique sur un cliché trop sombre.
1937Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Cette photographie à première vue ratée peut certes avoir été le résultat d’une erreur technique, mais elle peut aussi avoir été le fruit d’une manipulation visant à obtenir un effet artistique. D’une part, il se peut que quelqu’un ait entrouvert la porte de la chambre noire pendant que Marie-Alice Dumont faisait développer le négatif; la porte a pu être ouverte pendant une fraction de seconde seulement, ce qui aurait suffi à gâcher le négatif. D’autre part, il est possible que Dumont ait voulu produire un effet Sabattier par solarisation. La solarisation, qui est une très forte surexposition de l’émulsion à la surface du négatif pendant sa phase de développement dans le révélateur, produit une inversion des densités d’une image ou, si l’on veut, de ses valeurs de gris. C’est une technique très difficile à maîtriser qui peut gâcher beaucoup de papier!

6 cm X 11 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1448
Un bébé sur une chaise berçante dans un environnement domestique sur un cliché trop sombre.

Contexte local, historique et autres

Vue du Boulevard du Temple à Paris en 1838 pris d'une quinzaine de mètres de hauteur.
Environ 1838Photographe: Photographe : Louis-Jacques Mandé Daguerre

Cette photographie d’un boulevard de Paris est considérée comme l’une des toutes premières sur laquelle apparaît une personne vivante. En effet, si on l’observe bien, on peut apercevoir en bas, à gauche, une personne debout qui semble profiter des services d’un cireur de chaussures. Comment expliquer que ce lieu très fréquenté de la capitale française ne grouille pas de monde? Le temps de pose très long (plusieurs minutes) que nécessite le procédé du daguerréotype expliquerait peut-être que seule la silhouette de ce client, qui doit rester longtemps immobile pour que le cireur puisse bien faire son travail, ait été immortalisée sur le cliché.

Wikimedia Commons, Domaine public
Vue du Boulevard du Temple à Paris en 1838 pris d'une quinzaine de mètres de hauteur.
Annonce dans un vieux journal dans laquelle est notamment écrit "Mrs. Fletcher Professor and Teacher of the Photogenic Art".
10 août 1841Photographe: The Quebec Mercury

Il est difficile aujourd’hui de concevoir la fascination qu’a exercée l’invention de la photographie au 19e siècle. L’image photographique ne représente-t-elle pas la réalité beaucoup plus fidèlement que ne peut le faire une peinture ou un dessin? L’art sera-t-il à jamais surpassé par la photographie? Sur cette annonce de Mrs. Fletcher, on peut notamment lire que le daguerréotype est une sorte de « dessin de la nature » aussi « parfait que puisse le concevoir l’imagination ». De même, on présente le daguerréotype comme une preuve de la supériorité de l’œuvre de Dieu et de la nature sur la création humaine.

BAnQ, Domaine public
Annonce dans un vieux journal dans laquelle est notamment écrit "Mrs. Fletcher Professor and Teacher of the Photogenic Art".
Portrait d'une jeune femme en studio imprimé dans un format carte de visite et sur laquelle est inscrit "Mad Ed. Gagné Photo.".
1885-1887Photographe: Photographe : Eugénie Pilon (Gagné)

Ce portrait a été réalisé à Montréal, au milieu des années 1880, par Mme Gagné, aussi appelée Eugénie Gagné ou Eugénie Pilon (d’après son nom de jeune fille). Photographe professionnelle, elle travaille avec son mari Édouard Gagné, photographe lui aussi, avec qui elle possède trois studios à Montréal. Elle produit des portraits dits « cabinet », très semblables à des cartes de visite, mais d’un format un peu plus grand.

13,6 cm X 10,1 cmCollection Allard, Musée McCord Stewart, M2017.46.2.2770
Portrait d'une jeune femme en studio imprimé dans un format carte de visite et sur laquelle est inscrit "Mad Ed. Gagné Photo.".
Portrait en studio d'un groupe de huit femmes habillées à la mode victorienne
1876Photographe: Photographe : Wiliam Notman

En 1876, le studio Notman de Montréal compte 52 employés. De ce nombre, neuf sont des femmes. Sur ce portrait de groupe pris, justement, en 1876, on compte huit femmes employées au studio. La neuvième recensée dans les archives de l’entreprise se trouve-t-elle derrière l’appareil photo?

10 cm X 13,8 cmMusée McCord Stewart, II-24323.1
Portrait en studio d'un groupe de huit femmes habillées à la mode victorienne
Portrait de deux jeunes femmes en robes foncées en studio dont l'une est debout et l'autre assise devant et tenant un livre dans ses mains.
1899Photographe: Photographe : soeur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre)

Peu de portraits existent des femmes employées dans les studios de photo au Québec, au 19e siècle. Celui-ci, qui montre deux jeunes travailleuses du studio Livernois de Québec, est précieux. Que faisaient-elles dans le studio? Accueillaient-elles la clientèle? Travaillaient-elles dans la chambre noire? S’occupaient-elles de la retouche? Leur arrivait-il de manier l’appareil? Quoi qu’il en soit, selon l’historienne Colleen Skidmore, Élise L’Heureux Livernois et ses deux jeunes employées ont produit un portrait de grande qualité : grâce à un habile éclairage, tant les couleurs et les textures des robes que la pâleur et les détails des visages ressortent clairement.

Négatif sur verreFonds Les Soeurs de la Charité de Québec-Québec, BAnQ-Québec, P910,S1,D4,P74
Portrait de deux jeunes femmes en robes foncées en studio dont l'une est debout et l'autre assise devant et tenant un livre dans ses mains.
Page couverture d'un magazine sur laquelle est inscrit "The Kodak Camera" et sur laquelle deux mains tiennent un petit appareil photo de forme rectangulaire.
1888Photographe: The Eastman Dry Plate and Film Co.

Cette image est celle de la page couverture d’un des premiers catalogues produits par la Eastman Dry Plate and Film Company de New York. Paru en 1888, il met de l’avant une invention de George Eastman qui allait changer à jamais le monde de la photographie par sa simplicité : le Brownie. Dans les premières lignes de la première page du catalogue, on peut lire : « Quiconque peut remonter une montre peut utiliser un appareil Kodak ».

The Digitized Kodak Catalog Project
Page couverture d'un magazine sur laquelle est inscrit "The Kodak Camera" et sur laquelle deux mains tiennent un petit appareil photo de forme rectangulaire.
Vue de la façade du studio de Stanislas Belle devant lequel pose un couple assis dans une calèche tirée par un cheval blanc
1894-1990 [entre 1894 et 1914]Photographe: Photographe : Stanislas Belle

À l’âge de 15 ans, Stanislas Belle émigre aux États-Unis avec ses parents. Après un bref retour à Montréal, Belle, attiré par le métier de photographe, part à New York se former. Il exerce par la suite à Saint-Jean-sur-Richelieu, sa ville natale, à la fin des années 1880, puis s’installe à Rivière-du-Loup en 1894, attiré probablement par l’effervescence touristique de l’endroit. Cette photo montre la devanture de son commerce. Belle est un portraitiste de grand talent, reconnu à l’échelle nord-américaine. Il produit aussi des cartes postales et documente les nombreux changements que connaît Rivière-du-Loup au tournant du 20e siècle. À l’âge de 50 ans, Belle délaisse la photographie pour se consacrer à la vente d’instruments de musique.

25 cm X 20 cmFonds Belle-Lavoie, MSBL, bl0239
Vue de la façade du studio de Stanislas Belle devant lequel pose un couple assis dans une calèche tirée par un cheval blanc
Coucher de soleil sur le fleuve Saint-Laurent.
16 juin 1926Photographe: Photographe : Frédéric Gadmer

Cette photographie par procédé autochrome a été prise dans le cadre d’une mission de documentation commanditée par le banquier et philanthrope français Albert Kahn. Kahn (1860-1940), soucieux de préserver des images fidèles du monde des humains avant qu’il ne « disparaisse », engage des photographes pour constituer les « Archives de la Planète ». Ces derniers sillonnent ainsi la Terre, équipés d’appareils photo et de caméras vidéo. Frédéric Gadmer est l’un de ceux qui s’arrêtent au Canada, en 1926. Il photographie, entre autres, certains lieux emblématiques de l’Ouest canadien. Il s’arrête également dans ce qu’on appelle alors la « Belle province » pour prendre des vues des villes de Montréal et de Québec, entre autres. Son périple l’amène aussi à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent à bord du Melita. Il y trouve alors l’occasion d’immortaliser l’un des fameux couchers de soleil qu’offre à voir le Saint-Laurent.

AutochromeMusée départemental Albert-Kahn, A49461
Coucher de soleil sur le fleuve Saint-Laurent.
Un groupe de treize élèves montrant chacune un tableau réalisé en classe de peinture.
1897Photographe: Photographe : soeur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre)

On aurait facilement pu imaginer Marie-Alice Dumont parmi ces élèves du noviciat des Sœurs de la Charité de Québec, si ce n’est qu’elle fréquenta l’établissement une quinzaine d’années après la prise de ce portrait. Toutefois, comme les élèves photographiés ici, Dumont suivit des cours de peinture et de dessin avec les sœurs alors que soeur Marie-de-l’Eucharistie (Elmina Lefebvre) était responsable des ateliers de peinture et de photographie.

Négatif sur verreFonds Les Soeurs de la Charité de Québec, BAnQ-Québec, P910,S1,D3,P46
Un groupe de treize élèves montrant chacune un tableau réalisé en classe de peinture.
Portrait en studio d'une famille assise à table comprenant trois jeunes enfants et dont le père est en habits de militaire.
1916Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

À l’été 1914, la Première Guerre mondiale éclate. Par un jeu complexe d’alliances entre les grandes nations européennes, le Canada, alors toujours attaché à la Grande-Bretagne, entre lui aussi en guerre. Avant la conscription de 1917, plusieurs milliers de Canadiens s’engagent d’eux-mêmes dans l’armée. Philippe-Auguste Piuze est l’un de ceux-là. Né en 1888 à Fraserville, aujourd’hui Rivière-du-Loup, Piuze occupe durant la guerre (1914-1918) les fonctions d’officier recruteur au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Il lève également un bataillon avec lequel il se rend combattre outre-mer, en 1916. Cette même année, le nouveau lieutenant-colonel se rend chez Ulric Lavoie avec sa femme Anita Chassé et leurs enfants pour une séance photo. Piuze a-t-il apporté ce portait avec lui au front? Voulait-il plutôt laisser un beau souvenir de lui à sa famille, au cas où l’impensable devait se produire? Heureusement, Piuze revint indemne de la guerre et mena une longue vie. Lui, Anita et leurs enfants revinrent même se faire photographier chez Lavoie! À sa mort, en septembre 1967, Piuze fut décrit comme « un militaire canadien-français de grand style, entièrement dévoué à ses devoirs militaires, familiaux et religieux ».

25 cm X 20 cmFonds Ulric Lavoie, MBSL, l01532A
Portrait en studio d'une famille assise à table comprenant trois jeunes enfants et dont le père est en habits de militaire.
Portrait en buste de Stanislas Belle âgée d'environ 30 ans dans un décor dépouillé en studio.
Entre 1894 et 1914Photographe: Photographe : Stanislas Belle

En plus d’avoir été photographe, Stanislas Belle fut conseiller municipal, marguillier et membre fondateur de la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup. Une rue lui est consacrée dans la ville depuis 2008.

Fonds Stanislas Belle, MBSL, b20125
Portrait en buste de Stanislas Belle âgée d'environ 30 ans dans un décor dépouillé en studio.
Vue portant au loin d'une rue de Rivière-du-Loup bordée d'édifices commerciaux et dans laquelle des calèches sont tirées par des chevaux.
1899Photographe: Photographe : Stanislas Belle

Stanislas Belle aimait photographier sa ville d’adoption. Ici, il nous offre une vue de la rue Lafontaine, l’une des artères principales de Rivière-du-Loup. Du même coup, cette photographie témoigne des tout débuts de l’électrification du Bas-Saint-Laurent. Mise en marche en 1888 à Fraserville, l’électrification des villages et des villes de la région n’est achevée qu’en 1945 lorsque le village de Rivière-Bleue, au Témiscouata, est enfin « branché » au reste du réseau. Le rythme de l’électrification est cependant plus lent pour les rangs et les fermes : un peu moins de la moitié sont raccordés au réseau en 1951, puis 85 % en 1956. Cependant, avec près de 99 % de fermes électrifiées en 1961, la campagne bas-laurentienne devance la moyenne d’ensemble du Québec rural (97,3 %). L’arrivée de l’électricité facilitera beaucoup le travail des photographes comme Stanislas Belle et Marie-Alice Dumont!

12 cm X 16 cmFonds Stanislas Belle, MBSL, b03433
Vue portant au loin d'une rue de Rivière-du-Loup bordée d'édifices commerciaux et dans laquelle des calèches sont tirées par des chevaux.
Portrait en buste d'Ulric Lavoie âgé d'environ 45 ans en studio.
Environ 1930Photographe: Photographe : probablement Ulric Lavoie

Ulric Lavoie, natif de Rivière-du-Loup, débute sa carrière de photographe dans sa ville d’origine lorsqu’il reprend, en 1914, le studio de Stanislas Belle. Lavoie offre ses conseils à Marie-Alice quand celle-ci décide de se lancer en affaires. Malheureusement pour Lavoie, une maladie oculaire l’oblige à envisager le moment fatidique où il deviendra aveugle… Cruel jeu du sort pour un photographe! Il engage donc, pour l’épauler et éventuellement lui succéder, un assistant nommé Antonio Pelletier, qui rachètera le Studio Lavoie en 1942.

Fonds Stanislas Belle, MBSL, b20462
Portrait en buste d'Ulric Lavoie âgé d'environ 45 ans en studio.
Groupe très nombreux de couventines affairées à l'entretien d'un grand jardin.
1915Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

Les photographes professionnels sont souvent appelés à sortir des murs de leurs studios. Parfois, ils le font par curiosité personnelle. À d’autres occasions, des clients réclament leurs services afin d’immortaliser le déroulement d’un événement particulier. Est-ce de son propre gré ou à la demande des religieuses du couvent du Bon-Pasteur de Rivière-du-Loup que Lavoie se rend à la rue du Rocher en cette belle journée de printemps de 1915? Quoi qu’il en soit, le photographe fixe l’image d’un groupe de jeunes filles en train de préparer le jardin du couvent. Chacune doit accomplir une corvée précise : certaines préparent le sol à l’aide d’une binette, d’autres sèment des graines ou repiquent les semis, tandis que quelques-unes sont à l’arrosage. Les sœurs font confiance à leurs couventines! En effet, une seule religieuse est visible, tout au bout, à droite. Les garçons, eux aussi, s’affairent à la tâche, mais séparément, à l’autre bout du jardin.

25 cm X 20 cmFonds Ulric Lavoie, MBSL, l00765b
Groupe très nombreux de couventines affairées à l'entretien d'un grand jardin.
Portrait en studio de trois hommes en uniforme de baseball sur lequel est inscrit "RDUL".
1922Photographe: Photographe : Ulric Lavoie

Le début du 20e siècle, au Québec, est marqué par l’influence de la culture américaine dans divers domaines. Dans le milieu sportif, cette influence est perceptible dans la popularité que connaît alors le baseball! En 1922, année où ces trois fiers baseballeurs de Rivière-du-Loup se font tirer le portrait chez Lavoie, les Québécois sont de plus en plus nombreux à s’adonner à ce sport. Plusieurs ligues amateurs existent dans la province, et des Canadiens français jouent même pour de grandes équipes professionnelles américaines. Saviez-vous que le baseball est pratiqué au Québec depuis les années 1860?

12 cm X 16 cmFonds Ulric Lavoie, MBSL, l07118
Portrait en studio de trois hommes en uniforme de baseball sur lequel est inscrit "RDUL".
Couvent de Saint-Alexandre-de-Kamouraska vu de face avec les élèves debout sur la galerie.
Vers 1900Photographe: Photographe : inconnu

Le couvent de Saint-Alexandre-de-Kamouraska est fondé en 1881 par les Sœurs de la Charité. Cette photographie représente une vue éloignée de la façade du bâtiment, situé non loin de l’église du village. Voyez-vous la quinzaine de jeunes filles alignées sur la galerie? Il n’est pas impossible que Marie-Alice ait été du nombre. Du milieu du 19e siècle au milieu du 20e siècle, c’est dans des écoles comme celles-ci que des milliers de jeunes filles reçoivent une éducation post-primaire. À Saint-Alexandre, un milieu rural, les couventines y acquièrent les compétences nécessaires à la bonne tenue d’une maison (cuisine, couture et autres travaux manuels). On les prépare à devenir de bonnes épouses et de bonnes mères, ce qui peut sembler ironique étant donné que Marie-Alice Dumont ne se maria jamais. Les couventines du Québec peuvent également suivre des leçons avancées en géographie, en histoire et en calcul (entre autres), sans parler de la peinture, du dessin, de la musique et du chant qui y sont souvent pratiqués. Marie-Alice sort donc du couvent bien préparée pour obtenir un brevet d’enseignement.

Négatif sur verreFonds Les Sœurs de la Charité de Québec, BAnQ-Québec, P910,S3,D6,P17
Couvent de Saint-Alexandre-de-Kamouraska vu de face avec les élèves debout sur la galerie.
Portrait d'Ulric Lavoie âgé d'environ 30 ans en train d'effectuer la retouche d'une photo pinceau à la main.
Environ 1910Photographe: Photographe : Stanislas Belle

Ulric Lavoie est un habile retoucheur de photos. En grattant le négatif, il peut effacer certains détails d’un portrait. En le dessinant ou en le peinturant, il peut en modifier l’aspect afin de le rendre plus attrayant. On le voit ici en plein travail, installé tel un peintre devant son tableau, alors qu’il est probablement l’apprenti de Belle.

12 cm X 16 cmFonds Stanislas Belle, MBSL, b20036
Portrait d'Ulric Lavoie âgé d'environ 30 ans en train d'effectuer la retouche d'une photo pinceau à la main.
Portrait d'Aline Cloutier âgée d'environ 15 ans avec en arrière-plan un lac et des collines.
1894-1990 [probablement entre 1910 et 1920]Photographe: Photographe : inconnu

L’aînée d’une famille de huit enfants, Aline Cloutier s’occupe, avec sa mère, de l’hôtel de Notre-Dame-du-Lac (Témiscouata), que son père tient avec succès jusqu’à son décès, en 1913. Cloutier passe donc ses étés à travailler pour ses parents! Elle en profite pour photographier les événements du quotidien. Son fonds d’archives contient aussi des photos d’autres lieux de villégiature, comme la Gaspésie avec son fameux rocher Percé. Les activités en plein air occupent une place importante dans les photos qu’elle nous a laissées.

15 cm X 9 cmFonds Aline Cloutier, MBSL, c115
Portrait d'Aline Cloutier âgée d'environ 15 ans avec en arrière-plan un lac et des collines.
Groupe de femmes élégamment vêtues rassemblées dans une bibliothèque et dont l'une, à l'avant-plan, est en chaise roulante.
1963-1902 [sic]Photographe: Photographe : René Marmen

Entre 1960 et 1966, les libéraux de Jean Lesage sont au pouvoir au Québec. Cette période est souvent associée à la Révolution tranquille. Sous la houlette de l’administration Lesage, d’importantes réformes politiques, économiques, sociales et culturelles sont alors apportées au sein de l’appareil étatique québécois. Il s’agit d’une époque généralement associée à une période d’émancipation des femmes. À titre d’exemples : Marie-Claire Kirkland-Casgrain est élue comme première députée à l’Assemblée législative en 1961, les femmes obtiennent un accès égal aux hommes à l’éducation supérieure avec la création du ministère de l’Éducation en 1963, et le projet de loi 16 de 1964 confère aux femmes mariées la pleine capacité juridique. Est-ce au nom de l’émancipation que toutes ces femmes offrent leur support au Parti libéral et se rassemblent à Rivière-du-Loup, en 1963?

12 cm X 10 cmFonds René Marmen, MBSL, ma17785
Groupe de femmes élégamment vêtues rassemblées dans une bibliothèque et dont l'une, à l'avant-plan, est en chaise roulante.
Portrait en studio d'un homme torse nu et en shorts simulant les poings fermés un combat de boxe.
1908Photographe: Photographe : Stanislas Belle

Il arrive que Stanislas Belle reçoive dans son studio… des sportifs! Par exemple, les clubs de hockey des environs de Rivière-du-Loup vont s’y faire photographier. Cela vous surprend-il? Après tout, le hockey est déjà un sport très populaire au début du 20e siècle. Mais ce portrait de George Lepage évoque la popularité grandissante d’un autre sport : la boxe. Pratiquée depuis les années 1820 au Québec, la boxe fut l’objet de réprobation pendant la majeure partie du 19e siècle : elle était considérée comme trop violente par les autorités civiles et bien peu morale par l’Église. Il faut dire que les boxeurs furent longtemps reconnus comme étant des voyous. Il arrivait même que la foule fasse dégénérer le combat en bagarre générale… Toutefois, quand George Lepage prend la pause devant la caméra de Belle, la boxe est depuis quelques décennies encadrée par des règlements plus stricts, ce qui rend plus acceptable le « noble art ». Malgré ses poings nus sur la photo, le boxeur devait donc porter des gants sur le ring. D’ailleurs, fin connaisseur des règles de son sport, Lepage deviendra lui-même arbitre de boxe.

12 cm X 16 cmFonds Stanislas Belle, MBSL, b12251b
Portrait en studio d'un homme torse nu et en shorts simulant les poings fermés un combat de boxe.
Trois jeunes enfants installés dans des bassines sur la galerie d'une maison faite de grosses pierres rectangulaires.
1894-1990Photographe: Photographe : Aline Cloutier

Photographe du quotidien, Aline Cloutier nous laisse des clichés parfois surprenants et touchants, comme celui-ci, de trois jeunes enfants prenant leur bain dans des bassines à peine assez volumineuses pour les contenir et installées sur la galerie d’une maison. Ce portrait est particulièrement dynamique : le mouvement se lit dans les gestes parfois flous des petits baigneurs et dans leurs regards pointant tous dans des directions différentes.

15 cm X 9 cmFonds Aline Cloutier, MBSL, c705
Trois jeunes enfants installés dans des bassines sur la galerie d'une maison faite de grosses pierres rectangulaires.
Portrait d'une religieuse souriant à la caméra sur la galerie d'un édifice en briques.
1894-1990Photographe: Photographe : Aline Cloutier

Les photographes amatrices sont-elles plus enclines à conserver dans leur collection des clichés moins réussis ou moins sérieux? Apprécient-elles tout spécialement ceux qui sont plus spontanés ou plus intimes, comme ceux que nous conservons aujourd’hui dans nos cellulaires? On peut penser que c’est le cas pour Aline Cloutier : après tout, la jeune femme photographie pour son plaisir, pour se créer des souvenirs, non pas pour répondre aux demandes de la clientèle, comme c’est le cas la plupart du temps pour Marie-Alice Dumont. Prenons l’exemple de ce portrait flou, croqué sur le vif. Cloutier réussit à tirer un sourire (on imagine aussi le rire) à sœur Sainte-Germaine, supérieure des Filles de Jésus, dont le couvent est situé à Notre-Dame-du-Lac. Peut-être la photographe entretenait-elle une bonne relation avec les religieuses de son village, ce qui a rendu possible ce moment de gaieté que transmettent plutôt rarement les archives relatives aux communautés religieuses.

15 cm X 9 cmFonds Aline Cloutier, MBSL, c234
Portrait d'une religieuse souriant à la caméra sur la galerie d'un édifice en briques.
Portrait en extérieur d'une femme en robe échancrée assise sur une chaise jambes croisées et fumant une cigarette.
1894-1990Photographe: Photographe : Aline Cloutier

Ne trouvez-vous pas que le rendu de cette photographie trahit le fait que la photographe est une amatrice? En effet, la lumière intense qui se faufile entre les cimes des arbres cause un flou qui dérange l’œil et la vue du baril sur lequel est placé l’appareil photo cache maladroitement, en partie, le sujet, tout en révélant les « moyens du bord » utilisés par la photographe pour prendre ce portrait. Pourrait-on penser que ces éléments de composition sont un choix délibéré? Quoi qu’il en soit, Aline Cloutier nous offre ici une fenêtre sur l’intimité d’une jeune femme vivant à l’époque émancipatrice du début des années 1940. Ses épaules laissées nues par le design de la robe, déjà, donnent un aperçu de l’évolution de la tenue des femmes. De plus, elle fume la cigarette, pratique devenue plus acceptable depuis la Seconde Guerre mondiale. Enfin, en regardant attentivement la photo, on remarque la présence de fils électriques en arrière-plan. Voilà un signe incontestable de la modernisation des campagnes au début du 20e siècle. En photographiant son entourage ainsi, Aline Cloutier se doutait-elle qu’elle documentait aussi une société en plein changement?

6 cm X 4 cmFonds Aline Cloutier, MBSL, c678
Portrait en extérieur d'une femme en robe échancrée assise sur une chaise jambes croisées et fumant une cigarette.
Sally Wood sur la plage vêtue d'une jupe foncée et d'une chemise blanche
Environ 1915Photographe: Photographe : Sally Wood

Sur cet autoportrait, Sally E. Wood, âgée de près de 60 ans, semble user d’un habile subterfuge pour se prendre elle-même en photo : le déclencheur à distance qu’elle tient probablement dans sa main droite (camouflée sous les algues) est placé hors de vue en étant probablement enfoui dans le sable. Selon l’historienne de l’art Luce Vallières, cet autoportrait tend à remettre en cause les normes de l’époque victorienne : pris à l’extérieur, il participe à critiquer le « confinement de la femme à l’espace domestique tel que voulu par les personnes au pouvoir dans la société occidentale à cette époque ». Que cela ait été ou non l’intention de la photographe, il demeure que Wood s’adonne ici, sur une plage de Long Island aux États-Unis, à une activité très populaire dans les milieux aisés du Québec depuis très longtemps : la baignade sur une plage de la côte est américaine!

Plaque sèche à la gélatine, 11,43 cm X 16,51 cmFonds Sally E. Wood, Musée Lac-Brome, BCHS202-S1-D8-P12
Sally Wood sur la plage vêtue d'une jupe foncée et d'une chemise blanche
Elmina Lefebvre et trois autres Soeurs entourées de grandes toiles au milieu de l'atelier de peinture des Soeurs de la Charité de Québec.
1912Photographe: Photographe : inconnu

Ce portrait montre l’intérieur de l’atelier de peinture du noviciat des Sœurs de la Charité de Québec. Au centre de la composition se trouve Elmina Lefebvre qui, flanquée de trois autres sœurs et munie d’un pinceau et d’une palette, fait mine de travailler son tableau intitulé La Maison de Lorette.

Négatif sur verreFonds Les Sœurs de la Charité de Québec, BAnQ-Québec, P910,S3,D3,P45
Elmina Lefebvre et trois autres Soeurs entourées de grandes toiles au milieu de l'atelier de peinture des Soeurs de la Charité de Québec.
Groupe de seize photographes dont Aline Lemay qui est la seule femme.
1954Photographe: Photographe : inconnu

S’il fallait une preuve visuelle qu’à l’époque de Marie-Alice Dumont, les femmes étaient moins nombreuses dans la profession de photographe que les hommes, ce portrait de groupe en constituerait peut-être une. En effet, parmi tous les propriétaires de studio du Saguenay réunis à Chicoutimi, en 1954, pour constituer « une association patronale au sein des photographes », Aline Lemay est la seule femme présente (vêtue en blanc, dans la première rangée).

19 cm X 24 cmSociété historique du Saguenay, P002, S07, SS1, P06642-1
Groupe de seize photographes dont Aline Lemay qui est la seule femme.
Un atelier de peinture avec plusieurs tableaux et comprenant un petit espace pour la réalisation de portraits photographiques.
1900Photographe: Photographe : soeur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre)

Le noviciat des Sœurs de la Charité de Québec comprenait un atelier de peinture qui abritait lui-même un petit studio de photographie. Certains portraits conservés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec laissent croire qu’il y avait aussi un autre studio de photographie, plus grand, ailleurs dans l’établissement. Quoi qu’il en soit, cette image de l’atelier de peinture et du petit espace réservé à la photographie tend à illustrer la proximité entre les deux arts si intimement liés à la carrière d’Elmina Lefebvre.

Négatif sur verreFonds Les Sœurs de la Charité de Québec, BAnQ-Québec, P910,S1,D3,P46
Un atelier de peinture avec plusieurs tableaux et comprenant un petit espace pour la réalisation de portraits photographiques.
Une famille nombreuse agenouillée à la table de cuisine pour la prière du soir.
1921Photographe: Photographe : soeur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre)

Pour Elmina Lefebvre, la photographie est souvent au service de la peinture. Elle photographie plusieurs fois, par exemple, des modèles vivants devant lui servir à produire des tableaux. Lefebvre demande à ses consœurs religieuses de représenter diverses scènes qu’elles accomplissent au quotidien : le service du repas aux pauvres, l’instruction ou la visite aux vieilles dames malades. Parfois, elle fait appel à des personnes de l’extérieur de la communauté pour représenter des scènes telles que le baptême d’un enfant, Kateri Tekakwitha en costume traditionnel kanienka’haka (mohawk) ou la vie d’une famille pauvre. La scène photographiée ici représente la prière du soir en famille, pratique alors courante dans les foyers canadiens-français. Le père de famille dit la prière devant les autres membres de la maisonnée : grands-parents, femme et enfants. Tous sont à genoux, les mains jointes et très attentifs… sauf la fillette, à gauche. On l’imagine un peu agitée, prête à tirer impatiemment sur un bout de la robe de sa mère. Lefebvre se servira de cette photographie pour peindre à quelques reprises des scènes de prière en famille qu’elle agrémentera d’autres détails : une horloge, un bébé dans un berceau, un poêle, un chat, etc. Dans les peintures, l’inattention de la fillette est rachetée puisque Lefebvre la présente tenant près de sa bouche le bout du long chapelet de sa mère. Cette petite fille, soudainement devenue bien sage, « en mange » de la prière!

Négatif sur verreFonds Les Sœurs de la Charité de Québec, BAnQ-Québec, P910,S1,D3,P126
Une famille nombreuse agenouillée à la table de cuisine pour la prière du soir.
Une jeune orpheline posée en studio lisant un livre.
1911Photographe: Photographe : soeur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre)

Cette fillette aux allures de chérubin lisant un livre est, en fait, une jeune orpheline recueillie comme tant d’autres par l’établissement des Sœurs de la Charité, à Québec.

Négatif sur verreFonds Les Sœurs de la Charité de Québec, BAnQ-Québec, P910,S1,D4,P29
Une jeune orpheline posée en studio lisant un livre.
Portrait en studio d'une fillette et de trois garçons dans un canot disposé en trompe-l'œil.
1900Photographe: Photographe : soeur Marie-de-l'Eucharistie (Elmina Lefebvre)

Ces quatre orphelins (une fillette et trois garçons) se prêtent ici à une mise en scène courante dans l’histoire de la photographie de studio au Québec, au 19e siècle. Installés dans un faux canot disposé en trompe-l’œil, ceux-ci font partie intégrante d’une scène d’extérieur reproduite à l’intérieur, en studio. Les archives des studios Notman et Livernois regorgent de portraits de ce type.

Négatif sur verreFonds Les Sœurs de la Charité de Québec, BAnQ-Québec, P910,S1,D4,P41
Portrait en studio d'une fillette et de trois garçons dans un canot disposé en trompe-l'œil.
Portrait d'une vieille dame vêtue à la mode victorienne attablée et lisant une lettre.
Vers 1900Photographe: Photographe : Sally Eliza Wood

La dame sur ce portrait est la mère de Sally Wood : Sally ou Sarah Eliza Foster, ou Mme Philip Wood. Comme Marie-Alice Dumont avec ses proches, Sally Wood aime photographier les femmes de son entourage. Mme Phil Wood est assise à une table, tenant dans ses mains et sur ses genoux des pièces de correspondance. Elle a le regard levé, comme si l’on venait tout juste de l’interrompre dans sa lecture. Son regard, qui n’est pas dirigé vers l’objectif, accentue l’impression de naturel de la scène, de spontanéité. Sally Wood représente ici sa mère dans une activité du quotidien, ce qui est fréquent dans ses photographies qui, selon l’historienne de l’art Luce Vallières, transmettent l’image de la femme comme un être actif et non passif. Remarquons, enfin, que Mme Phil Wood est photographiée en habits élégants et typiques des femmes de la bourgeoisie anglophone de l’époque victorienne. On est bien loin, par exemple, de la réalité de Marie Pelletier, qui, lorsque photographiée dans ses activités quotidiennes par sa fille Marie-Alice Dumont, porte de modestes vêtements lui permettant de réaliser du travail ménager et du travail sur la ferme.

Négatif à la gélatine argentique sur verre, 12,7 cm X 17,8 cmMusée McCord Stewart, MP-1994.32.9
Portrait d'une vieille dame vêtue à la mode victorienne attablée et lisant une lettre.
Portrait d'une femme élégante assise devant un livre ouvert sur une table et dont la tête repose sur la main de manière nonchalante.
1899Photographe: Photographe : Sally Eliza Wood

Pour la réalisation de ce portrait de Constance Clare Bancroft, Sally Wood fait le choix d’un fond uni et d’un éclairage concentré sur le sujet et sur son livre. Par ce procédé, Wood veut éviter de distraire le regard de l’observateur, qui doit se concentrer sur la jeune femme. Toutefois, les lignes diagonales souvent utilisées par Wood dans la composition de ses portraits comme celui-ci (voyez comme la jeune femme est penchée sur son livre) incitent notre regard à se promener dans l’image. Pour l’historienne de l’art Luce Vallières, Wood est parvenue, avec ce portrait, à un résultat « très féminin », « très incarné », « fort » et « très réussi ».

Négatif à la gélatine argentique sur verre, 17,8 cm X 12,7 cm Musée McCord Stewart, MP-1994.32.4
Portrait d'une femme élégante assise devant un livre ouvert sur une table et dont la tête repose sur la main de manière nonchalante.
Deux femmes attablées durant le déjeuner.
Vers 1900Photographe: Photographe : Sally Eliza Wood

La mère de Sally E. Wood se retrouve de nouveau dans cette photographie, mais cette fois, la photo est prise hors du studio. Mme Phil Wood, qui porte le bonnet blanc, est attablée avec une autre de ses filles : Elizabeth. La composition de la photo est très riche : remplie d’objets, de motifs et de formes diverses. On remarque sur la table, entre autres, des œufs, des muffins ou des scones, ainsi que du thé. Serait-ce l’heure du déjeuner? Une grande impression de spontanéité et de naturel ressort, encore une fois, de ce portrait croqué par Wood. Les deux femmes semblent à peine interrompre leurs gestes, l’instant de la pose. En revanche, la lumière intense qui frappe les sujets par la droite semble avoir donné du fil à retordre à la photographe. On comprend la difficulté de travailler avec un tel éclairage, alors que la droite de la table est surexposée, comme perdue dans l’éclat de lumière, tandis que la moitié gauche de la physionomie de Mme Phil Wood se perd dans une ombre opaque.

Négatif à la gélatine argentique sur verre, 12,7 cm X 17,8 cm Musée McCord Stewart, MP-1994.32.3
Deux femmes attablées durant le déjeuner.
Portrait double et en buste d'un homme religieux portant des lunettes rondes.
mars 1951Photographe: Photographe : Aline Lemay

Admirez cet impeccable portrait du père Goudinard par Aline Lemay. Impeccable, mais retouché! En effet, la beauté d’un portrait, pour Lemay, se trouve essentiellement dans la qualité de la retouche. En retouchant, Lemay cherche plus précisément à corriger sans dénaturer. Dotée d’un grand sens du détail, elle enlève ce qu’elle qualifie de superflu : les boutons d’acné, les mèches rebelles, les oreilles décollées, les rides du cou, les nez extravagants, etc. « Plus vrai que nature » aurait pu être sa devise!

Négatif, 12 cm X 8 cmFonds Joseph-Eudore Lemay, Société historique du Saguenay, P090, S1, P46512
Portrait double et en buste d'un homme religieux portant des lunettes rondes.
Portrait studio d'un homme élégamment vêtu dans un décor complètement dépouillé.
Avant 1950Photographe: Photographe : Aline Lemay

Grâce à la qualité de ses portraits et de ses retouches, Aline Lemay gagne de nombreuses distinctions. C’est le cas avec ce portrait de Georges-Henri Smith, maire de Chicoutimi (1938-1950), qui lui vaut le deuxième prix à la première exposition provinciale de photographie, tenue à Montréal en 1952 et organisée par l’Association des photographes professionnels de la province de Québec. Photographe reconnue pour son expertise et son talent, Aline Lemay est parfois elle-même juge de concours de photographie. À son décès, en 1996, un grand journal du Saguenay déplore alors la perte d’une « pionnière de la photographie » en région.

23,5 cm X 18,5 cmSociété historique du Saguenay, P002, S07, SS1, P05449-1
Portrait studio d'un homme élégamment vêtu dans un décor complètement dépouillé.
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