La société

La vie dans le Kamouraska

Quand Dumont photographie sa région et ses habitants

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Cinq enfants âgés d'environ 10 ans, souriants, assis dans l'herbe et devant un arbre.

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1925Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

L’un des passe-temps favoris des Dumont est de visiter leurs proches les fins de semaine. Marie-Alice Dumont capture ici l’un de ces moments précieux entre cousins et cousines.

9 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1553
Cinq enfants âgés d'environ 10 ans, souriants, assis dans l'herbe et devant un arbre.
Les photographies de Marie-Alice Dumont livrent un extraordinaire témoignage de la vie dans le Kamouraska du début du 20e siècle. Qu’elles soient prises à l’intérieur ou à l’extérieur du studio, on découvre à travers elles des scènes du quotidien des gens de la région.

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1923-1928Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le ski est pratiqué au Québec depuis la fin du 19e siècle. Au moment où cette photo est prise, dans les années 1920, le sport est en pleine expansion dans la province, et la région du Bas-Saint-Laurent n’y fait pas exception.

7 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d0092
Jeune femme posant devant une maison, en hiver, avec ses skis.

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1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Pique-niquer sur la grève est l’une des activités estivales les plus pratiquées dans le Kamouraska de l’époque de Dumont. On reconnaît Rosalie Bergeron, sœur adoptive de la photographe, couchée, au centre de la photo.

11 cm X 7 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1627a
11 jeunes garçons et filles et un homme adulte pique-niquant sur la grève.

Les photographies de Marie-Alice Dumont peuvent être considérées tant pour leur valeur artistique que pour leur intérêt documentaire. Au-delà de leur caractère esthétique, il est certain qu’elles nous permettent de « voir » une époque et une région. Ce chapitre, séparé en thèmes, nous plonge dans le Kamouraska de Marie-Alice Dumont : de la vie religieuse et villageoise aux loisirs, des familles aux jeunes en passant par les hommes et les femmes, sans oublier les paysages qui ont fait la renommée de la région.

II
Les familles

Les familles du Kamouraska du début du 20e siècle, très majoritairement canadiennes-françaises et souvent nombreuses, évoluent dans un cadre rural ou villageois. À l’occasion, elles revêtent leurs plus beaux atours pour se faire tirer le portrait chez Marie-Alice Dumont. Il s’agit alors d’une grande occasion. Lorsque la photographe se rend chez ses frères et sœurs, il lui arrive également d’apporter son appareil pour les photographier sur leur terre ou devant leur maison. Dans la production photographique de Marie-Alice Dumont, la famille joue un rôle central!

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1941Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le Québec rural continue de produire de « grosses » familles jusque dans les années 1950 : huit ou neuf enfants en moyenne pour les familles dites « complètes », c’est-à-dire dont les deux parents vivent jusqu’à 50 ans. Des exemples de familles nombreuses, Marie-Alice Dumont en trouve plusieurs autour d’elle, comme celle de sa sœur Émilia et de son mari Flavius Ouellet.

21 cm X 17 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7272
Portrait de studio d'une famille comprenant les deux parents et leurs 15 enfants.

III
Les femmes

Les femmes occupent une place de choix dans l’œuvre de notre photographe. En effet, les femmes – cœur battant de la vie familiale du Kamouraska du début du 20e siècle – sont bien souvent les vedettes de portraits de studio ayant pour thème la maternité ou la famille. Les femmes sont aussi les sujets principaux de clichés pris dans d’autres contextes, hors du studio et de la sphère domestique. Sur certaines images, on les voit tantôt travaillant, tantôt pratiquant un loisir. Dumont, photographe polyvalente, nous laisse ainsi de précieux instantanés du quotidien au féminin.

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1894-1990 [1926-1953]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

La photographe choisit de représenter Dolorès Garneau dans une pose rappelant ses fonctions professionnelles. Crayon à la main, livre ouvert devant elle et adoptant une posture qui évoque la réflexion, l’institutrice semble en train de préparer une leçon.

10 cm X 12 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8368
Portrait studio d'une jeune femme en uniforme, la tête appuyée sur une main, un crayon dans l'autre main et faisant mine d'écrire dans un livre ouvert posé sur une table devant elle.

IV
Les hommes

Comme pour les femmes, les hommes que photographie Marie-Alice Dumont sont, bien souvent, des membres de sa famille, des voisins, des amis, des proches. De ces portraits ressort, une fois de plus, la proximité de Marie-Alice avec ses sujets, avec sa communauté. À l’extérieur du studio, l’œil de la photographe se fait curieux, il semble vouloir tout capturer : des travailleurs de la voirie au médecin qui soigne les malades, en passant par son père Uldéric affairé aux tâches du quotidien. Dans le studio, ce sont des pères de famille, des amis, des amoureux, des neveux, des fils et des travailleurs qui défilent devant son objectif.

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1894-1990 [1920-1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Beaucoup d’hommes, à l’époque de Dumont, sont des artisans qui ont une fonction très importante dans la communauté. En 1952, à l’occasion de la réalisation de l’album souvenir du centenaire de Saint-Alexandre, la famille de Ludger Chouinard utilise cette photo pour rendre ses « hommages aux cordonniers ».

14 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8257
Un homme se tenant debout derrière le comptoir d'une cordonnerie.

V
Les jeunes

Un regard attentif à toutes les photos que Marie-Alice Dumont nous a laissées révèle l’intérêt que celle-ci et la société de son époque portent aux jeunes. Plusieurs portraits de jeunes filles et garçons sont pris en studio lors d’occasions solennelles comme la première communion, la confirmation ou la remise de diplôme. De manière plus informelle, les bébés et les enfants des familles du Kamouraska sont nombreux à passer devant l’objectif de la photographe. Souvent, les poupons sont photographiés seuls ou avec leur mère. Hors du studio, Marie-Alice photographie couramment les jeunes qui l’entourent, dont ses nombreux neveux et nièces. Parfois, elle nous donne un aperçu des loisirs et passe-temps de la jeunesse kamouraskoise : ici un pique-nique, là une bande s’amusant dans le village, parfois des moments du quotidien lorsqu’elle visite ses proches.

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1920-1961 [probablement années 1930]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Dans le Kamouraska, le fleuve Saint-Laurent fait partie du quotidien de beaucoup de jeunes. Aujourd’hui, comme au début du 20e siècle, on s’y baigne, on s’y amuse. Les garçons ici représentés sont probablement des neveux de Marie-Alice Dumont.

4 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7103
Trois jeunes garçons en baignade dans le fleuve Saint-Laurent et se taquinant.

VI
La vie au village et à la campagne

Marie-Alice Dumont ne manque pas d’occasions d’immortaliser la vie de son village et de la campagne environnante. Le temps des sucres, une parade en tracteur, la visite de proches voyageant en traîneau à chevaux, le passage de marchands itinérants : autant de scènes qui, parmi d’autres, marquent la vie des Kamouraskoises et Kamouraskois de la première moitié du 20e siècle.

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1894-1990 [1920-1961]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Où s’en va ainsi ce groupe de jeunes installés sur un tracteur et sur la remorque qu’il tire? L’occasion devait être spéciale, quoiqu’il ne soit pas rare, au village et à la campagne, de voir des gens de tous âges se déplacer ainsi.

12 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d8134m
Quatre jeunes garçons sur un tracteur tirant un wagon sur lequel sont assis une quinzaine de garçons et filles.

VII
La vie religieuse

À l’époque de Marie-Alice Dumont, la religion catholique demeure une force structurante de la société québécoise francophone. Combien de communiantes Dumont a-t-elle photographiées et de cérémonies religieuses a-t-elle immortalisées? Combien de religieux et de religieuses ont pris la pose dans son studio? De même, les signes et symboles religieux abondent sur ses photos. Il n’y a pas à en douter : Marie-Alice Dumont, elle-même profondément croyante, évolue dans un milieu fortement marqué par le catholicisme.

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1934-1935Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

À l’époque où Dumont prend cette photo, la grande majorité des familles catholiques respectent les sacrements religieux. Mlle Gisèle Soucy peut donc poser avec confiance, car la photographe est très habituée à réaliser de beaux portraits de confirmation.

11 cm X 15 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d2059
Jeune fille en studio agenouillée à un prie-Dieu vêtue d'une robe, de gants et d'un voile tous de couleur blanche et flanquée d'une fleur de lys, d'un diplôme et d'un livre sur un tabouret.

VIII
Le paysage de la campagne

Le Kamouraska est, avec Charlevoix, l’une des toutes premières destinations prisées par les touristes dans l’histoire du Québec. Dès le 19e siècle, on vient de loin pour admirer ses couchers de soleil, ses vues sur le fleuve Saint-Laurent, ses champs bucoliques et ses cabourons, ces petites collines isolées, typiques de la région. Ces paysages qui composent pourtant le quotidien de Marie-Alice Dumont occupent le plus souvent un rôle secondaire dans ses photos : ils habillent simplement la scène photographiée, font office d’arrière-plan majestueux. Il arrive toutefois que le paysage constitue le sujet même de ses photographies.

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1934-1939Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Uldéric Dumont se tient fièrement debout au milieu du verger qu’il entretient avec son aîné François et sa fille photographe. Est-il le sujet de la photo, ou bien Dumont a-t-elle voulu saisir la majesté du paysage qui l’entoure?

11 cm X 6 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1436a
Uldéric Dumont debout au milieu de son verger.

IX
Loisirs et villégiature dans le Kamouraska

Le Kamouraska est le berceau de la villégiature au Québec. À l’époque où vit Marie-Alice Dumont, le tourisme s’intensifie dans la région, notamment grâce à la démocratisation de l’automobile et à l’essor de l’« automobilisme » qui en résulte. Est-ce pour impressionner les touristes que de jeunes garçons du village attellent et costument drôlement leurs chiens? Quoi qu’il en soit, les gens du Kamouraska profitent eux aussi des attraits de leur région. Pique-nique au bord du fleuve, baignade, sport en plein air : ce ne sont que quelques exemples d’activités de loisir et de villégiature kamouraskoise immortalisées par Marie-Alice Dumont.

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1894-1990 [probablement années 1920]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Quelques attelages canins ont été photographiés par Dumont. On s’en servait en été comme en hiver, par exemple pour transporter des enfants. Dans les années 1920, la population locale amusait aussi parfois les touristes ainsi. Ces derniers, souvent des citadins américains, repartaient alors convaincus que les Canadiens français avaient conservé un mode de vie traditionnel et rustique. On peut se demander à quoi ont servi les attelages représentés sur cette photo.

 

14 cm X 9 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d7157
Deux garçons pilotant chacun une charrette à laquelle un chien costumé est attelé.

X
Les événements

L’œuvre de Marie-Alice Dumont fascine aussi par les événements marquants qu’elle documente. Quel effet a dû produire l’arrivée à Saint-Alexandre, en 1928, d’un avion… tiré par des chevaux! De même, de grands rassemblements et de grandes festivités, tels le Congrès Lacordaire de 1946, le centenaire du village, en 1952, ou les fameuses foires agricoles, n’échappent pas à l’œil averti de la photographe. Les légendaires tempêtes hivernales du Québec sont également mises à l’honneur, Dumont se plaisant à préserver le souvenir des immenses bancs de neige cachant presque entièrement le devant de sa maison.

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1928 [4 juin 1928]Photographe: Photographe : Marie-Alice Dumont

Le transport de cet avion, en 1928, a dû causer tout un émoi à Saint-Alexandre. On peut voir quelques-uns des curieux qui assistent au spectacle au bord de la route. Le contraste est frappant entre la « modernité » que représente l’avion, d’une part, et les chevaux, mode de transport millénaire, d’autre part.

 

13 cm X 8 cmFonds Marie-Alice Dumont, MBSL, d1629
Un avion tiré par des chevaux transporté dans la rue d'un village.